
Un dirigeant du syndicat enseignant en Iran a mis en garde contre une campagne d’intensification du harcèlement et de l’emprisonnement du régime iranien à l’encontre des représentants syndicaux des enseignants.
Hashem Khastar, de Mashhad dans le nord-est de l’Iran, a déclaré à la BBC que des grèves de la faim avaient été organisées par les enseignants pour protester contre les emprisonnements et le déni des droits de l’Homme.
M. Khastar, du syndicat des enseignants dans la province de Khorasan Razavi, affirme avoir été emprisonné à trois reprises, rapporte la BBC dans son rapport publié mardi 24 mai.
Il a dit que cela intervenait après qu’il ait défendu le droit des enseignants d’appartenir à un syndicat indépendant et qu’il avait été emprisonné pour avoir « essayé de faire ressortir la voix des enseignants innocents d’Iran ».
« Les enseignants veulent, à travers le mouvement de ces enseignants, accéder à la démocratie » a t-il déclaré à la BBC.
Au sujet des menaces qui pèsent sur les enseignants, M. Khastar considère qu’il reste conscient des risques et qu’il est « toujours prêt à ce que la sonnette sonne et que quelqu’un vienne pour mettre en prison ».
« S’il n’y avait eu pas le soutien de nombreux enseignants, ils se seraient débarrassés de moi ».
Il affirme que les enseignants se sont secrètement mobilisés pour aider leurs collègues emprisonnés en organisant par exemple une collecte de fonds pour soutenir leurs familles.
Les problèmes sont également mis en évidence par Education International, un groupe international représentant les syndicats de l’éducation.
« Nous savons que toute une série de personnes ont été arrêtées » a déclaré le secrétaire général adjoint de l’organisation, Haldis Holst.
L’organisme international a invité le représentant du syndicat des enseignants de Téhéran, pour parler lors d’une conférence au début de l’année mais il a annoncé à la BBC que l’enseignant avait été arrêté et placé en détention.
M. Khastar indique que, malgré la croissance internationale des liens entre l’Occident et l’Iran – et malgré les signes d’une ouverture économique croissante – la situation des syndicats d’enseignants ne s’est pas améliorée.
Il dit qu’il n’y a aucun signe de modération concernant les droits de ses membres du syndicat.
« Il y a un grand fossé entre le gouvernement et les autorités cléricales – mais le but des deux factions est de sauver le régime dans son ensemble » a t-il dit.
Et il affirme que le régime est de plus en plus sous pression et qu’il a renforcé sa répression.
« Ils veulent un chef – une personne est le berger et tous les autres sont des moutons. Dans ce système, les gens doivent suivre sans poser de question ».
M. Khastar considère que les enseignants sont « constamment arrêtés », mais que souvent, leurs organisations syndicales ne le découvrent que plus tard.
Il dit que les services de sécurité exercent une pression sur les familles des enseignants pour qu’ils ne publient pas ce qui est arrivé.
Mais il indique que les enseignants sont toujours en campagne pour être autorisés à exercer leurs activités syndicales et à promouvoir les libertés civiles « en étant libres d’interférence de sécurité ».
« Nous voulons que le régime permette aux enseignants d’exercer leurs activités comme c’est leur droit ».
Et il est d’avis qu’il existe un large soutien à leur cause. « La nation iranienne a changé » dit-il.
Le congrès des syndicats du Royaume-Uni a appelé le régime iranien à respecter les droits des enseignants et a critiqué l’emprisonnement de leurs dirigeants.
Ils ont mis en évidence les protestations des enseignants contre les « salaires de misère », les mauvaises conditions de vie et le manque de sécurité de l’emploi.

