Agence France Presse – Les 27 ont annoncé lundi leur intention de "mettre en oeuvre dans leur intégralité et sans délai" les sanctions adoptées à l’Onu contre les programmes nucléaire et balistique iraniens, décision nécessaire à l’instauration de ces mesures au niveau européen.
La résolution 1737 –adoptée en décembre après de laborieuses négociations par l’Onu pour sanctionner le refus de l’Iran de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium– doit être "strictement appliquée", a déclaré lundi à son arrivée à Bruxelles le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, dont le pays préside l’UE.
Le chef de la diplomatie britannique, Margaret Beckett, a souligné qu’il fallait "appliquer intégralement la résolution de l’Onu, afin de maintenir la pression sur l’Iran pour qu’elle accepte l’offre de la communauté internationale de revenir à la table des négociations".
Lundi, un responsable du Parlement iranien a annoncé que l’Iran avait décidé d’interdire l’accès à ses installations nucléaires à 38 inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en représailles aux sanctions.
Ces sanctions prévoient une suspension de toutes les exportations de matériels et technologies liés aux activités nucléaires et balistiques, ainsi que le gel des avoirs et la restriction des voyages à l’étranger de personnes physiques et morales iraniennes impliquées dans ces programmes.
En pratique, la décision des 27 va permettre l’élaboration d’une liste européenne des responsables iraniens qui seront soumis à une interdiction de visa d’entrée dans l’UE et dont les avoirs seront gelés. Elle pourrait être un peu différente de celle de l’ONU, qui comporte 12 noms.
Les ministres européens des Affaires étrangères, qui rappellent que depuis une dizaine d’années l’UE a déjà "pour politique de ne pas vendre d’armes à l’Iran", ont en revanche décidé de ne pas formaliser cette interdiction de facto en décrétant un embargo.
Ils souhaitent ainsi "garder des munitions" au cas où un renforcement des sanctions contre Téhéran serait décidé à l’avenir, a expliqué une source européenne.
Les ministres soulignent d’ailleurs dans leur déclaration être "attachés à une approche progressive et proportionnée".
La mise en oeuvre attendue dans les semaines qui viennent de ces sanctions n’empêche pas que l’UE maintienne l’offre "globale" de coopération que son Haut représentant Javier Solana a présentée en juin dernier à l’Iran, en échange d’un gel de ses activités d’enrichissement d’uranium, souligne par ailleurs la déclaration des ministres.
Les 27 ont ainsi réaffirmé lundi leur "soutien aux propositions ambitieuses présentées" le 6 juin, et ont appelé l’Iran "à saisir cette occasion de parvenir à une solution négociée".
Jusqu’ici, les sanctions de l’Onu ne semblent pas avoir entamé la volonté de l’Iran d’aller de l’avant avec son programme nucléaire.
Malgré les démentis de Téhéran, de nombreux pays craignent que le programme nucléaire civil iranien, qui en est encore à un stade de recherche, ne soit détourné à terme à des fins militaires.
(AFP)

