samedi, décembre 3, 2022
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Ed Rendell : Pas de transfert d’Achrafiens sans conformité avec les normes élémentaires

CNRI – « Si le but des Irakiens est de transformer ce camp en une prison, si, en réalité, leurs actions ne sont que punitives vis-à-vis des résidents d’Achraf, si cette mesure punitive n’est rien qu’une tentative de satisfaire encore Téhéran,  alors l’ONU et les États-Unis doivent employer le mot « non » pour le transfert », a déclaré le gouverneur américain Ed Rendell, le 6 janvier dans une conférence transatlantique à Paris.

A l’invitation du Comité français pour un Iran démocratique, une vingtaine de personnalités américaines et européennes de premier plan ont rejoint la présidente élue de la résistance iranienne Maryam Radjavi, pour soutenir sa proposition d’organiser une conférence présidée par le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, en présence des représentants des USA, de l’U et des Achrafiens pour sauvegarder une solution pacifique à la crise d’ Achraf.

Voici les moments forts de l’intervention d’Ed rendell, ancien président du parti démocrate américain (1999-2001) et gouverneur de Pennsylvanie (2003-2011) :

Il y a deux mots que ni les États-Unis et ni les Nations Unies n’ont employés et qui auraient dû l’être ; et ces deux mots sont « pourquoi » et « non ».
Il n’y a aucun doute, pas une trace, pas un iota de doute, que les États-Unis ont une responsabilité morale et légale de s’assurer que les résidents du camp d’Achraf sont protégés à tous points de vue jusqu’à ce que chacun d’eux soit transféré sur un sol étranger. Il n’y a aucun doute à ce sujet. C’est notre responsabilité.

Si vous écoutiez les conversations téléphoniques que nous avons avec le Département d’État et d’autres responsables américains, vous verriez qu’il y a toutes sortes de tentatives de fuir les responsabilités. « Et bien, c’est de la responsabilité des Irakiens désormais ou bien c’est de la responsabilité des Nations Unies. » Non, il est de la responsabilité des États-Unis de s’assurer que cela fonctionne.

Si vous regardez ce qui s’est passé depuis juillet, c’est incroyable pour moi comment nous – les États-Unis et les Nations Unies –n’avons pas du tout eu de cran. Avant tout, nous aurions dû employer le mot « non » lorsque l’objection du gouvernement irakien est survenue face à l’idée d’avoir les Casques bleus des Nations Unies ou les troupes américaines pour protéger les résidents d’Achraf jusqu’à leur transfert. C’était la première erreur. Qu’y avait-il de mal à cela ? Si les Irakiens n’avaient pas de mauvaise intention, si les Irakiens s’étaient tout aussi bien engagés sur la sûreté de ces résidents, et bien, quel aurait été le problème de laisser les États-Unis – le Colonel Martinez m’a affirmé que nous aurions pu laisser une petite compagnie de soldats américains ou de marines américains et que cela aurait garanti leur protection. S’ils ne voulaient pas des États-Unis parce que nous quittions le pays, qu’en est-il des soldats de l’ONU ? Eh bien, quelle était la raison ? Nous n’avons pas demandé aux Irakiens pourquoi ils y faisaient objection. Parce qu’il n’y a pas de bonne raison de leur part pour objecter.

Et nous n’avons pas posé une seconde question : pourquoi transférer ces 3400 personnes vivant pacifiquement, contrôlant leur propre destinée, payant pour leurs propres dépenses, vivant en paix, ne mettant en danger ni ne menaçant personne dans ce camp ? Pourquoi était-il nécessaire de les déplacer ? Pourquoi le HCR n’aurait-il pas pu faire son travail au camp d’Achraf ? On nous a dit que c’était inacceptable, mais personne ne nous a dit pourquoi.

Pour quelle raison le transfert était-il nécessaire ? Pourquoi les objectifs, si les Irakiens sont honnêtes en disant qu’ils veulent voir ces gens partir, pourquoi cela n’aurait-il pas pu être fait au camp d’Achraf ? Pourquoi n’avons-nous pas posé cette question ? Et n’ayant pas obtenu de réponse correcte, pourquoi n’avons-nous pas eu simplement un peu de cran pour dire « Non, ils restent au camp d’Achraf jusqu’à ce que le processus de transfert soit accompli ». Nous n’avons pas posé cette question.

Et maintenant, malgré la conduite extrêmement responsable de votre Présidente et des résidents d’Achraf qui suivent ce plan sans assurances, nous suivons ce plan et nous faisons confiance à la parole donnée, bien que je donne crédit à la secrétaire Clinton pour la lettre qu’elle a rendue publique le jour de Noël, dans laquelle elle a déclaré que nous comptions sur le gouvernement irakien pour garantir la sûreté et s’assurer qu’il n’y aura pas de violence.

Mais de quelles assurances disposons-nous ? Nous comptions sur eux pour protéger les résidents en 2009 et nous comptions sur eux en 2011. Étant donné leurs antécédents, pourquoi n’avons-nous pas simplement dit « Non, nous n’allons pas compter sur vous pour les protéger. Nous allons suivre le plan pour les transférer. Vous les voulez hors du pays, mais nous allons nous assurer qu’il y ait des troupes américaines ou onusiennes sur place pour les protéger ».

Pourquoi n’avons-nous pas dit « Pourquoi ? ». Pourquoi n’avons-nous pas demandé pourquoi ? Et pourquoi, n’ayant pas reçu de réponse convenable, n’avons-nous pas dit « Non » ?

A présent l’attitude responsable de l’OMPI, de la Présidente, l’attitude responsable des résidents, de ces 400 résidents qui ont signé pour partir, Madame Radjavi je ne sais pas, ce doit être les personnes les plus courageuses de la planète pour être prêtes à partir.
 
Mais il est temps de demander aux Irakiens pourquoi. Pourquoi sommes-nous partis d’une base de 40 km² pour une base de moins d’un km² ? Quelle en était la raison ? Y avait-il une bonne raison quelconque ? Était-ce nécessaire pour protéger la sécurité irakienne ? Était-ce nécessaire à des fins de renseignement ? Quelle était la raison de réduire la surface ? Il n’y a pas de réponse convenable.

Quelle était la raison, alors même que le Protocole d’accord  expose spécifiquement le fait que les résidents ont le droit d’emmener tous leurs biens meubles et véhicules adéquats au camp Liberty, quelle est la raison pour laquelle ils disent non maintenant ? L’avons-nous demandé ? L’ONU l’a-t-elle demandé ? Le Département d’État l’a-t-il demandé ? Y a-t-il quelqu’un qui ait demandé : « Pourquoi ? Pourquoi faites-vous cela en violation du Protocole d’accord que le gouvernement irakien a signé ? » Personne ne demande pourquoi.

Pourquoi y a-t-il des infrastructures insuffisantes ? Pourquoi la police irakienne devrait-elle être à l’intérieur des clôtures ? Nous comprenons que les Irakiens veulent la souveraineté sur le camp mais cette souveraineté pourrait être assurée par des policiers stationnés aux portes du camp. Il n’y a pas d’issue de secours dans le camp ; il n’y a pas de moyen de fuite et les résidents ne veulent certes pas s’échapper. Pourquoi est-il nécessaire d’avoir la police à l’intérieur ? Pourquoi est-il nécessaire de ne pas avoir d’infrastructures suffisantes ? La réponse est qu’il n’y a pas de réponse correcte.

Il est donc temps pour nous de montrer du cran. À présent, nous avons parcouru un long chemin à plusieurs égards et nous sommes près au moins de prendre une mesure qui puisse mener à la résolution pacifique finale de ce problème. Mais si, en réalité, le but des Irakiens est de transformer cela en une prison, si, en réalité, leurs actions ne sont rien d’autres que punitives vis-à-vis des résidents d’Achraf, si, en réalité, cette mesure punitive n’est rien de moins qu’une tentative de satisfaire encore Téhéran, si, en réalité, tel est le cas, alors l’ONU et les États-Unis d’Amérique doivent employer le mot « non » pour le transfert.

Nous devons nous tenir derrière les résidents lorsqu’ils disent : « Non, nous n’allons pas dans un endroit qui ne dispose pas d’infrastructures suffisantes. Nous n’allons pas dans un endroit qui est de facto un camp d’internement. Nous n’allons pas dans un endroit qui signifie que nous perdons nos biens personnels et des millions de dollars de propriétés personnelles. Nous n’allons pas être traités comme cela, parce qu’il n’y pas de raison valable pour cela. »
 
Il est donc temps pour nous tous ici, venus de divers pays représentés à la tribune aujourd’hui,  jusqu’aux personnes qui ont pris la parole dans le passé et qui ne sont pas aujourd’hui avec nous mais qui sont des voix fermes et engagées dans ce qu’elles font, il est temps pour nous tous, pour la secrétaire Clinton, pour Lady Ashton, pour nous tous de dire : « Pas de transfert sans conformité avec les normes élémentaires et le Protocole d’accord ».

Nous n’avons pas dit non auparavant. Nous n’avons pas demandé pourquoi auparavant. À ce tournant, il est important que nous le fassions. Les États-Unis d’Amérique, s’ils veulent remplir leurs responsabilités morales, ne peuvent pas faire moins.

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