dimanche, novembre 27, 2022
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Hommage de la résistance iranienne à Mouloud Aounit

CNRI – Une cérémonie s’est déroulée le 11 septembre à Auvers-sur-Oise au siège du CNRI en hommage à Mouloud Aounit. Outre la famille du défunt, Mme Radjavi, présidente de la Résistance iranienne, a reçu des personnalités comme Renée Le Mignot, co-présidente du MRAP, le préfet Yves Bonnet, Pierre Bercis, président des nouveaux droits de l’homme, Bouallem El-Khalouf, association « 93 au cœur de la République », Yves-Jean Gallas du Mouvement de la Paix et de nombreux proches et amis.

 

MOULOUD A ACCOURU A NOTRE SECOURS

Dans son intervention, Maryam Radjavi a rappelé le soutien constant de feu le président du MRAP à la Résistance iranienne : « Comment Mouloud est apparu sur notre chemin ? Quand on nous a attaqués au nom du droit, quand on nous a persécutés au nom de la justice, quand on nous a bombardés de calomnies pour des intérêts commerciaux et diplomatiques, alors Mouloud s’est dressé pour venir à notre secours. Il est venu au secours d’Achraf et des droits de l’homme en Iran en criant : Mais est-ce que celui qui résiste à l’oppression est un terroriste ? Après la rafle au CNRI à la suite d’un marchandage entre le gouvernement français et les mollahs, avec le MRAP, et d’autres organisations des droits de l’homme, Mouloud a dénoncé : C’est une violation des principes de la France en tant que terre d’asile. Mouloud avait estimé à l’époque que le 17 juin 2003 était un déshonneur pour la France. Devant les photos des martyrs et des victimes de la torture en Iran, il a confié : En voyant ces images, la conscience de chacun d’entre nous est mise à l’épreuve. Comment peut-on dormir tranquille quand on sait ce qui se passe tous les jours en Iran ? »

UNE PROFONDE RECONNAISSANCE
Annie Aounite, son épouse
, très touchée, a déclaré :  » Je sais que Mouloud était à vos côtés pour les combats qui sont les vôtres mais aussi ceux effectivement pour la démocratie, donc qui nous concernent tous. Mais là j’ai mesuré à quel point pendant toute la maladie, vous avez été vraiment très unis, très à nos côtés. Je disais tout à l’heure que vraiment j’ai une profonde reconnaissance pour  tout ce soutien que vous nous avez apporté. »

UN ESPRIT DE RESISTANCE
Jacques Salvator, le maire d’Aubervilliers
où résidait Mouloud Aounit : « Il laisse une trace absolument indélébile. et pour une ville comme la nôtre qui a connu d’autre grands Albertivillariens dans son histoire, et ils ont été nombreux, il s’ajoute à cette liste importante, qui est marquée pour l’essentielle par l’esprit de résistance. Mais là c’est une résistance particulière, qu’il a dû mener en milieu hostile contre une opinion qui ne lui favorisait pas l’expression et qui même dans certains moment lui contestait le droit de s’exprimer en ces termes. On voit bien à point tout cela a été vain et à quel point ses prises de positions ce sont complètement vérifiées. Il a eu le courage très souvent de les prendre en premier, au simple vu des principes et de leur application, de leur caractère universel. »

NOUS NE CEDERONS PAS, NOUS NE LACHERONS PAS
Renée Le Mignot, Co-présidente du MR
AP :  » C’est avec Mouloud que je suis venue ici pour la première fois. C’est Mouloud et Jean-Jacques Kirkacharian, un autre grand ami de la Résistance iranienne, qui m’ont appris qui vous étiez. Je suis arrivée au moment où le régime des mollahs avait fait pression pour que le MRAP perde son statut d’ONG au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies parce qu’il avait donné la parole à un » terroriste ». et au secrétariat la question s’est posée: qu’est-ce que nous faisons? Et je me souviens très bien de la réponse de Mouloud: « Ils sont terroristes comme l’étaient Guy Moquet ou Jean Moulin et par conséquent le devoir du MRAP  est d’être à leurs côtés, nous ne cèderons pas, nous ne lâcherons pas! » Et ce « nous ne cèderons pas, nous ne lâcherons pas », c’est des dizaines  et des dizaines de fois que je l’ai entendu dans la bouche de Mouloud, à chaque fois que vous étiez menacés, à chaque fois qu’Achraf était menacée.  Et puis il y a eu cette honte du 17 juin. Mouloud est venu vous apporter la solidarité du MRAP et il m’a dit : « Il faut absolument nous mobiliser, il faut que cette ignominie cesse. »  Je pense en ce moment en ce moment à un vers de Jean Ferrat, membre du MRAP et cet autre ami de la résistance, qui disait : « M’en voudrez-vous beaucoup si je vous un monde où on n’est pas toujours du côté du plus fort? » Eh bien ce monde-là, c’était le monde de Mouloud. Il était du côté du droit, du côté de la justice, même si ce n’était pas celui où on était le plus fort.  Combien de fois nous nous sommes dit : quand la liberté fleurira à Téhéran, eh bien nous irions là-bas ensemble fêter cette liberté. hélas cela n’arrivera pas. mais lorsque la liberté fleurira à Téhéran, Mouloud sera présent. « 

UN GRAND ESPRIT
Yves Bonnet, ancien préfet
:  » Mouloud Aounit était aussi un enfant de la terre algérienne, de la Kabylie,  de cette terre pour laquelle j’ai personnellement beaucoup d’affection, une terre qui a donné non seulement à l’Algérie, mais à la France, un certain nombre de grands esprits et de grands exemples. Dans les circonstances de ce 17 juin 2003 qui aurait pu rester comme une tache sur l’honneur de la France, il est de ceux, citoyens français, qui ont fait en sorte que cette tache s’atténue et que je l’espère en tout cas, elle s’efface complètement. La résistance [iranienne] n’est pas seulement une organisation mais également un état d’esprit et surtout un état d’esprit parce que la flamme, et c’est vous madame Radjavi qui l’entretenez  avec ce courage et cette volonté que personnellement j’admire toujours et qui m’étonne presque chaque jour  davantage. Je pense que cet esprit de la résistance ne s’éteindra pas, pas plus que le souvenir de notre ami Mouloud Aounit. »

UN DE CEUX QUI LUTTAIENT
Boualem Al Khalouf, de l’association 93 au cœur de la République
:  « L’Iran, on savait bien sûr ce qui s’y passait, quel régime il y avait, mais encore dans le détail on ne savait pas trop. Mouloud nous a emmenés sur ce « terrain » tout à fait honorable et louable, pour nous faire comprendre qu’en réalité il y avait des gens en France, entre autre les résistants iraniens, pour mener une lutte pour qu’enfin ce pays soit libre, démocratique et que les droits de l’homme soient  enfin reconnus. Je remercie Mouloud, parce que c’était quelque chose que nous ignorions. Tout comme il avait d’autres combats: la Palestine,  l’Apartheid – Mouloud était un de ceux qui luttaient. Mouloud nous insufflait du punch. Quand on était  avec Mouloud, on devenait son ami. Et si on continuait 15 jours de plus, on était son frère. »

LA FRATERNITE
Pierre Bercis, président des Nouveaux Droits de l’homme
: « Nous nous sommes rencontrés avec Mouloud dans toutes les luttes, mais surtout pour la résistance iranienne. Chaque organisation a son caractère, chacun a ses différences, quelles soient politiques, religieuses, ou autres, chacun a sa philosophie. Mais ce qui nous caractérisait, ce qui le caractérisait, ce qui caractérise la résistance iranienne et c’est pour ça que je suis à ses côtés , c’est la fraternité. C’est le mot qui caractérise notre combat commun. Ce que j’aimais chez Mouloud, c’était surtout sa gentillesse, son sourire, sa disponibilité. C’est tout ce qui caractérise la fraternité dans un monde qui, qu’il soit des droits de l’homme, politique ou autre, est souvent un monde de chiens, où on se combat, où on rivalise, où les ambitions sont souvent mal placées. Il n’y avait pas ça chez nous. il n’y a pas ça avec nos amis iraniens qui pour nous, nous donnent souvent des leçons, sans être des donneurs de leçons. Nous apprécions cette convivialité, cette culture, ce qu’ils nous apportent. « 

LE SENS DU COMBAT DE MOULOUD
Yves-Jean Gallas, du Mouvement de la Paix
: « Le MRAP et le mouvement de la Paix, ont été créé par les mêmes personnes, par les mêmes forces sociales, politiques, c’est-à-dire essentiellement la résistance française. Donc on retrouve les grands noms que nous connaissons, comme les Aubrac. Je sais que le CNRI était très lié à Lucie et à Raymond. Ils sont les signataires des premiers statuts du mouvement de la paix.  Les droits de l’homme sont la condition de la paix. La lutte contre le racisme, l’amitié entre les peuples, sont aussi importants. La paix ne peut pas se concevoir, sans le retour du respect des droits de l’homme, le retour de la démocratie sous toutes ses formes. L’ensemble de ces conditions est ce qu’on appelle la culture de la paix. Ce que nous voulons tous avec ardeur, c’est de se retrouver un jour à Téhéran et que nous puissions tous fêter le retour à la démocratie, la fin de l’ombre, que ce malheureux pays connaît depuis fort longtemps. Lorsqu’on y arrivera, ce sera pour l’ensemble de notre planète une avancée considérable, parce que chaque retour à la démocratie, dans une région, dans un pays, est un élément absolument fondamental pour la démocratie sur l’ensemble de notre planète. C’est le sens du combat de Mouloud, c’est le sens du combat qu’on va continuer à mener à vos côtés, de manière à effectivement arriver le plus rapidement possible.

EN PREMIERE LIGNE DE TOUS LES COMBATS NOBLES ET HUMAINS
Dr Saleh Radjavi, représentant du CNRI en France
: En réalité Mouloud se trouvait en première ligne de tous les combats nobles et humains. En ce qui nous concerne, nous les Iraniens, Mouloud pendant près de 30 ans, a soutenu la résistance iranienne, a soutenu les Achrafiens, et chaque fois qu’ après chaque chimiothérapie il rebondissait, il venait à nouveau soutenir les gens d’Achraf et les défendre.  Je voudrais lui dire: Cher Mouloud, le peuple et la résistance iranienne, et surtout le fleuron de cette résistance qui se trouve à l’heure actuelle à Achraf, ces résistants qui ont démontré pendant des années une résistance absolument extraordinaire contre toutes les exactions incroyables et les attaques du gouvernement irakien à la solde des mollahs; qui ont montré une résistance à toute épreuve et qui méritent de réussir la démocratie en Iran. Nous voudrions tous te dire: Cher Mouloud, nous ne t’oublierons jamais.  Nous continuerons ta voie et nous tâcherons par tous nos moyens de compléter ton œuvre et ton travail. Tu resteras toujours dans notre cœur. Merci Mouloud, mille mercis.

 

 

 

 

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