Par Louis Charbonneau
Reuters Il se peut que des pays soupçonnés de vouloir se doter darmes nucléaires aient exploité un manque de sécurité dans la république démocratique du Congo et mis la main sur luranium de ce géant de lAfrique central, affirment des sources diplomatiques et des services de renseignements.
De nombreux défis attendent le président nouvellement élu et des diplomates disent que lun dentre eux sera dassurer la sécurité des mines de Shinkolobwe dans la province instable du Katanga.
"Depuis quelques temps, on soupçonne que lIran a cherché à exploiter le chaos au Congo pour y acheter de luranium par le biais dintermédiaire. Il nexiste pas de preuve évidente, mais des indications qui soulèvent des soupçons", a dit à Reuters un diplomate européen, citant les services secrets de son pays.
Plusieurs autres sources de renseignements occidentaux ont avancé ce point.
Téhéran dit que son programme a uniquement pour but de produire de lélectricité et a démenti sêtre procuré de luranium du Congo.
Le minerai duranium du Congo nécessiterait un traitement et un enrichissement à un très haut degré de pureté pour être utilisé militairement. LIran possède ses propres mines limitées mais a fait peu de progrès dans leur exploitation, disent des diplomates.
LAIEA ENVISAGE UNE MISSION AU CONGO
Un diplomate occidental a dit que lAgence internationale de lénergie atomique (AIEA) de lONU basée à Vienne avait lintention denvoyer une mission de routine au Congo lan prochain pour observer la mine et évaluer la crédibilité des allégations comme quoi luranium aurait quitter le Congo pour des pays comme lIran.
"Supposons que lIran ait mené un programme parallèle (secret) denrichissement de luranium. Où aurait-il trouvé la source? Le Congo serait un choix évident », estime un diplomate occidental.
"Cest pourquoi lAIEA est intéressé », a-t-il ajouté.
Le Congo autorise lAIEA à mener des inspections presque à limproviste, ont dit plusieurs diplomates à Vienne.
"Le Congo est aussi dans le champs de vision du Conseil de Sécurité de lONU, qui suit les événements et établit des rapports régulièrement", a dit lun dentre eux.
Mais des responsables allemands connaissant la situation sur le plan de la sécurité sur le terrain au Congo, où lAllemagne a dirigé une mission militaire européenne de quatre mois pour assurer des élections pacifiques, ont confirmé que la situation reste chaotique.
Les conditions de sécurité à la mine reflètent la pauvre sécurité du site, disent des diplomates.
Quand le Congo a obtenu son indépendance en 1960, la Belgique avait scellé la mine de Shinkolobwe avec du béton. A lépoque où la mine était fermée, le Congo fournissait 60 % de luranium mondial, selon le site Globalsecurity.org.

