jeudi, mars 5, 2026
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La machine à exécuter du régime s’intensifie en Iran : la campagne des mardis contre les exécutions

La machine à exécuter du régime s'intensifie en Iran : la campagne des mardis contre les exécutions

La campagne « Non aux mardis des exécutions » entre dans sa 107e semaine

La campagne des mardis contre les exécutions entame sa 107e semaine consécutive et se poursuit simultanément dans 56 prisons à travers l’Iran. De nouvelles informations alarmantes révèlent une forte escalade des exécutions et de la répression par la théocratie au pouvoir en Iran, suite au soulèvement de janvier 2026.

Selon le dernier communiqué de la campagne, les forces de sécurité et de renseignement du régime ont répondu aux manifestations nationales par une violence extrême, des arrestations massives et des sévices psychologiques et physiques systématiques visant à extorquer des aveux aux détenus.

« D’après les informations recueillies lors du soulèvement de janvier, les forces de répression du régime des mollahs, outre les milliers d’innocents qu’elles ont massacrés, ont arrêté des dizaines de milliers d’Iraniens, notamment des jeunes, et ont soumis un grand nombre d’entre eux à des pressions physiques et psychologiques pour leur extorquer des aveux. »

Arrestations étendues aux professionnels de la santé et du droit

Ce communiqué souligne une nette extension de la répression, qui ne se limite plus aux manifestants et aux militants politiques. Signe d’une peur grandissante au sein du pouvoir en place, les forces de sécurité ont commencé à cibler des professionnels traditionnellement considérés comme extérieurs à la confrontation politique directe.

« Dans un contexte de répression croissante et d’intimidation publique, le régime a procédé à l’arrestation de nombreux avocats, médecins et personnels médicaux, témoignant ainsi de sa terreur grandissante face au courageux soulèvement populaire de janvier dernier. »

Des observateurs des droits humains alertent sur le danger que représentent ces arrestations de professionnels du droit et de la santé, visant à démanteler les derniers réseaux de soutien aux détenus et à réduire au silence les témoins potentiels des exactions commises en prison.

207 exécutions en trois semaines

L’ampleur des exécutions rapportées dans le communiqué souligne le recours croissant du régime à la peine capitale comme instrument de contrôle politique.

« Le régime despotique au pouvoir a exécuté plus de 207 personnes, dont 2 femmes, au cours des trois premières semaines du mois de Bahman (à partir du 21 janvier) », prévient le communiqué de la campagne.

Outre les personnes déjà exécutées, le communiqué alerte sur le fait que des centaines, voire des milliers, de détenus restent sous le coup d’une condamnation à mort imminente, nombre d’entre eux étant détenus anonymement et sans procédure régulière.

Un prisonnier politique kurde risque une troisième condamnation à mort

Parmi les cas les plus urgents cités figure celui d’un prisonnier politique kurde.

« Ces derniers jours, le prisonnier politique kurde Naser Bekrzadeh a été condamné à mort pour la troisième fois et risque sérieusement de voir sa peine exécutée », ont averti les prisonniers dans leur déclaration.

Les défenseurs des droits humains soulignent que ces condamnations à mort répétées mettent en lumière le caractère arbitraire du système judiciaire iranien et le recours du régime à la peine capitale comme moyen d’intimidation plutôt que de justice.

Campagne contre la terreur d’État

La campagne des mardis contre les exécutions, active depuis plus de deux ans, est devenue l’une des manifestations organisées les plus durables au sein du système pénitentiaire iranien. Sa poursuite, malgré l’escalade de la répression, témoigne de la gravité de la crise et de la persistance de la résistance contre la politique du régime, fondée sur la violence.

Alors que les exécutions s’accélèrent et que la répression s’intensifie, les organisateurs de la campagne avertissent que le silence de la communauté internationale ne fera qu’encourager les autorités de Téhéran à étendre ce qu’ils qualifient de système de terreur cautionnée par l’État.