
CNRI – La mère de Reyhaneh Jabbari, Shole Pakravan, sur sa page Facebook, a publié un texte au sujet de son voyage au Kurdistan et de sa visite aux familles des prisonniers Sunnites qui ont été exécutés. Ce qui suit est le résumé du texte qu’elle a posté :
« Je déteste la peine de mort. L’exécution est répugnante quelle que soit l’accusation. Il y a des milliers de raisons pour une telle aversion. J’aimerais souligner l’une d’elles.
Ce fut une opportunité de voyager avec Shahnaz. Nous avons pris le bus en une heure et avons voyagé sur une terre qui pleure ses martyrs qui ont sacrifié leurs vies et sont partis sans un adieu. Les heures passaient. Shahnaz et moi avions le regard sur la route sombre et en spirale. Parfois, des choses à mentionner nous seraient venues à l’esprit.
Shahnaz a parlé au sujet de la tête de Mostafa qui était couverte de sang et je lui ai parlé des yeux et des lèvres closes de Reyhane. Nous avons pleuré aussi. Les yeux de Mahnaz sont devenus injectés de sang. Elle a parlé du crâne transpercé de Mustafa qui était trempé dans le sang. Je me suis senti engourdi ; comme Reyhaneh alors que je l’avais embrassé à côté d’une fosse profonde. Nous sommes arrivés au terminal vers 15 heures. Le frère, la sœur et la femme d’un homme qui a été exécuté nous attendaient.
En quelques heures, nous avons visité la mère de deux prisonniers qui ont été exécutés. Voici Sanandaj, la province du Kurdistan, la maison de Bahram et Shahram. Je me suis assis sur le sol en écoutant les histoires de ces membres de la famille. Ils m’ont donné des explications sur ce qui leur est arrivé pendant ces sept années. Je voudrais savoir comment ils ont passé le temps pendant le voyage de Sanandaj au Cimetière de Behesht-e Zahra (situé dans la région sud de Téhéran).

Quelles scènes ont-ils vues et quelles paroles ont-ils entendues ? Comment sont-ils revenus de Téhéran et comment ils se sentaient ? Comment ont-ils fait face à la situation lorsque les agents brutaux sont tombés sur eux tout en les empêchant d’organiser toute cérémonie funéraire ? Je pouvais entendre les cris déchirants d’une vieille femme qui serrait la photo de son enfant dans ses mains. Elle criait fortement le nom de Shahram.
Le père a apporté des cadres photos de ses deux jeunes enfants. Bahram était né en 1990. Il a été exécuté 4 ans plutôt alors qu’il ne pouvait même pas visiter ou embrasser sa famille et ses bien-aimés dans les cabines de visite crasseuses. Avant l’exécution, il a donné tous ses biens aux autres prisonniers et à son frère. C’était les cadeaux faits aux autres par une personne dénoncée. La famille de Bahram n’avait pas encore cessé ces lamentations quand Shahram a également été exécuté. Il est né en 1987.
Il a été exécuté sans faire des adieux à sa famille. Il allait être exécuté avec ses compagnons de prison pendant que ses lèvres étaient scellées et que ses pieds étaient menottés. Personne ne sait ce qui lui est arrivé. Pendant les funérailles, une empreinte noire était marquée sur son épaule. La matraque a laissé des contusions sur son corps. Pendant la cérémonie, ils ne pouvaient voir ni ses mains ni ses pieds. Les biens de Shahram ont été saisis et pillés.



