samedi, décembre 3, 2022
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Général Hugh Shelton: réveillez-vous au Département d’Etat, retirez l’OMPI de la liste noire

CNRI – D’anciens hauts responsables militaires, politiques et diplomatiques des trois dernières administrations américaines se sont exprimés le 16 juillet lors d’un symposium à Washington intitulé « Le Moyen-Orient, le Printemps iranien : Les obstacles, les opportunités et la politique américaine ». L’événement s’est déroulé pour le premier anniversaire de la décision de la Cour d’appel du District de Columbia le 16 juillet 2010 qui a statué que le Département d’Etat avait violé le droit à une procédure régulière de la principale opposition iranienne, les Moudjahidine du peuple (OMPI) en la plaçant sur la liste des organisations terroristes.

Le tribunal a renvoyé l’affaire au Département d’Etat et lui a ordonné de réévaluer la décision. Récemment, le Département d’Etat a dépassé le délai de 180 jours autorisé par la loi afin de justifier sa décision en fournissant des preuves suffisantes. Les intervenants à la conférence de samedi ont souligné l’impératif du retrait immédiat de l’OMPI de la liste et ont souligné la responsabilité des Etats-Unis de protéger les résidents du camp d’Achraf, en Irak.
 
Voici les temps forts du discours du Général Hugh Shelton, ancien chef d’état-major des armées (1997-2001):
                                              
Merci beaucoup, monsieur l’Ambassadeur, pour vos paroles très aimables. Et merci de m’avoir accueilli chaleureusement. C’est vraiment formidable d’être avec vous aujourd’hui ici, à Washington et de rejoindre un tel groupe d’éminents collègues.
 
Je souhaiterais également saluer les résidents du camp d’Achraf qui nous regardent peut-être ou verrons cette conférence un peu plus tard. Vous savez, des changements substantiels se sont produits dans le paysage politique et dans les défis auxquels font face les résidents d’Achraf depuis ma dernière intervention devant vous ou ce groupe en mai dernier, mais certaines choses n’ont pas changé.

La première, c’est la garantie apportée par les Etats-Unis de protéger les résidents du camp d’Achraf. C’est un engagement que nous avons fait, en tant que nation et que nous devons honorer, si nous voulons maintenir notre réputation de grande nation et d’une nation digne de confiance lorsqu’il s’agit d’honorer ses engagements.
 
Comme nous le savons tous, les résidents du camp d’Achraf sont des individus qui ont fourni de précieux renseignements aux États-Unis durant la guerre avec l’Irak et à ses moments les plus critiques. Ce sont des individus qui se sont exposés à de très grands risques, non seulement pour eux-mêmes, mais également pour leurs familles, en abandonnant volontairement leurs armes lorsque les Etats-Unis les ont invités à le faire, à cette époque, où nous leur avons garanti une protection.
 
Et en tant qu’organisation, nous devons nous rappeler qu’ils ont été les premiers à nous alerter concernant les programmes nucléaires proposés par les mollahs, et s’ils ne nous avaient pas aidés ainsi, le régime pourrait aujourd’hui être possession de ces armes.
 
La deuxième chose qui n’a pas changé, c’est que le régime actuel en Iran est toujours le plus grand exportateur de terrorisme au monde et la plus grande menace pour la paix et la stabilité dans cette région. Le régime iranien au pouvoir est un régime oppressif, comme nous le savons tous. C’est un régime qui combine la théocratie avec l’autocratie et l’idéologie expansionniste extrême et qui continue de défier la communauté internationale. C’est un régime qui est résolu à refuser à ses propres citoyens les libertés qu’ils désirent et qu’ils méritent.
 
Les Etats-Unis ont rencontré des éléments de ce régime dans chaque opération que nous avons mené au cours des 25 dernières années. Et ce n’est pas un régime qui est là pour aider un autre pays à lutter pour la liberté ; il est là pour imposer sa volonté à ce régime dès qu’il le peut et quand il le peut.
 
Nous avons récemment entendu le Secrétaire à la Défense, M. Panetta dire ou exprimer des inquiétudes concernant l’ingérence de l’Iran dans le gouvernement de Maliki en Irak. Je pense donc que nous avons à présent, avec l’Amiral Mike Mullen et le Secrétaire Leon Panetta, deux individus au Pentagone qui comprennent parfaitement la menace que représente l’Iran pour la région et pour les intérêts américains.
 
La troisième chose, c’est l’oppression des femmes par le régime actuel ainsi que l’inégalité entre les sexes et l’Iran n’a pas changé. C’est déplorable. Nous savons que les femmes veulent l’égalité, qu’elles veulent le respect et le droit de participer à toutes les manifestations sociales et économiques, et elles méritent de vivre leur vie de façon productive, une vie dans laquelle elles peuvent vivre dans la dignité, une vie, qui n’est malheureusement pas la leur, aujourd’hui en Iran.
 
L’actuelle manière théocratique avec laquelle le régime déclare les femmes comme intellectuellement et physiquement inférieures aux hommes est contraire aux droits des femmes, et contraire à leurs attentes, ainsi qu’à ce qu’il convient de faire pour ce régime et c’est quelque chose que le régime comprend, mais qu’il manque de faire.
 
Malheureusement, une autre chose qui n’a pas changé, c’est le fait que la résistance la plus importante et la mieux organisée face au régime iranien actuel, l’OMPI, figure toujours sur la liste des organisations terroristes étrangères, ici aux États-Unis.
 
Notre grand allié, le Royaume-Uni, les a ôtés de sa liste en 2008, suivi très rapidement en 2009 par l’UE. Aux États-Unis, nous avons l’ancien Ambassadeur Dell Dailey, un autre collègue qui – en tant qu’ambassadeur de la lutte contre le terrorisme auprès du Département d’État et en tant qu’individu qui a dirigé le commandement de nos opérations spéciales interarmées – en sait plus sur le terrorisme et les diverses organisations dans ce pays que quiconque aujourd’hui au sein du Département d’Etat et qui a déjà recommandé également que l’OMPI soient retirés de la liste FTO.
 
Notre congrès a adopté une résolution encourageant le Département d’Etat à les retirer et nous avons également observé dans ce processus que le Département d’Etat, bien qu’il lui ait été demandé de fournir tout renseignement classé ou déclassifié exposant les raisons pour lesquelles l’OMPI ont dû être placés sur la liste en premier lieu, n’est pas parvenu à les fournir.
 
La semaine dernière, comme nous le savons, ils ont également dépassé les 180 jours qu’il leur avait été donnés par le tribunal afin de fournir des éléments de preuves étayant les raisons pour lesquelles l’OMPI figure sur la liste.
 
Je le dis au Département d’Etat : ouvrez les yeux et retirez l’OMPI de la liste noire aujourd’hui.
 
Maintenant, qu’est-ce qui a changé depuis que nous avons vu cette attaque déplorable des troupes irakiennes sous le contrôle de Maliki, en avril? Eh bien, tout d’abord, le sort des résidents d’Achraf est devenu extrêmement précaire. Aux Etats-Unis, nous avons continué de ne pas reconnaître notre engagement à assurer la sécurité des résidents d’Achraf, nous cachant derrière la piètre excuse que c’est désormais un problème irakien.

L’idée de l’ambassadeur Jeffrey en Irak, selon laquelle les résidents d’Achraf doivent être transférés ailleurs en Irak, sans aucune assurance ni même aucune préoccupation apparente pour leur sécurité, sans leur expliquer en quoi c’est une bonne idée, et en se contentant dire que cela les éloigne de la frontière avec l’Iran, est affligeante. Ce qui m’amène à me poser des questions sur ce que boit cet homme.

Cette idée mène tout droit à la catastrophe. Elle mène tout droit à un massacre. Elle mène tout droit à un nettoyage ethnique, loin de la portée  de la communauté internationale. La dispersion des résidents d’Achraf mène tout droit à une catastrophe.

L’influence iranienne aujourd’hui sur le gouvernement de Maliki nous a montré que ce gouvernement est incapable de fournir la protection requise aux résidents d’Achraf.
 
Cela nous a montré que le gouvernement de Maliki éprouve du mépris pour les résidents d’Ashraf, car nous observons quotidiennement le traitement inhumain des résidents d’Achraf, qui inclut les haut-parleurs, la guerre psychologique que le gouvernement mène, de même qu’il ait continué à ne pas accorder le degré convenable de soins médicaux aux résidents d’Achraf.

Et puis, bien sûr, nous avons tous vu les troupes contrôlées par Maliki quand elles ont attaqué ou massacré et blessé les résidents non armés du camp d’Achraf.

Il nous faut soit envoyer un nouvel ambassadeur, doté d’un courage moral, qui comprenne les engagements antérieurs de l’Amérique, soit une meilleure supervision et de meilleurs conseils de la part de Washington pour cet ambassadeur.
 
Il est tout aussi épouvantable pour moi que nous n’ayons pas utilisé les outils de notre puissance nationale pour nous assurer que les résidents d’Achraf bénéficient des soins médicaux appropriés, c’est absolument sidérant.

Nous ne devrions pas oublier que l’OMPI est l’opposition la mieux organisée et la plus redoutable pour le régime iranien actuel. Ils ont défié l’Etat qui finance le plus le terrorisme au monde depuis 32 ans. Et pour moi, c’est l’OMPI qui donne espoir au peuple iranien, qui apporte un degré d’espoir  dépassant de loin tout ce que nous, ici, aux Etats-Unis, ou nos alliés pouvons offrir, à l’exception d’une intervention directe.

Lorsque vous regardez le programme en 10 points des droits de l’homme publié par la présidente élue Mme Radjavi, qui met l’accent sur les mêmes libertés religieuses et de genre qui sont soulignées et préconisées par le Département d’Etat américain, c’est pour moi une évidence.
 
A quel point l’ambassadeur Jeffrey ou tout autre personne peuvent être stupides pour demander à une organisation de ce type de se dissoudre comme il l’a fait très récemment, lorsque, partout dans le monde, nous soutenons des groupes, des groupes qui luttent contre des dictateurs au pouvoir, des dictateurs qui représentent une bien moindre menace pour les Etats-Unis que le régime iranien et, des dictateurs qui, en fait, ont été considérés, dans certains cas, comme des amis des Etats-Unis.

Pourquoi ne voudrions-nous pas mettre le poids et la puissance de ce pays derrière une organisation qui, nous le savons, défend les mêmes principes que ceux que nous défendons et qui est l’organisation la mieux organisée et la mieux dirigée afin de lutter contre l’actuel régime iranien? Ca n’a tout simplement pas de sens.

Alors que nous regardons vers l’avenir, vous dites, d’accord, ce sont les problèmes, mais que conseillez-vous? Eh bien, ma recommandation serait, tout d’abord et avant tout de retirer l’OMPI de la liste.
 
Deuxièmement, nous devons nous rappeler que les résidents d’Achraf font partie du groupe de citoyens que les Etats-Unis ont reconnu comme citoyens protégés en vertu de la Quatrième Convention de Genève, et auquel nous avons, nous-mêmes, fourni une protection durant six ans.

Troisièmement, nous devons faire pression sur les Irakiens afin qu’ils mettent fin à toutes les mesures de harcèlement et de répression à l’encontre des résidents d’Achraf aujourd’hui.

Quatrièmement, étant donné que les résidents d’Achraf ont accepté l’option de la relocalisation, nous devrions faire savoir aux Irakiens, en termes on ne peut plus clairs, et par là, j’entends, utiliser peut-être ce que je qualifierais de « diplomatie coercitive », que le déplacement forcé des résidents au sein de l’Irak est parfaitement inacceptable.

Nous devrions utiliser les outils de notre puissance nationale, en particulier nos outils diplomatiques et économiques, afin de nous assurer que les Irakiens sont à la hauteur des engagements que nous avons pris envers les résidents d’Achraf, si nous ne le faisons pas nous-mêmes.
 
Cinquièmement, nous devrions, aux États-Unis, assumer nos responsabilités et garantir une protection temporaire aux résidents d’Achraf jusqu’à ce qu’ils soient réinstallés dans des pays tiers.

Permettez-moi de résumer en déclarant que nous savons que l’Iran a un nationalisme bien plus fort et concentré que tout autre pays au sein du Moyen-Orient. Nous savons que beaucoup d’autres pays du Moyen-Orient voient l’Iran comme une menace et à juste titre.

Nous savons également que l’OMPI apporte les meilleures possibilités de changement et c’est pourquoi l’Iran considère l’OMPI comme une menace importante pour son régime.
 
J’appelle la Secrétaire Clinton et le Secrétaire Panetta de reconnaître l’engagement des Etats-Unis, la promesse que nous avons faite, le contrat que nous avons conclu avec les résidents d’Achraf pour assurer leur protection. Arrêtons de nous cacher derrière l’excuse boiteuse selon laquelle, c’est désormais un problème irakien, comme si c’était une raison nous permettant d’être de simple spectateurs, ce n’est pas du tout une raison.

Je le dis, encore une fois, utilisez les outils disponibles. Nous avons un outil économique très fort et nous avons certainement des outils diplomatiques que nous pouvons utiliser pour ajuster l’attitude de Maliki et ses actions envers les résidents d’Achraf.

Comme je l’ai dis précédemment, nous, les États-Unis, sommes une grande nation, mais nous ne le sommes pas aux yeux du reste du monde si nousne respectons pas notre parole et si nous ne tenons pas nos engagements et nos promesses.

C’est une honte pour l’Amérique, à mon avis. Si le président Maliki est si faible qu’il est incapable de contrôler ses forces armées ou s’il utilise essentiellement ses forces armées pour attaquer, harceler et dans le cas du mois d’avril, pour massacrer les résidents d’Achraf, alors cela indique clairement qu’il n’est rien d’autre qu’une marionnette pour l’actuel régime iranien.

Il est clair aujourd’hui, que le régime actuel en Iran doit changer et que l’OMPI, avec son programme des droits de l’homme et d’égalité, est crainte par le régime. Nous devons rejoindre le Royaume-Uni et nos alliés européens et retirer l’OMPI de la liste noire, afin de lui permettre de continuer à exercer une pression maximale sur le régime actuel.

Combiné avec la force et le courage de ceux qui vivent aujourd’hui en Iran et qui veulent la liberté, en particulier les femmes et les jeunes de ce pays, cela offre la meilleure chance d’observer, en Iran, un gouvernement sensible aux besoins de la population iranienne et la meilleure chance pour tous les citoyens iraniens de jouir des droits humains fondamentaux et des libertés dont jouit le reste du monde libre.
 

 

 

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