
Des prisonniers politiques de 56 prisons iraniennes ont entamé une grève de la faim coordonnée le mardi 5 mai 2026, marquant la 119e semaine consécutive de la campagne des mardis Non aux exécutions en Iran. Dans un communiqué récemment publié, la campagne a mis en garde contre une forte augmentation des exécutions, l’attribuant à ce qu’elle décrit comme la soumission croissante du pouvoir judiciaire à l’appareil sécuritaire iranien.
Accusations de manipulation des forces de sécurité face à la recrudescence des exécutions
Le communiqué affirme que l’escalade des exécutions est « le résultat de la soumission du pouvoir judiciaire aux institutions de sécurité », notamment le ministère du Renseignement (VAJA), l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution et le Conseil suprême de coordination du renseignement. Selon la campagne, ces organismes encouragent un recours plus systématique à la peine capitale pour réprimer la dissidence.
Les militants soulignent que les exécutions ne se limitent pas aux prisonniers politiques. Ils ont signalé une augmentation générale des exécutions au cours de la semaine écoulée, y compris de détenus inculpés de délits non politiques, ce qui reflète ce qu’ils décrivent comme une intensification systématique de la répression.
Exécutions récentes mises en avant
Le communiqué rappelle plusieurs exécutions récentes, dont celle de Sasan Azadvar, prisonnier politique et champion de karaté de 21 ans, à Ispahan. Il cite également trois personnes exécutées à Mashhad : Mehdi Rasouli, Mohammadreza Miri et Ebrahim Dowlatabadi, arrêtés lors du soulèvement de janvier 2026. Un autre manifestant, Mehrab Abdollahzadeh, arrêté lors des manifestations nationales de 2022, a été exécuté à Urmia.
La campagne a averti que de nombreux détenus des récentes manifestations restent sous la menace d’une exécution imminente.
Les exécutions répétées des membres des Moudjahidine du peuple d'Iran fidèles à leurs convictions et de jeunes insurgés, ainsi que les arrestations massives à travers le pays, témoignent de l’impuissance et de la peur de la dictature religieuse face au feu de la colère populaire,… pic.twitter.com/NbYxaddm58
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 5 mai 2026
Le communiqué accuse également le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni-Ejei, de menacer de nouvelles exécutions. Selon la campagne, ses récentes déclarations incluaient des avertissements adressés aux opposants à la peine capitale et aux jeunes manifestants, signe d’une intensification de la répression de la dissidence.
Représailles contre les militants en prison
Le communiqué fait état de mesures punitives prises contre des détenues à la prison d’Evin, à Téhéran. Plusieurs militants affiliés à la campagne se sont vu refuser les visites et les contacts téléphoniques après avoir scandé « Non aux exécutions » et « Mort au dictateur » dans la cour la semaine dernière.
La campagne affirme que l’escalade de la répression, des emprisonnements et des exécutions ne dissuadera pas le mécontentement populaire.
« Il est clair pour tous que les politiques de répression, d’emprisonnement et d’exécution ne peuvent empêcher le soulèvement populaire contre le système en place », indique le communiqué, ajoutant qu’un gouvernement ayant perdu sa légitimité ne peut résoudre sa crise par la violence.
Appel à l’action internationale
En conclusion, la campagne exhorte « toutes les consciences éveillées, les opposants à la peine de mort, les organisations de défense des droits humains et la communauté internationale » à prendre des mesures immédiates et efficaces pour sauver la vie des prisonniers – politiques et non politiques – à travers l’Iran.
La grève de la faim touche des dizaines d’établissements pénitentiaires, dont d’importantes prisons comme Evin, Qezel Hesar, la prison du Grand Téhéran, Adelabad (à Shiraz) et Urmia, soulignant l’ampleur de la protestation et la persistance de la résistance au sein du système carcéral iranien.

