mercredi, décembre 7, 2022
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Elections en Iran : Créer une illusion de démocratie

Par Goesta Groenroos, chercheur en philosophie à Université de Stockholm et expert sur l’Iran

Dans le passé, la couverture médiatique des élections en Iran a surtout été dirigée vers un processus et des résultats donnant l’impression que la République islamique est une sorte de démocratie. Finalement, la réalité a tracé son chemin. Et la réalité veut que toutes les élections dans ce pays sont et ont été des mascarades organisées par des religieux non élus au pouvoir pour atteindre deux objectifs : désarmer les revendications croissantes du peuple iranien et de la communauté internationale pour établir un régime démocratique en Iran et purger les éléments indésirables de la structure du pouvoir.

Donc, aucun démocrate ne devrait utiliser le terme d’ « élections parlementaires » pour les tentatives des mollahs de légitimer leur insatiable avidité du pouvoir. En fait, le pouvoir réel est toujours resté fermement entre les mains des religieux, dirigé par l’ayatollah Ali Khamenei, le successeur de l’ayatollah Khomeiny au poste de Guide suprême.

Avant les dernières élections, dans le but de déraciner les principaux candidats des partis rivaux, le Conseil des Gardiens, organe de surveillance contrôlé par le Guide suprême, a disqualifié des hordes de candidats conservateurs qui ne s’alignaient pas sur la politique dure de Khamenei afin de permettre à des candidats pro-Khamenei  conservateurs d’entrer au parlement.

La plupart des disqualifiés sont des ténors du régime et ne pourraient en aucun cas être considéré de l’opposition ou réformiste. Particulièrement quatre anciens ministres, trente anciens vice-ministres et dix anciens gouverneurs.

Mme Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a souligné que le show électoral de vendredi, visant à purger les factions rivales, était un signe d’un régime en déclin. Elle a ajouté que Khamenei et Ahmadinejad, avec les vastes fraudes qu’ils ont appelées "ingénierie électorale", cherchaient à nettoyer le futur Majlis de leurs adversaires. C’est dans l’espoir d’obtenir des armes nucléaires, de dévorer l’Irak et d’exporter le terrorisme et l’intégrisme dans la région sans aucun obstacle interne et de se préparer à une confrontation avec la communauté internationale.

Pour atteindre ses objectifs, le régime a longtemps déclaré la guerre au peuple iranien, l’intensifiant en 2005 quand Ahmadinejad est entré en fonction, en augmentant les exécutions, la lapidation, la répression contre des organisations étudiantes et la fermeture des médias dont un certain nombre de ses propres quotidiens officiels. Le nombre d’exécutions pendant les deux premiers mois de 2008 se monte à 59 alors qu’il était de 47 à la même période en 2007. L’exécution des mineurs, la lapidation, le fouet et les arrestations politiques montent en flèche.

Le régime clérical a aussi déclaré la guerre à l’occident en intensifiant sa course aux armes nucléaires, par son intervention violente en Irak et en répandant son idéologie rétrograde à travers le monde. 

Le régime des ayatollahs n’a pas la capacité politique ou idéologique de changer le cours de son comportement dévoyé en Iran ou à l’étranger. Incapable de satisfaire les conditions préalables pour sortir de son isolement, le Guide suprême Ali Khamenei considère la répression épouvantable en Iran et l’escalade du terrorisme en Irak et au-delà, ainsi que l’accélération du programme d’armes nucléaire, comme sa seule option de survie. 

C’est de loin la menace la plus sérieuse que l’occident ait connue. Comme Ahmadinejad l’a dit à propos du programme nucléaire de l’Iran, ce train avance sans frein jusqu’à son objectif. Si vous pensez que l’Irak était un gâchis, alors attendez de voir ce qui arrivera quand les mollahs auront la bombe.  

Le paysage politique de l’Iran n’est pas aussi décourageant qu’il peut paraître. Avec 2500 ans d’histoire, la résistance est intégrée dans la culture iranienne. Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) est un mouvement organisé affrontant depuis 30 ans les mollahs pour instaurer la démocratie en Iran. Large coalition d’organisations, de groupes et de personnalités démocratiques, dont l’organisation des Moudjahidine du peuple de l’Iran, le CNRI représente un large éventail de tendances politiques, visant à établir un gouvernement de coalition démocratique et laïque en Iran. Le dernier rassemblement majeur organisé par le CNRI à Paris le 30 juin 2007, a réuni environ 50.000 Iraniens venus de toute l’Europe.

Dans les jours à venir, le monde verra un Parlement déjà radical être remplacé par une entité d’une part beaucoup plus impitoyable et brutale, et d’autre part au bord de la désintégration. Je crois qu’il y a une solution à la crise de l’Iran qui coutera un minimum au peuple iranien et à l’occident. Comme Mme Radjavi l’a parfaitement dit dans son communiqué, tout retard dans l’adoption d’une politique de fermeté vis-à-vis du régime aboutira à une catastrophe majeure. Une telle politique devra comprendre des sanctions complètes imposées au régime des mollahs, mais aussi la reconnaissance du droit du peuple iranien à résister. La première mesure de cette politique doit être de retirer l’OMPI, la colonne vertébrale de l’opposition iranienne, des listes du terrorisme des Etats-Unis et de l’UE. L’inscription de l’OMPI comme une organisation terroriste est une composante clé de la politique de complaisance avec le fascisme religieux en Iran. 

J’espère que le monde est prêt à traiter avec ce régime en rassemblant tous ses efforts pour soutenir le CNRI, l’antithèse de ce phénomène, en lui permettant de mobiliser tout son potentiel afin d’initier un changement de régime populaire en Iran.

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L’article a d’abord été publié dans OpEdNews.com

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