vendredi, février 3, 2023
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Huit autres exécutions en suspens en Iran

Active ImageNewsweek, 20 juillet – Sakineh Mohammadi Ashtiani est  emprisonnée à la prison de Tabriz dans le nord-ouest de l'Iran depuis 2005. Après avoir reçu 99 coups de fouet, elle a été condamnée à mort par lapidation en public pour adultère. Jusqu'au mois dernier, ces faits n’étaient connus que d’une poignée de personnes qui travaillaient en silence dans le système juridique iranien pour obtenir sa libération. Maintenant, avec l'histoire de Mme Ashtiani qui remplit les pages des journaux et les sites Web à travers le monde, son nom et les détails effroyables de l'affaire, sont devenus familiers.

 

Les juges se sont appuyés sur la «sagesse» plutôt que sur des preuves pour déterminer sa culpabilité, en utilisant une faille dans le système juridique iranien. Mais même selon les normes juridiques de l’Iran, l'affaire est lourde. Ashtiani n'a pas eu d'avocat avant la fin de la procédure d’appel, tout en étant analphabète et incapable de parler le persan, la langue employée à l'audience, selon le Comité international contre l'exécution (CICE). Elle s’est rétractée d’une confession faite, dit-elle, sous la contrainte. Néanmoins, tribunal après tribunal ont signé son arrêt de mort, jusqu'à ce que tous les recours juridiques aient été épuisés.

Son avocat, Mohammad Mostafa’i, souvent défenseur de condamnés à mort en Iran, et ses enfants, Sajjad, 22 ans, et Fasrideh, 17 ans, ont finalement décidé de rendre publique son histoire via le blog de l'avocat, encourant de grands risques personnels. Alors que l’aura de personnage public dans les média de Mostafa’i peut suffire à rendre son arrestation improbable, dit Ahmad Fatemi du CICE, les enfants Ashtiani ne bénéficient pas d’une telle protection. Sajjad a récemment été convoqué au bureau des services de renseignement de la prison de Tabriz, une mesure, dit Fatemi, destinée à envoyer un message clair. « C'est la partie de la prison où l’on torture », a-t-il déclaré à Newsweek. «Quand ils le font, c'est pour faire pression sur une personne. » Sajjad, lui on dit des sources en Iran, a eu la sagesse d’ignorer l'appel.

Le chef du judiciaire iranien, l'ayatollah Sadeq Larijani, a le pouvoir de mettre fin aux exécutions et de faire des recommandations au guide suprême du pays, qui décide de gracier les prisonniers condamnés pour des crimes contre Dieu ou l'État. Pour les crimes contre les personnes, comme le meurtre, c’est la famille de la victime qui a le dernier mot.

La semaine dernière, les responsables iraniens ont déclaré que l'affaire était à l'étude pour des «raisons humanitaires», mais leur raisonnement n’est pas clair sur le destin d’Ashtiani. Ils ont toujours nié que l'attention internationale ait un effet quelconque sur leur décision, mais ils ont pris soin aussi d'imposer un black-out médiatique sur l’affaire en Iran. Pourtant, même après le black-out, le CICE a vu deux journaux locaux publier des déclarations du chef judiciaire de Tabriz déclarant l’imminence de l’exécution d’Ashtiani. Cela contredit directement ce que le chef des droits de l'homme en Iran, Mohammad-Javad Larijani, a dit comme quoi il voulait réviser cette l'affaire. Là encore, à l'appui de ces déclarations, le CICE a obtenu un document montrant que la Cour suprême avait accepté une demande de réouverture de l'affaire. Les appels de Newsweek à la mission iranienne à New York pour une clarification n’ont jamais reçu de réponse.

Pourtant, alors qu'il n'existe aucune garantie qu’Ashtiani sera libérée, étant donné l'attention qu'elle est reçue du monde entier, elle a probablement une meilleure chance que les quelque 140 autres prisonniers anonymes du couloir de la mort uniquement à Tabriz, selon les chiffres du CICE. Un décompte exact du nombre total de condamnés à mort en Iran est impossible à trouver. Le gouvernement iranien ne publie pas de données d'exécution, et de nombreuses exécutions en Iran ne sont jamais annoncées, avocats et famille ne le découvrant souvent qu’après qu’elles aient eu lieu.

135 exécutions ont eu lieu jusqu'à présent cette année en Iran. Ce ne sont que les cas qui peuvent actuellement être confirmés, cependant, et les chiffres sont toujours à la hausse.

En regardant les chiffres monter, les experts disent que les Iraniens se méfient d'un retour aux jours sombres de 1988, lorsque l'État a exécuté plus de 3.000 Iraniens, en grande partie pour des délits politiques. Si la plupart des exécutions en Iran sont effectuées pour des assassinats et des délits de drogue, la peine peut également être appliquée pour des crimes sexuels et politiques comme l'adultère, la sodomie, la corruption, et au sens large du terme « l’hostilité contre Dieu ». Sont tout autant problématiques les procès eux-mêmes, qui, souvent, ne répondent pas aux normes de l'équité fixées par des traités comme le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont l'Iran est signataire. Les prisonniers seraient torturés, détenus au secret, interdit d’avocat, poussés à des aveux sous la contrainte dans des affaires importantes menant à la peine capitale; l’Iran exécute également plus de mineurs que tout autre pays au monde.

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