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Le régime iranien paralyse l’économie avec la coupure d’Internet

Le régime iranien paralyse l'économie avec la coupure d'Internet

Un graphique NetBlocks montre la coupure quasi totale d’Internet en Iran entre le 14 et le 16 novembre 2019, alors que le régime tentait de réprimer les manifestations nationales en coupant les communications numériques.

Lors d’une séance parlementaire le 22 juillet 2025, les responsables du régime iranien ont eux-mêmes révélé les conséquences catastrophiques de leurs récentes politiques en matière d’Internet.

Le ministre des Communications du gouvernement du président Massoud Pezeshkian, Sattar Hashemi, a révélé qu’une coupure d’internet imposée par l’État pendant 12 jours avait infligé une perte colossale de 15 000 milliards de tomans à l’économie numérique du pays en un seul mois – un chiffre équivalent, selon lui, au budget annuel de certains ministères.

Cette blessure économique auto-infligée, justifiée sous couvert de sécurité nationale, a également entraîné une réduction de 30 % des emplois dans le secteur numérique, mettant directement en péril les moyens de subsistance d’environ 10 millions d’Iraniens qui en dépendent. Ces chiffres, présentés au Majlis (Parlement) du régime, ne sont pas de simples statistiques ; ils constituent une condamnation d’une politique qui privilégie le contrôle politique à la prospérité nationale.

Le « Réseau national » : une faille sécuritaire, pas un bouclier

Téhéran a justifié cette coupure numérique et sa politique de longue date en faveur d’un « Réseau national d’information » (RIN) cloisonné comme une mesure nécessaire à la sécurité du régime. Cependant, des rapports officiels de la même session parlementaire révèlent que ce dispositif de sécurité est une défaillance catastrophique.

Hashemi a confirmé que, pendant la paralysie, l’Iran a subi plus de 20 000 cyberattaques. La prétendue résilience du réseau national s’est effondrée, les principales banques contrôlées par l’État ayant été piratées. La banque Sepah, qui gère la paie du personnel militaire, a vu ses services en ligne s’effondrer. Les banques Pasargad et Mellat ont également été compromises, un groupe de pirates informatiques affirmant avoir divulgué les données de plus de 32 millions de comptes.

Cette vulnérabilité flagrante n’est pas passée inaperçue auprès des députés. Salman Zaker, un représentant d’Urmia, a directement interpellé le ministre : « Si [les plateformes nationales] étaient sécurisées, pourquoi les banques étaient-elles si vulnérables aux cyberattaques ?» Un autre député, Farshad Ebrahimpour, a été encore plus direct : « Cette guerre de 12 jours a clairement démontré que le réseau national d’information n’est pas un réseau, mais un ensemble d’éléments dispersés et inefficaces. »

Chaos et contradictions internes : les loups se retournent les uns contre les autres

Les conséquences de ce double désastre économique et sécuritaire ont déclenché un conflit ouvert au sein des factions politiques du régime. Au Majlis, Hashemi a tenté de rejeter la responsabilité de la coupure d’Internet, en imputant la responsabilité à des « autorités compétentes et à des agences de sécurité et de renseignement » non précisées.

Pourtant, plutôt que de réévaluer cette stratégie ratée, des membres de factions rivales, comme le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, exigent une accélération du projet même qui s’est révélé si vulnérable, qualifiant le NIN de « priorité nationale la plus importante » du pays.

Cette dissonance a été ouvertement moquée au sein même du Parlement. La députée Zahra Saeedi Mobarakeh a pointé du doigt les déclarations contradictoires du ministre : « Les propos du ministre étaient contradictoires… D’un côté, il affirme que nous bénéficions d’une sécurité stable, de l’autre, il évoque ces problèmes et les dégâts… La population est mécontente. Nous ne sommes pas censés nous asseoir ici et nous remercier les uns les autres sous prétexte d’unité nationale. » Cet échange révèle un régime en déroute, incapable de formuler une réponse cohérente, s’efforçant d’attribuer la responsabilité d’une crise qu’il a lui-même provoquée.

Un outil de répression, pas un plan de progrès

Les faits présentés au parlement du régime mènent à une conclusion incontournable : la volonté incessante d’un « Internet national » n’est pas une question de souveraineté technologique ni de protection de la nation. Il s’agit d’un instrument de survie politique, conçu pour construire un rideau de fer numérique qui prive les Iraniens de la libre circulation de l’information et écrase la dissidence.

Ce projet s’est déjà révélé être un désastre économique et un risque sécuritaire. Dans un moment de franchise saisissant, le député Ebrahimpour a avoué l’impréparation totale du régime, admettant : « Il a été prouvé que nous ne sommes même pas prêts à couper l’Internet mondial sans perturber les systèmes bancaire, éducatif et de santé.»

La réponse du régime à la crise a été d’infliger des dommages massifs et inutiles à la population et à l’économie. Aujourd’hui, sa seule solution est de construire une version plus vaste et plus oppressive du système qui vient de s’effondrer. Cet épisode constitue un puissant témoignage du fait que le régime de Téhéran est, et a toujours été, la plus grande menace pour la sécurité, la stabilité et la prospérité de l’Iran.