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Fouad Siniora critique l’ingérence de l’Iran

Fouad Siniora critique l'ingérence de l'IranLefigaro.fr – Dans des interviews accordées vendredi à L’Orient Le Jour et La Repubblica, le premier ministre libanais défend les sept propositions de son plan de sortie de crise. Il critique l’ingérence de l’Iran mais reconnaît l’importance du Hezbollah. Objectif : souder derrière lui les Libanais.

Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a « dépassé les limites », selon le premier ministre Fouad Siniora. En cause : les critiques de Mottaki sur le plan en sept points présenté par le premier ministre libanais.
 
Téhéran a dépêché Mottaki au Liban en début de semaine pour s’entretenir avec les dirigeants libanais. Selon Fouad Siniora, le diplomate en chef iranien lui aurait conseillé de limiter son plan à l’instauration d’un cessez-le-feu, c’est-à-dire d’adopter la position iranienne. Mottaki a ajouté qu’à ses yeux, les six autres points du « plan Siniora » devraient faire l’objet de discussions plus tard, et que la globalité des propositions serait « discuté par la direction iranienne ». « La priorité est le cessez-le-feu et la fin des hostilités de l’agresseur» israélien, avait-il martelé après ses entretiens.
 
Une partie de la classe politique libanaise n’a pas goûté les propos de Mottaki. « Cette visite rappelle celles qu’effectuaient au Liban à partir des années 70, le chef de la diplomatie syrienne de l’époque, Abdel Halim Khaddam, qui allaient de pair avec l’emprise de Damas sur la vie politique libanaise », a commenté un membre de la majorité parlementaire anti-syrienne. « C’est comme si Mottaki était venu au Liban en disant ‘J’en fais mon affaire’, ce qui fait penser que le pays est entré dans sa période ‘Manouchehr Khaddam’ », ajoute-t-il. « Dire qu’il n’y a pas d’ingérence iranienne dans les affaires libanaises est loin de la réalité », a déclaré Elias Atallah, député de la majorité et dirigeant de la Gauche démocratique.
 
Siniora souligne le consensus autour de son plan

 
Les commentaires de Téhéran, considéré comme le « parrain » du Hezbollah, conduisent Fouad Siniora à défendre avec vigueur son plan. Dans une interview publiée par le quotidien libanais L’Orient Le Jour, le chef du gouvernement libanais souligne le consensus recueilli par ses propositions. « Les sept points ont reçu l’aval du Conseil des ministres (y compris par les trois ministres du Hezbollah, ndlr). Cette proposition a été entérinée à l’unanimité par le sommet des chefs religieux », souligne-t-il. Et d’ajouter que « la société civile et des formations syndicales ont applaudi à ce plan en sept points ». (lien vers encadré) Selon un sondage disponible sur le site de L’Orient Le Jour, 56 % des internautes (plus de 40 000 votants) se disent contre « un cessez-le-feu immédiat sans solution durable », s’approchant ainsi de la position de Siniora.