vendredi, décembre 2, 2022
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Imposer des sanction économiques à l’Irak jusqu’au règlement du dossier d’Achraf – John Bruton

CNRI –  » L’Union Européenne ne devrait pas favoriser une telle dérive de la communauté internationale ou de la Charte des Nations Unies. Et tout comme l’Occident était prêt à intervenir dans d’autres situations, sous peine qu’il ne soit accusé d’hypocrisie, il doit intervenir à présent en disant au gouvernement en Irak qu’il imposera des sanctions à moins que le délai ne soit étendu », a déclaré John Bruton à Bruxelles le 30 novembre.  (photo : John Bruton, le premier à partir de la droite)

L’ancien premier ministre irlandais (1994-97) s’exprimait dans une conférence transatlantique en défense d’Achraf et contre l’ultimatum du 31 décembre fixé par Bagdad pour fermer ce camp, en déplacer ses 3400 habitants, opposants iraniens, avant de les vouer à un massacre en Iran où il veut les déporter, où dans des coins perdus d’Irak. La conférence  réunissait Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, Alejo Vidal-Quadras, vice-président du Parlement européen, Howard Dean, président du parti démocrate américain (2005-2009), le général Hugh Shelton, chef de l’état-major des armées américaines (1997-2001), Rita Sussmuth, ancienne présidente du Bundestag, Gunter Verheugen, commissaire européen (1999-2010), Patrick Kennedy, Congressman américain (1995-2011), Dirk Claes, sénateur belge et président du Comité belge parlementaire pour un Iran démocratique, et l’eurodéputé français José Bové.

Voici l’intervention de John Bruton :

Depuis la dernière fois où j’ai pris la parole dans une rencontre organisée par la résistance, j’ai discuté avec le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, qui est tout à fait conscient de la menace imminente d’un massacre dans le camp d’Achraf, et qui est très activement engagé à faire les entretiens individuels avec tous les 3400 résidents dans le camp d’Achraf afin qu’ils puissent être établis comme réfugiés et être admis dans les pays en Europe et ailleurs comme réfugiés et épargnés par un massacre. Il est pleinement conscient qu’il y a une menace imminente d’un crime contre l’humanité qui est sur le point d’être commis.

Pour nous dans le monde occidental, il est très important d’être en accord avec nos principes. Ici en Europe, nous avons récemment vu une grande intervention militaire en Libye, et le but de cette intervention était d’empêcher un massacre à Benghazi. Eh bien, les massacres sont des massacres où qu’ils aient lieu ; les meurtres sont des meurtres où qu’ils aient lieu. Il n’y a pas de distinction à faire, à mon avis, entre ce à quoi on a assisté de la part du régime en Libye, pour lequel l’Occident est intervenu afin d’y mettre un terme, et ce à quoi nous assistons de la part du gouvernement actuel en Irak, pour lequel l’Occident semble jusqu’à maintenant incapable de faire quoi que ce soit afin d’y mettre un terme.
 
Je pense également qu’il est un peu gênant, mais non moins vrai, de souligner que la situation actuelle dans le camp d’Achraf n’existerait pas s’il n’y avait eu une décision prise par un certain nombre de dirigeants occidentaux récents d’envahir l’Irak dans un passé récent et de renverser le régime de Saddam Hussein. Si cette intervention militaire n’avait pas eu lieu, la menace actuelle à l’encontre d’Achraf n’aurait pas été le cas. Je pense que ceux qui ont soutenu cette invasion pouvaient probablement s’attribuer le mérite de quelques bonnes choses qui ont suivi après cela, dont une était des élections libres en Irak pour la première fois en de nombreuses, nombreuses années.

Mais s’ils ont le droit de s’attribuer publiquement le mérite pour les bonnes choses qui ont pu suivre l’invasion de l’Irak, dans laquelle beaucoup de personnes ont perdu la vie, ils ont une responsabilité spécifique en ce moment de de se montrer responsable et d’intervenir au sujet de quelque chose de très mauvais qui peut être sur le point de se produire, qui a également suivi cette intervention précise.

Par conséquent, j’en appelle à M. Tony Blair en personne pour intervenir au sujet de la menace à l’encontre des résidents du camp d’Achraf. J’en appelle à l’ancien président George W. Bush, qui a été accusé dans un passé récent de ces événements et j’en appelle à lui pour s’occuper de la question de la menace contre des personnes à Achraf. Le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, en tant que premier ministre portugais, a soutenu bien en évidence l’invasion de l’Irak et il avait raison, j’en suis sûr, de s’attribuer le mérite de quelques bonnes choses qui ont suivi l’invasion de l’Irak. Mais il a à présent une responsabilité personnelle, je pense, d’intervenir sur cette question. La commissaire actuelle des Relations étrangères de l’Union Européenne, Catherine Ashton, était la dirigeante du Parti Travailliste à la Chambre des Lords au moment de l’invasion de l’Irak et elle a soutenu cette politique. Je pense qu’elle a à présent une responsabilité de prendre des mesures pour ce qui est de la conséquence malheureuse de cette politique qui peut bien constituer un crime contre l’humanité, à l’échelle de ce qui s’est produit à Srebrenica dans l’ancienne Yougoslavie.

Je pense que l’issue que nous devons chercher à la rencontre de demain des ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne est une décision de recommander que des sanctions économiques soient imposées contre l’Irak, à moins que l’Irak accepte d’étendre le délai pour la fermeture du camp d’Achraf afin de permettre à l’organisme de la communauté internationale, le Haut commissariat aux Nations Unies pour les Réfugiés, d’intervenir et d’interroger individuellement chacun des résidents. L’absence actuelle du gouvernement irakien avec le HCR empêche l’organisme de faire son travail. Un travail qu’il veut accomplir, et qu’il est prêt à faire.

L’Union Européenne ne devrait pas favoriser une telle dérive de la communauté internationale ou de la Charte des Nations Unies. Et tout comme l’Occident était prêt à intervenir dans d’autres situations, sous peine qu’il ne soit accusé d’hypocrisie, il doit intervenir à présent en disant au gouvernement en Irak qu’il imposera des sanctions à moins que le délai ne soit étendu.

 

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