
Des détenus de 59 établissements à travers l’Iran ont entamé mardi leur grève de la faim hebdomadaire dans le cadre de la campagne de longue haleine des Mardis contre les exécutions en Iran, qui a marqué sa 130e semaine consécutive avec le ralliement de la prison de Neyshabur au mouvement de protestation.
Selon un communiqué publié par les organisateurs de la campagne, plus de 1 500 condamnés à mort de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar refusent de s’alimenter depuis plus d’une semaine pour protester contre les exécutions. Ces détenus, dont la majorité a été condamnée à mort pour des infractions liées à la drogue, réclament l’abolition de la peine capitale.
« Pour s’opposer aux exécutions inhumaines et les dénoncer, plus de 1 500 détenus de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar mènent une action de protestation et une grève de la faim depuis plus d’une semaine, exigeant l’annulation des condamnations à mort », indique le communiqué.
La campagne a également condamné l’exécution de quatre détenus au cours de la semaine écoulée, qualifiant ces mises à mort d’actes perpétrés « de manière moyenâgeuse ». Les hommes exécutés mentionnés dans le communiqué ont été identifiés comme étant Aref Khoshkar (prison de Ghezel Hesar) ainsi que Mohammad Amini Dehaqani, Erfan Esfandiari et Gol Mohammad Mohammadi (prisons d’Ispahan).
Iran’s No To Execution Tuesdays campaign has reached its 130th week as prisoners in Neyshabur Prison joined the movement, expanding it to 59 prisons nationwide.#StopExecutionsinIranhttps://t.co/ObCmgtG7kp
— IRAN HRM (@IranHrm) July 21, 2026
Le communiqué critique tout particulièrement le recours du régime à la peine de mort dans les affaires de drogue. Il affirme que les véritables importateurs et producteurs de stupéfiants dans le pays sont de hauts responsables du régime et des commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). La campagne soutient que des personnes démunies, prises au piège du trafic de drogue, sont régulièrement exécutées pour dissimuler cette réalité. « Il est évident pour tous que les importateurs et les producteurs de stupéfiants en Iran sont des dirigeants du gouvernement et des commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique », indique le communiqué. « Pour dissimuler cette trahison flagrante, des individus tombés dans le piège de la drogue par pauvreté et misère sont envoyés à la potence chaque jour. »
La campagne, menée sans interruption depuis plus de deux ans et demi, donne désormais lieu à des grèves de la faim coordonnées chaque mardi dans des dizaines de prisons. Avec la participation signalée de détenus de la prison de Neyshabur, le mouvement de protestation s’étend désormais à 59 établissements.
🚨Deux manifestants exécutés en Iran.
L’appareil judiciare du régime iranien a exécuté Aref Khoshkar, détenu lors du soulèvement de 2022, à la prison de Ghezel Hesar à Karaj, pour le meurtre présumé d’un membre de la milice Bassidj.
Le régime a également exécuté Mohammad Amini… https://t.co/pk9JrH0wwr— Afchine Alavi (@afchine_alavi) July 15, 2026
Les prisons mentionnées dans le communiqué de la campagne incluent la prison d’Evin (quartiers des hommes et des femmes), plusieurs unités des prisons de Ghezel Hesar, de Karaj (centre), de Fardis, du Grand Téhéran, de Qarchak et de Khorin Varamin, ainsi que des établissements à Ispahan, Ahvaz, Chiraz, Zahedan, Rasht et de nombreuses prisons au Kurdistan, en Azerbaïdjan occidental et dans d’autres provinces.
Le communiqué présente ces protestations soutenues comme un défi direct à ce qu’il qualifie d’usage systématique de la peine capitale par les autorités iraniennes, en particulier à l’encontre de détenus économiquement vulnérables condamnés pour des infractions liées à la drogue.

