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Hassan Rohani et les Droits de l’homme en Iran : paroles et actions

Hassan Rohani et les Droits de l'homme en Iran : paroles et actions

Il y a près de trois ans, Hassan Rohani était élu président du régime iranien. C’est une période suffisamment longue pour porter un jugement sur son mandat, à la fois sur ses paroles mais aussi sur la conduite du régime en Iran. Ce rapport fait un bilan du gouvernement Rohani, dont la première partie concerne la situation des droits humains dans le pays.

La situation des violations en Iran a été terrible :

 • Il y a eu plus de 2.000 exécutions en Iran durant les deux dernières années ou Rohani a été en poste, soit plus que durant les 25 dernières années pour un président en exercice durant la même période. Les victimes comprennent des dissidents politiques comme Gholamreza Khosravi, un militant de l’opposition iranienne et sympathisant de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, pendu pour avoir seulement fournit une aide financière à une chaîne de télévision par satellite soutenant l’opposition

• Le 20 Avril 2014, Rohani a décrit ces exécutions comme « des commandements de Dieu» et comme les «lois du Parlement qui appartient au peuple. »

• L’Iran détient le record du plus grand nombre d’exécutions par habitant dans le monde et c’est le plus grand bourreau de mineurs délinquants. Le 14 Octobre 2015, Amnesty International a annoncé: « En exécutant deux mineurs délinquants en quelques jours, l’Iran se moque de la justice pour les mineurs « .

Le 19 Octobre, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a condamné l’exécution des deux mineurs et a exprimé sa préoccupation à propos de l’augmentation des exécutions en Iran. Son bureau de presse a réaffirmé sa préoccupation en stipulant dans un communiqué que ces exécutions « reflétaient une tendance inquiétante pour l’Iran ». Et de préciser que « plus de 700 exécutions auraient eu lieu cette année, dont au moins 40 publiques, marquant le total le plus élevé enregistré au cours de ces 12 dernières années ».

• Le 23 Juillet, Amnesty International a présenté un rapport choquant intitulé « Stupéfiante frénésie d’exécution en Iran ». Celui-ci annonce que près de 700 personnes ont été mis à mort par le régime en un peu plus de six mois. Ce qui équivaut à l’exécution de plus de trois personnes par jour. Pour Amnesty International, « cela brosse un tableau sinistre de l’appareil de l’Etat qui commet des meurtres à grande échelle (…) Les autorités iraniennes doivent avoir honte d’exécuter des centaines de personnes sans tenir compte de toute procédure légale à la base ».

• Le 13 Septembre 2015, le prisonnier politique iranien Shahrokh Zamani a été retrouvé mort dans sa cellule, avec la bouche pleine de sang et une tête meurtrie. Peintre et militant syndical de 51 ans, M. Zamani avait été arrêté en Juin 2011 et purgeait sa peine à la prison de Gohardacht (Rajai Shahr) à Karaj, au nord-ouest de Téhéran. Il défendait les droits des travailleurs iraniens. Les hommes de main du régime avaient à plusieurs reprises menacé de le tuer.

•Les exécutions de minorités ethniques et religieuses ont aussi augmenté de façon spectaculaire. Selon Amnesty International, le 26 Août, Behrouz Alkhani, un homme de 30 ans, originaire de la minorité kurde d’Iran, a été exécuté en dépit du fait qu’il était en attente de l’issue d’un appel devant la Cour suprême. Le 9 Août, un prisonnier politique kurde Sirvan Najavi a été pendu à la prison centrale de Tabriz. Les hommes de main du régime n’ont pas avisé son avocat au sujet de son exécution et même privé sa famille d’une dernière visite avec leur fils. Sirvan Najavi, résident à Sardane, avait été arrêté en Juillet 2011 dans la ville de Karaj et condamné à mort sous l’accusation de « mohareb » (en inimitié contre Dieu, une accusation fabriqué par les mollahs)

•Le 4 Août, Les autorités de la prison de Machhad, au nord-Iran, ont amputé la main droite et le pied gauche de Mehdi R., torture que les autres prisonniers ont été forcés à regarder. Les sévices ont été réalisée un jour après qu’un autre homme, identifié seulement comme K. Rahman, eu la main droite et son pied gauche sectionné par les autorités de cette même prison, rapporte le quotidien d’État Shahr Ara, daté du 5 Août. Les deux hommes étaient accusés par le régime d’avoir volé une banque et avait été déclarés « mohareb» ou «en guerre contre Dieu» par les autorités. Selon le quotidien d’état Khorasan, les deux hommes vont continuer à purger une peine de prison prolongée.

• Le 1er Août, le régime a condamné un homme de 27 ans, Hamed, à devenir aveugle. Selon le journal officiel géré par l’État iranien, Hamed avait dit à la cour du régime en Mars 2011, qu’il avait involontairement causé une blessure à l’œil d’un autre homme dans une bagarre de rue.

• Le 28 Juin, le régime a amputé les doigts de deux prisonniers à Machhad.

• L’Iran est la plus grande prison du Moyen-Orient pour les journalistes ; Des dizaines de journalistes y sont détenus.

• L’Iran est l’un des 10 pays dans lesquels on pratique la répression à l’égard des chrétiens. Il y a plusieurs cas de prêtres chrétiens qui sont emprisonnés uniquement pour leurs convictions. Saeed Abedini, un pasteur chrétien irano-américain est détenu en Iran depuis l’été 2012 pour avoir pratiqué sa foi.

• Le régime iranien a arrêté un groupe de chrétiens pratiquants le jour de Noël dans une église de la ville de Chiraz, dans le sud de l’Iran. Le groupe de chrétiens iraniens s’était réuni le 25 Décembre pour célébrer Noël, quand des agents du ministère du Renseignement (Vevak) ont attaqué l’église.

• Le 30 Décembre, il a été révélé que les autorités ont l’intention de transformer des églises illégalement confisqués en «centre de prière islamique». Le terrain appartenant à l’église catholique chaldéenne de la communauté assyrienne, situé rue Patrice Lumumba, à Téhéran ouest, a été illégalement confisqués il y a deux ans sous le prétexte de la construction d’une salle de prière islamique et les autorités ont refusé de le restituer.

• L’Iran est l’un des plus importants clients en ce qui concerne le matériel de filtrage et de censure pour Internet. Il bloque prés de cinq millions de sites Web dédié aux arts, aux questions sociales ou encore à l’information et filtre le contenu des blogs et médias sociaux.

• La misogynie est aussi au cœur du régime théocratique. En Octobre 2014, les bandes affiliées au régime ont commis des attaques à l’acide sur les femmes et les jeunes filles avec une totale impunité. Pas moins de 25 attaques à l’acide ont été répertoriées dans les villes d’Ispahan, Kermânchâh et Téhéran.

• En Octobre 2014, au mépris des appels internationaux, le régime iranien a exécuté Reyhaneh Jabbari, une femme de 26 ans dont le crime a été de, simplement se défendre contre un agent des Renseignements qui avait tenté de la violer. Une exécution qu’Amnesty International a qualifié de nouvelle « tache sanglante sur le dossier des droits de l’homme en Iran. »

•Mlle. Atena Farghadani, une artiste de 28 ans, a été jugé le 19 mai 2015 pour l’élaboration d’un dessin animé. Elle a été accusée en autre de «propagande contre le système » et d’«outrage aux membres du parlement par la peinture». Elle a été condamnée à 12 ans et neuf mois de prison. Il est difficile d’imaginer qu’une jeune femme soit mis en prison pendant 12 ans pour l’élaboration d’un dessin animé cependant telle est la réalité de la théocratie au pouvoir en Iran.

Composition du cabinet de Rohani :

A l’été 1988, 30.000 prisonniers politiques, principalement des membres et des militants de l’organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (PMOI ou MEK) ont été massacrés en l’espace de quelques mois. Fait révélateur, Mostafa Pourmohamadi, l’une des trois personnes qui siège à la «commission de la mort» à Téhéran et qui a envoyé ces prisonniers politiques à la potence, est le ministre de la Justice de Hassan Rohani.

Lors d’une interview à la télévision d’État le 24 août 2015, le mollah Mahmoud Alavi, ministre du Renseignement et de la Sécurité du cabinet de Rohani a déclaré que : « Les ministres qu’il (Rohani ) nomme étaient soit des gardiens de la révolution (IRGC), des membres du conseil central de Jahad Sazandegi (organe suppressif affilié à l’IRGC), ou d’autres institutions révolutionnaires appartenant au système judiciaire ou aux ministère du renseignement … cette combinaison a abouti à une composition qui colle parfaitement a ses idéaux …

Condamnation de l’ONU

Allocution d’ouverture par le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein lors de la 30e session du Conseil des droits de l’homme, le 14 Septembre, 2015:

« Je demande instamment à l’Iran de faire des progrès dans le domaine des droits humains. L’utilisation accélérée de la peine de mort, le droit à un procès équitable et le maintien en détention de journalistes, blogueurs et défenseurs des droits humains restent mes principales causes de préoccupation « .

En Décembre 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a pris acte des violations flagrantes des droits humains par le régime iranien. La résolution a critiqué l’utilisation par le régime iranien de châtiments inhumains, y compris la flagellation et l’amputation. La 61e résolution de l’ONU sur les violations des droits humains en Iran a également condamné la dictature des mollahs pour l’augmentation des exécutions, pendaisons publiques et exécution de mineurs.

« Lorsque le gouvernement iranien refuse même de reconnaître la pleine mesure des exécutions qui ont eu lieu, il montre un mépris total pour la dignité humaine et le droit international des droits de l’homme», dit Ahmed Shaheed, «rapporteur» spécial de l’ONU sur les droits de l’homme en Iran. Le rapport d’Ahmed Shaheed précise aussi que le régime de Téhéran exécute des personnes issues de groupes minoritaires ethniques et religieuses « pour avoir exercé leurs droits protégés, y compris la liberté d’expression et d’association. »

Ahmad Shaheed a noté qu’en vertu du soi-disant «modéré» Président Hassan Rohani « la situation générale a empiré. »

 

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