dimanche, décembre 4, 2022
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Il faut donner toute sa légitimité à la Résistance iranienne – Dominique Lefebvre

CNRI – « Donc, il nous appartient, comme nous le faisons actuellement en Syrie, de donner toute force et toute légitimité à la résistance iranienne. C’est aussi cela qui permettra au peuple iranien de se mobiliser et de l’intérieur faire en sorte que ce régime enfin tombe, après tant d’années et tant d’années de lutte », a déclaré Dominique Lefebvre, député du Val d’Oise et maire de Cergy, à l’Assemblée nationale le 5 décembre.

 

Le vice-président du Comité parlementaire pour un Iran démocratique s’exprimait dans une réunion organisée par le CPID au palais Bourbon, à laquelle participait Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, de nombreux députés et personnalités politiques et internationales.

Voici les moments forts de l’intervention de Dominique Lefebvre :

Je suis vraiment très heureux et ému également d’être ici parmi vous et avec mes collègues, qui sont là parmi nous dans cette salle Colbert, au cœur même de l’Assemblée Nationale. Ce n’est pas la première fois, Madame la Présidente, que vous rencontrez des parlementaires français, vous l’avez déjà fait à quatre reprises, dont deux dans cette enceinte. C’est la première fois que dans cette salle, effectivement, au nom du président du groupe socialiste républicain et citoyen, qui aujourd’hui tient encore ses réunions ce matin dans cette salle, puisque c’est toujours la salle du parti de la majorité parlementaire.

Je tiens à vous renouveler les mots de bienvenue. C’est d’abord un moment important pour moi parce que je vois dans cette salle de nombreux visages connus, ceux que tout au long de ces années, depuis plus de dix ans, nous avons souvent rencontrés dans le Val d’Oise, à Auvers-sur-Oise, juste à côté de Cergy, qui sont celles et ceux qui pendant des années ont combattu à vos côtés, d’abord pour faire prévaloir le droit et ensuite pour affirmer la légitimité de la résistance iranienne.

C’est un combat qui a été difficile, parce que finalement la première arme du pouvoir iranien, c’est celle de faire pression sur les pays occidentaux en cherchant en permanence à discréditer toute forme de résistance organisée et notamment de résistance extérieure. Et ces combats, nous avons dû les mener ici en France, nous les avons menés avec des collègues, de nombreux parlementaires de nombreux pays européens, et nous avons eu ensemble des victoires, au Royaume-Uni puis auprès de l’Union Européenne, et puis enfin aux États-Unis. Nous étions d’ailleurs le 17 novembre assez nombreux, avec de nombreux parlementaires et hommes et femmes politiques des États-Unis que Patrick Kennedy représente aujourd’hui, pour conduire ce combat-là.

Et ce double combat-là, d’abord celui du respect du droit, et c’est vrai que c’est le fondement de la démocratie de pouvoir s’appuyer sur le droit, et le droit à parler, effectivement. Ce qui avait été injustement fait, c’est-à-dire l’inscription de votre organisation sur la liste des organisations terroristes internationales est progressivement tombée. Nous, nous avons mené ce combat. Il a été difficile.

 Je vois en face de moi les amis d’Auvers. En particulier lorsque sous le précédent gouvernement, de manière extrêmement complaisante, des poursuites judiciaires avaient été engagées devant vous, qui ont duré elles aussi presque dix ans avant un non-lieu en 2011.

Si votre présence aujourd’hui est importante, et pour nous, vous accueillir est important, c’est que au-delà de ce combat-là qui a été gagné sur le plan du droit, il reste aujourd’hui encore à le gagner sur le plan politique dans une période tout à fait décisive. Vous avez rappelé la situation de l’Iran, vous avez rappelé la situation de cette partie du monde avec l’ensemble des soubresauts qui s’y passent.

Je crois qu’aujourd’hui les autorités françaises sont extrêmement préoccupées. Elles l’expriment. Laurent Fabius l’a exprimé. D’abord sur la situation en Syrie, ensuite sur la situation en Iran, et ces négociations à n’en plus finir dont on ne voit pas l’aboutissement en ce qui concerne la question nucléaire. Également sur les autres aspects du Proche Orient, et la France a l’honneur d’avoir l’autre jour à l’Assemblée Générale des Nations Unies voté en faveur de l’admission de la Palestine comme État associé à l’ONU et c’est une étape importante. Je crois que nous devons bien avoir conscience que l’ensemble de ces sujets sont liés. Et en particulier l’engagement aujourd’hui qui est celui de la France auprès de la résistance syrienne doit trouver son prolongement vis-à-vis de la résistance iranienne.

On voit bien que dans l’attitude du régime des mollahs, il y a toujours une constante : faire pression sur les États occidentaux pour toujours discréditer la résistance. Cette résistance iranienne, elle est organisée autour de vous, elle doit probablement aussi s’élargir avec toutes les forces qui aujourd’hui en Iran se mobilisent dans le pays. Mais il est du devoir de nos démocraties de prendre position très clairement, parce que face à de tels régimes, la complaisance est toujours un aveu de faiblesse qui ne permet pas d’avancer. Donc, c’est là-dessus que je voudrais conclure cette intervention.

Pour nous, il est effectivement urgent aujourd’hui que le gouvernement français, dans ses prises de position, soit beaucoup plus ferme, plus clair. La question syrienne, la question iranienne, qui sont parfaitement liées, c’est d’ailleurs ce qui explique l’engagement du pouvoir iranien auprès de la dictature de Bachar el-Assad, parce que si l’un tombe l’autre tombera. C’est bien contre cet ensemble qu’il faut aujourd’hui se battre.

C’est pour ça qu’avec le Comité Parlementaire pour un Iran Démocratique, nous allons continuer notre action et avec vous tous faire effectivement pression pour que ces prises de position se prennent et que, effectivement, avec la mobilisation, absolument nécessaire du peuple iranien, nous puissions avancer. C’est d’autant plus une exigence qu’il faut sortir de cette fausse alternative entre la bombe iranienne et le bombardement de l’Iran, dans un cas on en voit tous les risques et toutes les conséquences dramatiques, dans l’autre cas on voit toute l’aventure.

Donc, il nous appartient, comme nous le faisons actuellement en Syrie, de donner toute force et toute légitimité à la résistance iranienne. C’est aussi cela qui permettra au peuple iranien de se mobiliser et de l’intérieur faire en sorte que ce régime enfin tombe, après tant d’années et tant d’années de lutte.

Il se trouve qu’un de mes amis était secrétaire de l’ambassade de France en 1993, donc j’ai été dans votre pays à un moment où la dictature était présente et déjà extrêmement forte. Et quand on va en Iran, on a une image à raison de ce qui est ce régime, en particulier on s’inquiète un peu. J’ai trouvé un pays remarquable, par la beauté de ses paysages. J’ai surtout rencontré des Iraniennes et des Iraniens, un peuple extrêmement pacifique, extrêmement ouvert. Un pays d’une grande tradition, de culture extrêmement forte. Et effectivement un peuple qui ne mérite absolument pas qu’on l’abandonne à ce régime dictatorial. Alors, je crois qu’il est effectivement temps d’agir.

Les engagements qui sont les vôtres, les points de votre charte sont aussi extrêmement importants. On voit bien que le printemps arabe et les révolutions arabes se font avec des soubresauts et des tensions. D’autant plus nécessaire de soutenir celles et ceux qui aujourd’hui se battent pour la démocratie, pour la laïcité, pour le droit des femmes, ce qui est notamment aujourd’hui quelque chose d’essentiel pour vous. Et c’est donc pour cela que nous sommes et que nous resterons à vos côtés.

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