CNRI – Les autorités irakiennes impliquées dans le massacre des membres de l’opposition iranienne au camp d’Achraf doit être traduites en justice, a estimé une avocate britannique de premier plan.
Sara Chandler, présidente de la commission des droits humains de la puissante l’association juridique du Royaume-Uni, a également demandé si la communauté internationale devait tolérer que les autorités irakiennes soient encore chargées de la protection des réfugiés du camp Liberty, près de l’aéroport de Bagdad.
Les forces irakiennes sous le commandement de Nouri al-Maliki ont massacré 52 membres de l’opposition iranienne, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) au camp d’Achraf le 1er septembre 2013. Elles y avaient également enlevé six femmes et un homme.
Mme Chandler a déclaré dans une conférence au siège des Nations Unies à Genève le 13 août : « Nous savons tous que nous approchons de l’anniversaire du massacre du 1er septembre des habitants d’Achraf, un attaque honteuse qui a démontré l’échec de la communauté internationale à protéger les habitants.
« Une année s’est écoulée et pas même une seule personne n’a été arrêtée ni jugée pour cette attaque sauvage au camp d’Achraf.
« Regardons la réalité. Le camp d’Achraf était fortement encerclé par les forces irakiennes. Il était donc absolument impossible à des assassins inconnus de passer tous les points de contrôle avant d’entrer dans le camp pour massacrer 52 personnes à l’insu du gouvernement irakien et ça ne dit pas non plus que ce que sont devenus les sept réfugiés enlevés.
« La communauté internationale a chargé le gouvernement irakien d’enquêter et de traduire en justice les auteurs de ce crime. Pensions-nous vraiment que M. Maliki allait enquêter sur ce crime ? Si nous le pensions, que disons-nous maintenant de ce qui s’est passé ?
« Les autorités irakiennes de l’époque sont celles qui doivent être traduites en justice pour ce crime, et certainement pas celles qui devraient mener l’enquête. »
La communauté internationale a échoué à plusieurs reprises d’empêcher les attaques sur Achraf et Liberty, et doit maintenant honorer ses engagements d’assurer leur protection, a-t-elle ajouté.
« J’appelle le Secrétaire général des Nations Unies, la Haut Commissaire pour les droits de l’homme et les rapporteurs spéciaux de l’ONU à suivre cette affaire et à insister pour traduire les responsables en justice.
« C’est nécessaire non seulement pour Achraf, mais aussi pour empêcher des crimes similaires par d’autres régimes corrompus ailleurs dans le monde.
« Nous avons un moyen de prévention, et c’est de s’assurer qu’une enquête approfondie soit menée sur le massacre du 1er septembre 2013 et que les auteurs soient traduits en justice. »
La conférence où Mme Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne était invitée d’honneur, était modérée par Anne-Marie Lizin, Présidente honoraire du Sénat de Belgique.
Parmi les autres orateurs figuraient le professeur Alfred Zayas, Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’ordre démocratique et équitable; Rémi Pagani, membre du conseil administratif de Genève; Geoffrey Robertson, éminent juriste britannique, premier président de la Cour spéciale de l’ONU sur les crimes de guerre en Sierra Leone et membre du Conseil de justice interne des Nations Unies; Mme Najat Al-Astal, députée palestinienne; des membres d’une délégation de la coalition syrienne, dont Mohamed Kadah, vice-président de la Coalition nationale syrienne et le Dr Haitham Maleh, président de la section juridique; Sabah al-Mukhtar, avocat irakien de premier plan et président de l’Union des avocats arabes au Royaume-Uni; Mme Julie Ward, eurodéputée britannique; Peter Matthews, député irlandais; Christiane Perregaux, co-présidente de l’Assemblée constituante du Conseil de Genève; le Dr Tahar Boumedra, ancien directeur des droits de l’homme de la MANUI en Irak; et Ashraf Al-Shabrawi, ancien député égyptien.

