AccueilActualitésActualités: Droits humainsUne organisation gouvernementale reconnaît l'ampleur de la répression étudiante en Iran

Une organisation gouvernementale reconnaît l’ampleur de la répression étudiante en Iran

CNRI – En pleines lutes intestines, le conseil central du Bureau de la Consolidation, a une association étudiante appartenant au régime des mollahs, a fait des révélations  sur l’étendue de la répression étudiante en Iran.

Dans un communiqué publié le 13 janvier 2007, il dépeint la situation explosive des universités et des lycées en Iran, surtout depuis l’arrivée de Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir.

 

En voici quelques extraits :

“1. À n’en pas douter, la tâche la plus importante d’une université est de générer de la science. Malgré une jeunesse créative abondante, l’université iranienne n’occupe aucune place dans le monde scientifique. Globalement, la part de l’Iran dans la science est de moins de 1% et aucune de ses écoles n’apparaît parmi les 2000 premiers établissements dans le monde (…) La politique de l’actuel ministère de l’Enseignement supérieur (MES) qui ne suit aucun plan clair pour améliorer la situation, est déplorable.

2. Dans l’année fiscale iranienne en cours, contrairement aux revenues pétroliers astronomiques, le budget de la recherche scientifique dans les universités a été coupé de 30%  tandis qu’au même moment le MES a augmenté de 42% les nouvelles inscriptions.

Cette augmentation du nombre d’inscriptions dans les établissements intervient alors que 40% des Iraniens entre 30 et 35 ans sont au chômage.

Cela signifie simplement que la politique d’augmentation du nombre des d’inscriptions a un effet inverse sur le marché du travail et se traduit par davantage de chômeurs. Les 42 %  d’augmentation interviennent aussi alors que le budget du MES a été amputé de 20%.

3. A côté des problèmes structurels, le conseil de discipline du MES engendre la peur parmi les étudiants en les pénalisant gravement. Ce traitement des dissidents dans les établissements sert aussi à occulter une politique inadéquate.

La mise à la retraite forcée des enseignants de haut niveau est une autre tactique pour purger les universités de toute voix de mécontentement.

4. Avant tout, ce qui est arrivé aux étudiants dissidents dans les établissements  scolaires iraniens est sans précédent dans l’histoire de l’enseignent supérieur de notre pays. Les dissidents ont été marqués et le ministre de l’Enseignement supérieur, Mohammad-Mehdi Zahedi, qui avait nié pendant longtemps cette classification, vient d’admettre son existence. Il est évident qu’un haut responsable de n’importe quelle  administration dans le monde aurait été pénalisé avec un tel bilan. Plus de 300 étudiants ont été convoqués devant le conseil de discipline cette année.

5. Les associations étudiantes critiques du MES ont été la cible des autorités. 57 publications étudiantes et 35 organes étudiants ont été dissous, dont 12 associations islamiques. Il est intéressant de noter que les soulèvements récents des étudiants ont provoqué l’indignation internationale contre le gouvernement d’Ahmadinejad.

6. Les suicides et la drogue chez les étudiants sont deux autres éléments du bilan du MES. Au cours de l’année et demie qui s’est écoulée (l’année iranienne commençant le 21 mars), dans une période de quatre mois, 28 suicides ont été rapportés dans les établissements. Le chiffre réel est bien plus élevé, mais le ministère a cessé de les mentionner. Le manque d’activités hors programme comme les camps de vacances ou les soirées de poésie ont contribué au stress et à l’anxiété de la population étudiante, menant finalement à la drogue. La drogue parmi les étudiants a atteint une ampleur sans précédent. Au moins 150.000 étudiants se droguent tous les mois en Iran.

Creuser le fossé social, amputer de 30% le budget de la recherche des centres d’enseignement supérieur, augmenter de 42% les admissions à l’université sans tenir compte du marché du travail et de la manière dont les diplômés seront intégrés, un brusque déclin des services de santé et sociaux réservés aux étudiants, une augmentation du nombre de suicides, une interdiction de la plupart des activités sociales dans les établissements qui a abouti à la consommation de drogue de 150.000 étudiants par mois, la répression des opposants et la mise à la retraite forcée d’éminents membres du corps professoral, (…) la dissolution de 35 organisations étudiantes dissidentes et la convocation de 300  étudiants devant le conseil de discipline, sont le résultat direct de décisions prises par le ministre de l’Education ; le bilan des administrateurs actuels au ministère de l’Enseignement supérieur est rempli des méfaits qui viennent d’être indiqués. Il ne s’agissait que d’un résumé… »