AccueilActualitésActualités: EconomieL'économie iranienne se contracte alors que les réseaux de contrebande d'État prospèrent

L’économie iranienne se contracte alors que les réseaux de contrebande d’État prospèrent

L'économie iranienne se contracte alors que les réseaux de contrebande d'État prospèrent
Lundi matin 5 juin, un jeune « koulbar » (des habitants pauvres qui portent de lourdes charges pour gagner leur vie) nommé Hoshiar Hassanzadeh a été abattu par les cruels gardes-frontières du régime iranien dans l’ouest de l’Iran. Bien qu’il ne transporte aucun objet illicite dans son sac à dos, ce jeune de 20 ans a été délibérément pris pour cible et a reçu une balle dans la tête et la poitrine.

Par la suite, le 6 juin, l’agence de presse d’État Mehr a fait la lumière sur la question de la contrebande à l’intérieur de l’Iran. Un individu revendiquant une expertise dans la lutte contre la corruption économique a exprimé des préoccupations valables concernant les performances inadéquates du siège anti-traite. Cet expert a estimé que le chiffre d’affaires généré par les activités de contrebande en Iran a atteint le chiffre étonnant de 1 000 billions de tomans. De plus, les statistiques annuelles indiquent que l’impact néfaste de ce phénomène se situe entre 15 et 21 milliards de dollars. L’avertissement de l’expert sur le contrôle potentiel du marché du pays par les passeurs ne doit pas être ignoré, insistant sur la nécessité d’améliorer les procédures.

Il est essentiel de reconnaître que la « procédure actuelle » soulignée par l’expert n’est pas un événement récent, mais a plutôt une longue histoire. Le 5 juillet 2012, l’agence de presse ISNA a publié un article intitulé « Troublesome Wharves », soulignant le nombre important de quais fonctionnant sans contrôle douanier. Sur un total de 201 quais à travers le pays, seuls 20% sont soumis à une surveillance douanière, laissant les 80% restants fonctionner sans respecter les réglementations douanières appropriées. Cette statistique inquiétante indique qu’à peine 40 quais peuvent être considérés comme légaux.

En outre, le 10 juillet 2019, l’agence de presse d’État Fars a reconnu la présence de diverses marchandises de contrebande entrant dans le pays par des voies terrestres, aériennes et maritimes, y compris des voies officielles. Cette activité illicite a eu un impact profond sur l’emploi et la production nationale, posant des défis importants à l’économie du pays.

Cependant, il devient évident que la préoccupation de l’expert concernant la domination des contrebandiers sur le marché du pays n’est pas sans fondement ni sans pertinence. Considérés comme les « frères contrebandiers », un terme métaphorique faisant allusion à l’influence du CGRI, ces entités contrôleraient une part importante – environ un sixième – des liquidités totales du pays, selon un expert gouvernemental. Leur emprise sur le marché est solidement établie depuis longtemps.

À la lumière des circonstances susmentionnées, il est crucial de s’attaquer au problème urgent de la contrebande et de ses implications. Les incidents fréquents et le contrôle substantiel exercé par les « frères contrebandiers » rappellent les défis auxquels le pays est confronté. Les efforts pour lutter contre la contrebande et protéger l’intégrité du marché sont impératifs pour le développement économique durable et le bien-être de la nation.
En avril 2023, Mehdi Nasiri, ancien rédacteur en chef du journal Kayhan, a attiré l’attention sur l’influence des « frères passeurs ». Il a souligné l’impact de leurs activités en déclarant: « Pour ceux qui ne perçoivent pas les dégâts, vos vies ne sont pas affectées. Les courageux enfants de votre Conseil suprême de sécurité nationale, qui jouent un rôle de premier plan dans ces récits, sont le principal exportateur de pétrole de l’Iran, représentant 40 % des exportations de pétrole du pays et gagnant un million de dollars par jour. En quoi le fils de M. Shamkhani vous serait-il nuisible ? Cette politique étrangère prospère s’est avérée avantageuse pour vous et vos enfants.

De plus, lors d’une conversation avec le réseau Aflak du régime le 8 juin, Yaser Jebreili, un ancien fonctionnaire de l’État, a reconnu les profits importants engrangés par les gangs de contrebande de devises officielles. Il a révélé l’implication de sociétés spécifiques dans la propriété de devises, une seule société générant un bénéfice net de 108 000 milliards de tomans en une seule année. Ce chiffre stupéfiant équivaut à la subvention mensuelle de 45000 tomans pour l’ensemble de la population iranienne sur une période de deux ans, illustrant de manière frappante l’ampleur de ce problème.

Les témoignages fournis par des initiés au sein de l’État mettent en lumière l’ampleur du problème et les immenses profits tirés de ces activités illicites. Il est évident que les réseaux de contrebande, avec leurs ressources abondantes et leur influence considérable, continuent de prospérer, aggravant encore les défis économiques auxquels le pays est confronté.

Malgré la reconnaissance antérieure de Khamenei que la contrebande représentait 25 milliards de dollars, la récente revendication de 20 milliards de dollars de contrebande n’indique pas une diminution de sa part dans l’économie du pays. Selon un rapport du journal public Eqtesad News du 29 mars, l’économie iranienne a connu un déclin significatif au cours des cinq dernières années, son volume ayant chuté d’environ 500 milliards de dollars à moins de 200 milliards de dollars. Par conséquent, la proportion de la contrebande a effectivement doublé par rapport à la taille globale de l’économie.

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Par conséquent, alors que l’économie du pays continue de se contracter, les profits, la corruption et les capitaux exceptionnels au sein des fondations prédatrices au pouvoir augmentent. Ce scénario troublant illustre comment la corruption est devenue profondément enracinée dans la nature et la structure du régime, entraînant le contrôle effectif du pays par des groupes mafieux au pouvoir. Quelles que soient les circonstances, le résultat reste terriblement cohérent : les dirigeants et les élites du régime accumulent des richesses tandis que la pauvreté s’aggrave, plongeant les masses de personnes affamées dans une misère encore plus grande.

À la lumière de cette dure réalité, il devient évident que les défis économiques au sein d’une dictature économique corrompue ne peuvent être résolus par des mesures purement économiques. Au lieu de cela, une solution politique globale est impérative, une solution qui implique le renversement du régime des mollahs corrompus et la résolution des problèmes systémiques profondément ancrés au cœur du régime.