Agence France Presse – Le ministère français des Affaires étrangères a estimé mercredi qu’une éventuelle décision de la justice iranienne d’accuser d’espionnage un Français détenu depuis un an en Iran constituerait une "évolution particulièrement grave".
Le ministre iranien de la justice, Jamal Karimi-Rad a déclaré mardi qu’une accusation d’espionnage était actuellement à l’examen contre le skipper français Stéphane Lherbier, déjà condamné à 18 mois de prison pour entrée illégale en Iran.
"S’il se confirmait qu’une accusation d’espionnage était désormais envisagée à l’encontre de notre compatriote, cela constituerait un développement particulièrement surprenant et préoccupant", a déclaré le porte-parole du ministère Jean-Baptiste Mattéi lors d’un point de presse.
"Les autorités françaises y verraient en tout état de cause une évolution particulièrement grave", a-t-il souligné.
"Je vous rappelle que le motif d’espionnage avait été explicitement exclu par la cour d’appel de Bandar Abbas dans la procédure judiciaire visant M. Lherbier", a-t-il précisé.
Stéphane Lherbier et l’Allemand Donald Klein avaient été interpellés lors d’une partie de pêche le 29 novembre 2005 dans le golfe, aux abords de l’île d’Abou Moussa, un secteur sensible occupé par l’Iran mais revendiqué par les Emirats arabes unis.
La justice iranienne a refusé leur libération conditionnelle. La France avait haussé le ton le mois dernier et laissé entendre que cette affaire aurait une dimension politique en pleine crise sur le nucléaire iranien.

