jeudi, février 2, 2023
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Les rapports des experts de l’ONU soulignent la nécessité d’enquêter sur le massacre de 1988 en Iran

Dans son rapport à l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Javaid Rehman, rapporteur spécial sur la situation des Droits de l’Homme en Iran, a exprimé son inquiétude quant aux tentatives du régime de détruire les preuves du massacre de 1988. Il a également souligné que les autorités du régime impliquées dans les violations des Droits de l’Homme jouissent d’une impunité systématique.

« Le Rapporteur spécial est préoccupé par les tentatives signalées des autorités de continuer à détruire les preuves de violations passées, notamment les exécutions extrajudiciaires massives de dissidents politiques signalées en 1988« , peut-on lire dans le rapport.

Raisi, Butcher of 1988 Massacre in Iran

Au cours de l’été 1988, le régime iranien a exécuté de manière extrajudiciaire plus de 30 000 prisonniers politiques. La plupart des victimes étaient des membres et des sympathisans de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI).

  1. Rehman a souligné dans son rapport que “en avril 2021, les autorités ont émis un ordre refusant aux bahá’ís la permission d’enterrer leurs morts dans des parcelles vides du cimetière de Golestan Javid, le cimetière désigné pour les bahá’ís, les obligeant à enterrer leurs morts entre des tombes existantes ou dans le charnier de Khavaran. Ce dernier site est censé contenir les restes des victimes de disparitions forcées et d’exécutions sommaires perpétrées en 1988″.

« Cet ordre est la dernière des tentatives d’interférence avec les preuves des exécutions, qui ont inclus le passage au bulldozer des tombes et le harcèlement des proches, comme Maryam Akbari Monfared[1], qui cherchent à obtenir la vérité et des mis en cause », ajoute le rapport.

Rehman a critiqué la violation par le régime de ses obligations internationales, « ce qui crée un climat d’impunité. »

En décembre 2020, une lettre initialement envoyée aux responsables du régime en septembre par sept experts des Droits de l’Homme de l’ONU, dont M. Rehman, a été publiée. Dans leur lettre, les experts de l’ONU soulignent que le massacre de 1988 « peut s’apparenter à des crimes contre l’humanité ».

Ils ont également souligné que l’inaction de la communauté internationale concernant le massacre de 1988 avait eu un « impact dévastateur » sur la « situation générale des Droits de l’Homme » en Iran.

Le massacre de sang-froid de plus de 1500 manifestants par les mollahs lors des grandes manifestations en Iran en novembre 2019, les exécutions en cours en Iran et la répression récente des manifestants dans la province du Khouzistan sont des exemples de « l’impact dévastateur » de l’incapacité du monde à tenir Téhéran pour responsable.  M. Rehman a souligné dans son récent rapport que « l’impunité persistante en ce qui concerne la force disproportionnée utilisée lors des manifestations de novembre 2019 dans tout le pays, et l’abattage du vol PS752 d’Ukraine Airlines, reste emblématique de l’état d’impunité. »

En juin, l’impunité systématique a atteint son pic lorsque le Guide Suprême du régime, Ali Khamenei, a choisi Ebrahim Raïssi comme nouveau président iranien. Raïssi a joué un rôle clé dans le massacre de 1988, a été le chef du pouvoir judiciaire pendant les manifestations de novembre 2019, et a supervisé l’arrestation et les violations systématiques des droits Humains dans les prisons iraniennes.

Lorsque Raïssi est devenu le soi-disant « vainqueur » de l’élection fictive du régime en juin 2021, la Secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a souligné que sa présidence, « au lieu de faire l’objet d’une enquête pour les crimes contre l’humanité que sont le meurtre, la disparition forcée et la torture, est un sinistre rappel que l’impunité règne en maître en Iran. »

Alors que les protestations contre la présidence de Raïssi continuent de s’étendre et de s’élever à travers le monde, les puissances occidentales poursuivent leur inaction, alimentant l’impunité systématique en Iran. L’Union européenne a envoyé l’un de ses principaux diplomates, Enrique Mora, à l’investiture de Raïssi le 5 août.

Accepter Raïssi comme représentant de l’Iran dans le monde ne ferait que permettre au régime d’accroître encore ses violations des Droits Humains en Iran. Les dirigeants européens doivent savoir que les poursuites systématiques et la purge des dissidents par le régime ne se limitent pas aux frontières de l’Iran.

Le récent procès d’Assadollah Assadi, le diplomate-terroriste de Téhéran qui avait tenté de faire exploser le rassemblement de l’opposition en France en 2018, témoigne du fait que fermer les yeux sur la violence intérieure des mollahs aurait des résultats dévastateurs à l’étranger.

En faisant affaires avec le régime barbare au pouvoir en Iran, l’UE est en train de répéter la même erreur que celle qui a été commise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Comme l’a dit Winston Churchill, « Un complaisant est celui qui nourrit un crocodile en espérant qu’il le mangera en dernier ». L’attentat manqué d’Assadi au cœur de l’Europe témoigne du fait que les criminels au pouvoir en Iran dévoreraient tout ce qu’ils veulent s’ils ne faisaient pas face à la fermeté.

Les puissances occidentales ne devraient pas reconnaître Raïssi comme président de l’Iran. Elles devraient le poursuivre, ainsi que les autres auteurs de violations des Droits de l’Homme, afin de mettre un terme à l’impunité systématique en Iran et à ses effets dévastateurs sur les plans national et international.

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