vendredi, mars 6, 2026
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France-Iran : Fiasco judiciaire et marchandages

CNRI – Le Conseil national de la Résistance iranienne, par la voix de Mohammad Mohadessine, président de la commission des affaires étrangères, a révélé dans une conférence de presse à Paris ce 11 avril, de nouveaux aspects des marchandages passés avec le régime des mollahs dans le cadre des nouvelles accusations portées contre la Résistance iranienne en France et les pressions exercées à son encontre.

La décision de la section anti-terroriste du parquet de Paris d’inclure de nouvelles accusations de blanchiment d’argent et d’escroquerie contre les membres de la résistance iranienne, est le résultat d’un marchandage ignoble avec les mollahs au pouvoir en Iran et la poursuite de la politique de complaisance.

L’ouverture d’une enquête contre la résistance remonte à six ans. Elle a commencé sous le prétexte d’implication dans le terrorisme et de financement du terrorisme. Il n’existe pas même une feuille ni un paragraphe dans ce dossier pour prouver ces deux accusations et c’est pour cela qu’il s’agit d’un énorme scandale pour les autorités françaises concernées.

Le bon sens voudrait que la section anti-terroriste ferme ce dossier et reconnaisse officiellement son fiasco tout en levant les restrictions qui pèsent sur la résistance. Mais lieu de reconnaître cet énorme scandale, elle veut s’appuyer sur des accusations totalement mensongères pour maintenir le dossier à flot et accéder aux demandes du régime en exerçant des pressions sur la résistance iranienne. Au nom de cette résistance, je déclare que les nouvelles allégations de l’instruction anti-terroriste sont totalement mensongères et se transformeront très vite en un nouveau scandale pour le régime de Téhéran et ses alliés.

S’ils disent vrai, pourquoi ne renvoient-ils pas ce dossier devant un tribunal ? Ils savent bien que ce procès se transformerait en celui du régime des mollahs, de ses alliés et de ses collaborateurs. Les révélations que nous allons faire aujourd’hui sont les suivantes :

Ces derniers mois de nouvelles négociations secrètes ont eu lieu à Téhéran et à Paris au niveau politique et notamment entre le ministère des renseignements du régime et les services secrets français.

C’est le régime des mollahs qui a demandé ces pourparlers. Cette démarche du régime a commencé après la décision de la Cour d’Appel de Paris le 16 juin 2006 qui levait la plupart des restrictions imposées à la résistance iranienne. Suite au jugement de la Cour européenne de Justice annulant l’étiquette de terrorisme des Moudjahidine du peuple, le régime de Téhéran a accentué ses pressions.

Avant ces pourparlers récents, la question du dossier de la Résistance iranienne en France et le verdict du tribunal européen, ont été abordés ces derniers mois lors des réunions du Conseil suprême de sécurité nationale du régime présidé par Ahmadinejad en personne. C’est là qu’il a été décidé que Laridjani, Mottaki, Ejé’i le ministre des renseignements et la section internationale du système judiciaire seraient chargés de suivre ce dossier. Selon les source s de la Résistance, les propositions de marchandage faites par le régime sont les suivantes :

Les demandes à la France
– S’opposer à l’application de la Cour européenne de justice et maintenir l’OMPI sur la liste du terrorisme.
– Prolonger le dossier du 17 juin, empêcher sa fermeture et lancer de nouvelles accusations contre les membres de la résistance. Le ministère des renseignements a fourni quatre séries de dossiers truqués et de documents forgés de toutes pièces et les a remis aux autorités françaises afin de leur permettre de maintenir le dossier ouvert.

Les avantages offerts à la France :
– Augmenter le volume des échanges commerciaux particulièrement dans le domaine pétrolier.

D’autre part, Téhéran a menacé de réviser ses accords économiques si la France refermait le dossier des Moudjahidine. Selon un rapport du ministère des Affaires étrangères des mollahs lu fin janvier dans une réunion du Conseil suprême de sécurité national, le 18 janvier 2007 les autorités du régime ont rencontré leurs homologues français qui ont promis de maintenir l’OMPI sur la liste terroriste.

La conjoncture électorale

Selon les renseignements de la Résistance iranienne, le régime s’efforce d’utiliser la conjoncture électorale pour obtenir de nouvelles concessions du gouvernement français. Lors d’une autre réunion du Conseil suprême de sécurité national, il a été décidé de libérer trois mois avant le terme de sa condamnation, l’otage français Stéphane Lherbier. Deux jours avant sa remise en liberté le 25 février, une démarche inhabituelle conduisait Philippe Douste-blazy à rencontrer plusieurs représentants des médias officiels du régime et à leur accorder une interview exclusive, faisant des déclarations totalement opposées à l’arrêt de la justice européenne comme quoi l’OMPI restera sur la liste.

Visite à Téhéran de Xavier De Roux, président du groupe d’amitié parlementaire France Iran

Lors des rencontres de Xavier de Roux, président du groupe d’amitié parlementaire France Iran en novembre 2006 à Téhéran, l’OMPI a été le sujet principal évoqué aux ministères des affaires étrangères, de la justice et des renseignements, ainsi qu’au parlement des mollahs. Xavier de Roux a aussi suivi deux autres dossiers à Téhéran : la libération de Lherbier et les projets atomiques du régime.

Il a notamment déclaré à la presse à Téhéran que la France n’avait aucune opposition au programme nucléaire pacifique iranien et se tenait prête à toute collaboration. Il a déclaré la disposition de la France à développer ses relations avec l’Iran. Il a souligné que l’OMPI était un mouvement terroriste sous contrôle permanent et que la France n’avait aucune intention de changer de position dans ce domaine.

Un dossier de six ans

Les marchandages aux dépends de l’OMPI ne sont pas une nouveauté. Selon un document du ministère des affaires étrangères du régime iranien la question concernant l’OMPI a été abordé durant six ans dans tous les entretiens entre le régime et la France. Je voudrais attirer votre attention sur un document révélateur du ministère des renseignements des mollahs. C’est un bulletin interne du ministère des renseignements daté du 23 juin 2003, soit cinq jours après la rafle honteuse contre les bureaux du CNRI à Auvers-sur-Oise. Ce bulletin numéroté D3726 précise dans son information numéro 5 portant mention « publication restreinte» : « l’opération en question qui n’a pas de précédent, a été préparée et programmée pendant deux ans et demi par la DST. Les étapes juridiques ont avancé étape par étape et les détails ont été donnés dans les réunions bilatérales du service en question. Selon la programmation, seize des  principaux membres des Moudjahidine en France seront traduites en justice pour contribution à des actions terroristes. »

Il s’agit de collaboration avec l’appareil chargé du terrorisme et de l’espionnage du régime de Téhéran contre son opposition légitime pour obtenir des contrats pétroliers.

Les contrats avec Total font partie des marchandages contre la Résistance iranienne. Récemment le voile a été levé sur une partie des contrats scandaleux de Total en Iran. Malheureusement tout n’a pas été dit. Je vais en évoquer quelques aspects : L’accord Pars-Sud  pour lequel le patron de Total a été mis en examen pour corruption a été inauguré en février 2003. C’est-à-dire au moment précis où les autorités françaises et les dirigeants criminels de Téhéran négociaient sur la manière de réprimer la Résistance iranienne en France.

Cinq jours avant l’opération de police contre les bureaux du CNRI, le 12 juin 2003, le régime de Téhéran déclarait que Total et BP avaient été retenus pour un contrat pétrolier du Bangestan.

Quatre jours après la rafle du 17 juin,  Total a été choisi pour le projet de la phase 12 de Pars sud pour de la production de Gaz liquide. Pourtant BP présentait une offre plus avantageuse pour l’Iran. M. de Margerie a fait immédiatement le déplacement à Téhéran.  L’accord a été finalisé en février 2004.

Deux mois avant le 17 juin, Paris et Téhéran signaient le 12 mai 2003 un protocole d’accord économique lors de la visite du ministre du Commerce extérieur à Téhéran. L’article quatre de ce protocole donne la priorité absolue à la France dans toute activité économique et commerciale.

L’attaque contre les bureaux du CNRI a été évoquée lors des visites des autorités françaises à Téhéran aux mois d’avril et mai, et lors de la visite du ministre des Affaires étrangères du régime en mai 2003 à Paris. La date de l’opération a même été communiquée au régime iranien.

Un des responsables français de Total avait déclaré fin lai 2003 à des ingénieurs iraniens que cette année-là allait être une très bonne années pour eux. Cette déclaration faisait suite à la visite de Dominique de Villepin, alors ministre des affaires étrangères, le 24 avril et celle de François Loos, ministre du Commerce extérieur, le 12 mai de la même année.

Les contrats de Total sous un nouvel angle

Les accords pour la phase 1 de Pars-Sud avec Total ont été effectués par le fils de Rafsandjani, Mehdi Hachemi en personne. L’accord sur la phase 2 et 3 de Pars Sud a été conclu avec la société d’ingénierie de développement pétrolier Fallat Ghareh, et signé par son PDG Ismael Djalilian. A cette époque Mehdi Hachemi occupait un poste clé dans cette compagnie. Selon nos renseignements, Djalilian est actuellement le PDG d’une société de forage de puits de pétrole, nommée Hourtache, qui collabore avec le ministère du pétrole et avec une compagnie pétrolière des Emirats.

Nous avons obtenu des documents précisant que dans l’application d’un plan, Total a effectué des dépenses de 500 à 600 millions de dollars sans rien demander en contrepartie. Cette « générosité » couvre en fait les commissions versées. Les experts iraniens du ministère du Pétrole avaient eu pour consigne de ne pas évoquer ces travaux à titre gracieux puisque cela dévoilait les bénéfices pharaoniques de Total qui lui permettait de telles largesses. Vous comprendrez qu’une commission de 60 millions d’Euros n’est qu’une infime partie de ces affaires.

Dans le cas de l’instruction en cours sur Total, l’intermédiaire Bijun Dadfar est patron d’une société opérant à Dubaï et en Grande-Bretagne qui s’appelle Baston Associated Ltd. En apparence, il n’a aucun lien avec le ministère du pétrole du régime. En fait ces accords se sont effectués en marge des cadres officiels et reconnus et dans le cadre de  marchandages. Selon nos sources, cet individu a deux comptes à la banque Saderat à Dubaï. Ses numéros de compte dans cette banque qui est l’une des plus importantes du régime des mollahs est le 15 23 83 succursale Mourchette Bazar, Banque Saderat, Dubaï. L’autre compte est le 15 14 33 de la même succursale.

Permettez-moi de dire quelques points au nom de la résistance iranienne :

L’attitude de la France envers la résistance iranienne et ses marchandages font partie d’une politique désastreuse dirigée depuis vingt années par la France et l’Angleterre et qui a conduit le régime iranien à poursuivre et étendre ses projets nucléaires en toute sécurité et d’intensifier son ingérence terroriste et intégriste en Irak et dans toute la région.

Le régime des mollahs ne voit son seul salut que dans le développement et l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme. La politique de complaisance du gouvernement français avec ce régime ne fait que l’encourager à davantage de terrorisme et de prise d’otages. Au même titre que l’accusation de terrorisme portée en France contre la Résistance est mensongère et sans fondement, tout autant que celle de blanchiment d’argent et d’escroquerie.

Si la section anti-terroriste dit vrai, pourquoi alors après six ans d’enquête elle ne renvoie pas ce dossier devant un tribunal. Pourquoi a-t-elle peur d’un procès équitable ? Pourquoi n’explique-t-elle pas qu’elles étaient les raisons de tant de violences et de blessures infligées le 17 juin 2003 ? Le régime de Téhéran n’échappera pas à son destin qui est d’être renversé. Investir dans ce régime n’apportera que de graves préjudices.