jeudi, décembre 8, 2022
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Maryam Radjavi a su donner à la Résistance un statut légal – Yves Bonnet

CNRI – « Depuis un certain nombre d’années, en particulier depuis ces jours funestes, sombres, de juin 2003, Maryam Radjavi a su redonner à la résistance iranienne le statut légal qui est le sien, qui est le statut d’un mouvement de résistance qui est tout le contraire du statut d’un mouvement de terrorisme. Laissons l’appellation de terroriste à ceux qui la méritent, à savoir la République islamique d’Iran », a martelé le préfet honoraire Yves Bonnet le 20 juillet à Paris.

L’ancien directeur de la DST et ancien député s’exprimait dans une conférence internationale réunissant politiciens et juristes de haut rang des Etats-Unis, de Belgique, de Suisse et de France, en présence de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne. Les interventions ont porté sur la situation du camp d’Achraf en Irak qui abrite 3400 opposants iraniens.

Sont intervenus à cette conférence présidée par Mme Anne-Marie Lizin, ancienne présidente du Sénat de Belgique : Maryam Radjavi, Howard Dean, président du parti démocrate américain (2004-2009), Louis Freeh, directeur du FBI (1993 – 2001), les députés français Jean-Philippe Maurer, Jean Dionis du Séjour, Abdolatifou Aly, le maire du 1er arrondissement de Paris Jean-François Legaret, le magistrat François Colcombet, membre fondateur du Comité français pour un Iran démocratique, des juristes éminents comme Me Juan Garcès, avocat espagnol de premier plan, Mme Vera Gowlland-Debbas, professeur de droit international à l’université de Genève, et Me François Serres, directeur exécutif du comité international des juristes en défense d’Achraf.

Voici les moments forts de l’intervention d’Yves Bonnet :

Dès le début d’une résistance qui est vieille de plus de trente ans, Massoud et Maryam Radjavi ont choisi de porter un double combat qui est à la fois un combat intérieur contre l’oppresseur, contre le tortionnaire, et un combat hors des frontières de l’Iran.

Ce serait une erreur que de vouloir distinguer ces deux combats, mais pour l’heure où nous en sommes évidemment à notre rôle qui est celui d’accompagner, d’assister, d’aimer aussi cette résistance et de féliciter Maryam Radjavi d’avoir soutenu la parole de la résistance sur le plan international. Je crois qu’il est bon de le rappeler aujourd’hui : elle a acquis un statut de chef, qui n’est peut-être pas reconnu en France, mais elle l’a véritablement acquis puisqu’elle a été reçue dans un certain nombre d’instances, dont le Sénat belge, par Anne-Marie Lizin. Je crois même qu’elle a été reçue au Vatican, qui n’est pas un état mineur contrairement à ce que l’on pourrait penser. Mais elle a aussi choisi de porter le combat sur le plan juridique et, sur le plan juridique, c’est-à-dire sur le plan du droit et de la défense des droits, elle n’a remporté que des succès.

Depuis un certain nombre d’années, en particulier depuis ces jours funestes, sombres, de juin 2003, elle a su redonner à la résistance iranienne le statut légal qui est le sien, qui est le statut d’un mouvement de résistance qui est tout le contraire du statut d’un mouvement de terrorisme. Laissons l’appellation de terroriste à ceux qui la méritent, à savoir la République islamique d’Iran.
J’ai entendu les excellents propos qui ont été tenus, en particulier par les juristes, qui ont été aussi tenus par les praticiens – et j’ai apprécié l’intervention de M. Louis Freeh [ancien directeur du FBI]. Je dois dire qu’aujourd’hui, je souhaite revenir sur un éventuel transfert du camp d’Achraf.

La première chose qu’il faut dire, c’est que je trouve personnellement, pour m’être rendu à Achraf à plusieurs reprises, qu’Achraf est très bien là où il est, suffisamment près de la République islamique d’Iran pour ennuyer notre cher voisin de l’autre côté de la frontière, mais que bien évidemment, si tout le monde est d’accord et si la résistance l’accepte – car cela me paraît être un préalable – on pourrait être effectivement envisagé ce déménagement. Mais à ce déménagement, je crois qu’il faut poser un certain nombre de préalables.

Le premier préalable, c’est de restituer le camp d’Achraf dans ses droits, dans la dignité de la personne et dans la dignité de la résistance iranienne. Il faut donc soutenir effectivement, même s’il n’est pas parfait, ce plan européen qui a été approuvé par le Parlement de Strasbourg et qui pose le préalable de la protection des populations sur place, avant tout déplacement, qu’il soit envisagé en Europe ou en Amérique.

Je crois qu’il faut être très clair sur ce plan : il ne peut être question de transférer des populations qui sont en état de souffrance, qui sont en état de maltraitance et qui ne jouissent pas, aujourd’hui, de l’intégralité de leurs droits. Ce ne sont pas sous-hommes que l’on entend transférer, mais des citoyens avec tous leurs droits, ce sont d’ailleurs des citoyens d’exception puisque ce sont des citoyens qui ont choisi de s’exprimer, physiquement, à travers le sacrifice de leur vie dans un mouvement de résistance.

À ce point, il faut ajouter des considérations d’urgence : il n’est pas normal qu’il y ait encore, à Achraf, un certain nombre de blessés qui, bien que l’hôpital d’Achraf soit exemplaire, ne peuvent être aujourd’hui assurés dans des conditions normales, non pas faute de praticiens, mais faute de moyens, faute de médicaments, faut de matériel dans la mesure où il aurait été détruit, ce qui ne m’étonnerait pas.

Il faut aussi s’opposer – et je crois qu’il faut le dire très clairement – à cette théorie fumeuse qui voudrait que cette proposition irréaliste – à savoir que le camp d’Achraf et les gens d’Achraf soient dispersés, ce qui est tout simplement inadmissible – soient transférés à un autre camp à l’intérieur d’l’Irak.

Alors là, il faudrait quand même m’expliquer, à moins de les coller au beau milieu du désert, ce qui ne serait d’ailleurs pas un très grand progrès, en quoi cette maigre mesure serait légitime. Elle est totalement fallacieuse. C’est même probablement un piège qui serait ainsi tendu aux gens d’Achraf que de vouloir les expédier dans un autre lieu, évidemment pour les disperser d’autant plus facilement.
On a beaucoup parlé de droits ; les droits des Achrafiens, les droits des Iraniens, les droits des Iraniens de la résistance extérieure doivent être préservés. Ils le sont, je l’ai rappelé tout à l’heure, parce que Maryam Radjavi a choisi d’engager ce combat sur le plan juridique.

Je voudrais, en terminant, dire deux choses.

Premièrement, je voudrais dire un mot de nos amis espagnols, qui souvent nous donnent la leçon sur le plan de la défense des droits. Leur démocratie est peut-être plus récente que la nôtre, mais je pense très honnêtement, toute fierté ou toute honte bue, qu’elle est plus vivante que la nôtre.

Mais il faudrait quand même que nous amis espagnols ne restent pas seuls, qu’ils ne soient pas l’exception européenne qui ose s’en prendre à la fois au régime de M. Maliki et, au-delà au gouvernement iranien. Il ne faut pas oublier, aujourd’hui, qu’il y a tout de même cinq dirigeants iraniens, et non des moindres, qui font l’objet d’un mandat d’amener international délivré par Interpol. On n’en parle jamais. Mais M. Rafsandjani, ce très grand libéral, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Que ne l’exécute-t-on ?

La deuxième chose que je voudrais dire, en terminant, c’est que quoi qu’il en soit du déplacement du camp d’Achraf, la vraie place des gens d’Achraf, la vraie place des résistants d’Iran, c’est en Iran et c’est bien là qu’ils doivent évidemment être amenés non plus à poursuivre le combat, mais à restaurer, pour notre bien à tous et pour la stabilité de tout le Proche Orient, une véritable démocratie.

 

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