Par Mohammad Amine
CNRI – Dans la crise iranienne, le nom dAhmadinejad, le président des mollahs, équivaut au désordre : répression interne, aventurisme et exportation de lintégrisme pour couvrir linstabilité politique du pouvoir. Dans léconomie iranienne aussi, ce nom signifie chaos avec des résultats calamiteux.
Durant les trente mois de sa présidence, les revenus de lIran, uniquement avec les rentrées pétrolières, se sont montés au moins à 15 milliards de dollars, ce qui revient à la moitié de lensemble des revenus des 16 années précédentes. On aurait pu sattendre à ce que tout largent, crée la relance de la production intérieure, réduise les maux comme le chômage (6 millions de personnes, soit un quart de la population active), et des améliorations dans lenseignement et la santé publique.
Mais la réalité est accablante :
– La croissance a chuté de 2%
– la masse monétaire a doublé en deux ans.
– Linflation est passée de 11 à 23 % (selon le centre de recherche du parlement des mollahs)
– Les prix des loyers ont augmenté de 50% et dans certains quartiers de la capitale, ils ont doublé.
– Les fermetures et faillites en chaîne dentreprises ont provoqué une nouvelle vague de chômage.
Pour contrôler la situation, les mollahs ont soudain décidé de réduire les taux dintérêts bancaire de 4%. Cette décision a renforcé linflation et la corruption dans les cercles du pouvoir.
Ensuite, des crédits à taux réduits ont été accordés aux demandeurs pour créer de petits commerces et donner du travail aux chômeurs. Ce plan a coûté très cher et a été un échec cuisant, parce que les petits commerces nont pas résisté à la concurrence des produits importés. En conséquence, les chômeurs se sont transformés en chômeurs endettés.
Puis Ahmadinejad a agité le drapeau de la privatisation : il a cédé une partie des actions des entreprises publiques aux fidèles du régime et aux anciens combattants. Ce plan devait augmenter les revenus dune partie de la population. Mais il a provoqué son mécontentement parce quil sagissait dactions dentreprises en faillite.
Les décisions des mollahs sont dévastatrices. A titre dexemple, laventure du sucre. Un beau jour, ils ont décidé de baisser les tarifs du sucre. Le but était apparemment de permettre une plus grande consommation. Mais en coulisse, des marchés ont été conclus avec des commerçants favorables au pouvoir. Ahmadinejad a baissé les tarifs à sa manière : ils sont passé de 130% à 4%. Immédiatement une vague de sucre a inondé lIran. Les raffineries de sucre nont pu vendre leur propre production, les employés ont été licenciés et personne na prêté attention à leurs protestations. Et pour couronner le tout, les consommateurs qui attendaient du sucre à bas prix, en ont été pour leur frais. Avec des entrepôts pleins à craquer, le prix du sucre a augmenté.
Une autre aventure, cest le jeu de larbitraire avec des organismes économiques. Ces derniers mois, Ahmadinejad a dabord dissous lorganisation de gestion et du plan du pays (la plus spécialisée et la plus expérimentée dans ce domaine). Puis il a donné lordre de dissoudre la cour des comptes. Ensuite il a éliminé le Conseil de la monnaie et du crédit (qui décide de la politique monétaire). Il leur a préféré ses conseillers pour les prises de décisions économiques. Léconomie du pays a sombré dans le chaos.
En revanche, Ahmadinejad a répondu à tous ceux qui lui ont écrit, quel que soit le contenu de la lettre, quil leur enverrait 40.000 tomans (40 euros). Certaines autorités gouvernementales se moquent en disant que si le président avait jeté le revenu du pays en hélicoptère à la population, les effets auraient été meilleurs pour léconomie iranienne.
On peut comprendre que les sanctions internationales créent des problèmes aux mollahs. Mais il est certain que ces problèmes ne peuvent expliquer pourquoi ils attaquent à la hache les racines de léconomie du pays.
Chaque mois ils prennent en toute urgence des décisions étranges, et le mois suivant, dautres mesures dans la même urgence pour réparer les dégâts des décisions précédentes.
En fait il règne une profonde instabilité et une situation durgence dans le régime des mollahs. De cette politique cataclysmique, les proches des mollahs ont rejoint le club des milliardaires et des millions dIraniens sont passés sous le seuil de pauvreté.

