
Mohsen Paknejad, ministre du Pétrole du régime iranien au sein du cabinet Pezeshkian, a admis que l’essence « super » spéciale serait bientôt vendue dans certaines stations-service à des prix supérieurs à 50 000 tomans le litre, soit plus de trente fois le tarif subventionné officiel. Cette annonce, faite le 17 août 2025, a suscité l’inquiétude des citoyens, déjà touchés par l’inflation, qui y voient le prélude à une hausse plus large des prix du carburant.
Paknejad a tenté de justifier cette mesure en affirmant qu’elle n’affectait pas les quotas existants ni les prix subventionnés de 1 500 et 3 000 tomans le litre. « Le quota mensuel de 100 litres reste inchangé. Les cartes de carburant d’urgence restent inchangées. L’essence super ordinaire au tarif précédent reste inchangée. Ce qui est vendu au-dessus de 50 000 tomans est du carburant importé par des entreprises privées, avec des coûts supplémentaires d’achat, de transport et de distribution », a-t-il déclaré.
Mais les observateurs soulignent que ce « carburant spécial » crée un nouveau système à plusieurs niveaux, privilégiant les propriétaires de voitures aisés et creusant les inégalités sociales. Selon l’ISNA, Paknejad lui-même a reconnu que le prix pourrait dépasser 50 000 tomans une fois les coûts d’achat et de transport du secteur privé ajoutés. Les analystes avertissent que cela ouvre la voie à un creusement des inégalités et à une normalisation progressive des prix des carburants.
Les analystes économiques affirment que cette politique vise moins à offrir des carburants de luxe qu’à tester la tolérance du public aux futures hausses. Comme l’a signalé un média iranien, vendre de l’essence super au-dessus de 50 000 tomans crée de fait un double marché pour les riches et les citoyens ordinaires, creusant les divisions sociales et ouvrant la voie à des hausses de prix plus importantes à l’avenir.
Avec des déficits budgétaires chroniques, la hausse des coûts d’importation et une forte dépendance aux approvisionnements en carburant étrangers, la dictature cléricale subit une pression croissante pour réduire les subventions. Les responsables affirment que les pauvres seront protégés, mais l’expérience passée, notamment les manifestations sanglantes qui ont suivi la flambée des prix du carburant de novembre 2019, suggère le contraire.
Pour l’instant, le gouvernement présente l’essence à 50 000 tomans comme facultative et limitée. Pourtant, de nombreux Iraniens y voient la première pierre : un signe que, tôt ou tard, les subventions sur les carburants seront réduites et que leur coût retombera sur les ménages ordinaires qui luttent déjà pour survivre.

