jeudi, décembre 1, 2022
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Inquiétude quant à la sécurité de l’uranium au Congo — diplomates

Par Louis Charbonneau

Reuters – Il se peut que des pays soupçonnés de vouloir se doter d’armes nucléaires aient exploité un manque de sécurité dans la république démocratique du Congo et mis la main sur l’uranium de ce géant de l’Afrique central, affirment des sources diplomatiques et des services de renseignements.

De nombreux défis attendent le président nouvellement élu et des diplomates disent que l’un d’entre eux sera d’assurer la sécurité des mines de Shinkolobwe dans la province instable du Katanga.

"Depuis quelques temps, on soupçonne que l’Iran a cherché à exploiter le chaos au Congo pour y acheter de l’uranium par le biais d’intermédiaire. Il n’existe pas de preuve évidente, mais des indications qui soulèvent des soupçons", a dit à Reuters un diplomate européen, citant les services secrets de son pays. 

Plusieurs autres sources de renseignements occidentaux ont avancé ce point. 

Téhéran dit que son programme a uniquement pour but de produire de l’électricité et a démenti s’être procuré de l’uranium du Congo.

Le minerai d’uranium du Congo nécessiterait un traitement et un enrichissement à un très haut degré de pureté pour être utilisé militairement. L’Iran possède ses propres mines limitées mais a fait peu de progrès dans leur exploitation, disent des diplomates. 

L’AIEA ENVISAGE UNE MISSION AU CONGO

Un diplomate occidental a dit que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de l’ONU basée à Vienne avait l’intention d’envoyer une mission de routine au Congo l’an prochain pour observer la mine et évaluer la crédibilité des allégations comme quoi l’uranium aurait quitter le Congo pour des pays comme l’Iran.

"Supposons que l’Iran ait mené un programme parallèle (secret) d’enrichissement de l’uranium. Où aurait-il trouvé la source? Le Congo serait un choix évident », estime un diplomate occidental. 

"C’est pourquoi l’AIEA est intéressé », a-t-il ajouté.

Le Congo autorise l’AIEA à mener des inspections presque à l’improviste, ont dit plusieurs diplomates à Vienne.

"Le Congo est aussi dans le champs de vision du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui suit les événements et établit des rapports régulièrement", a dit l’un d’entre eux.

Mais des responsables allemands connaissant la situation sur le plan de la sécurité sur le terrain au Congo, où l’Allemagne a dirigé une mission militaire européenne de quatre mois pour assurer des élections pacifiques, ont confirmé que la situation reste chaotique.

Les conditions de sécurité à la mine reflètent la pauvre sécurité du site, disent des diplomates.   

Quand le Congo a obtenu son indépendance en 1960, la Belgique avait scellé la mine de Shinkolobwe avec du béton. A l’époque où la mine était fermée, le Congo fournissait 60 % de l’uranium mondial, selon le site Globalsecurity.org.

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