
La campagne des mardis Non aux exécutions en Iran est entrée dans sa soixante-dix-huitième semaine consécutive le 22 juillet 2025. Des prisonniers politiques de 48 prisons à travers l’Iran ont entamé des grèves de la faim coordonnées pour opposer l’escalade des exécutions et la répression par le régime.
Au cours du seul mois dernier, les autorités du régime iranien ont exécuté au moins 71 personnes entre le 21 juin et le 21 juillet (Tir dans le calendrier iranien), dont beaucoup ont été condamnées à l’issue de ce que les observateurs des droits humains qualifient de procès manifestement inéquitables fondés sur des aveux extorqués. Ces exécutions, menées sans procédure régulière, s’inscrivent dans une stratégie plus vaste de terreur d’État visant à réduire au silence la dissidence et à intimider la société dans son ensemble.
🔴 Week 78 | #NoToExecutionTuesdays
Prisoners in 48 prisons are on hunger strike as 71 executions hit Iran in just one month.#StopExecutionsInIran pic.twitter.com/APdkAsZ8B1— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) 22 juillet 2025
Concomitamment à cette vague de violence d’État, les militants politiques, notamment ceux affiliés à la campagne des mardis Non aux exécutions en Iran, ont subi une pression accrue. Des rapports indiquent que les autorités ont soumis des détenus à la torture, à l’isolement, à l’exil et à des arrestations arbitraires. Les familles des membres de la campagne ont été menacées et convoquées pour interrogatoire, tandis que de nombreux prisonniers continuent d’être privés de leurs droits fondamentaux, notamment l’accès à un avocat, aux soins médicaux et aux visites.
Cette pression accrue n’est pas fortuite ; il s’agit d’une stratégie calculée pour écraser le mouvement « Non aux mardis des exécutions » en ciblant ses figures les plus résilientes.
Le cas de Saïd Massouri, l’un des prisonniers politiques iraniens les plus anciens, en est un parfait exemple. Après 25 ans d’emprisonnement sans une seule permission de sortie, les autorités de la prison de Qezel Hesar l’ont informé le 19 juillet qu’il serait exilé dans la prison de Zahedan, isolée et hostile. Les autorités ont explicitement déclaré qu’il s’agissait d’une mesure punitive destinée à briser la campagne anti-exécution. Lorsque les gardiens ont tenté de l’expulser de force le 16 juillet, des codétenus ont manifesté, interrompant temporairement le transfert.
July 22—Iran
In tandem with the 78th week of "No to Executions Tuesdays," the family of death row political prisoner Vahid Baniamerian demand the cancellation of the death sentences of political prisoners.#IranProtestspic.twitter.com/qTHYIbo2EO— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 22 juillet 2025
Parallèlement, le régime instrumentalise son système judiciaire factice pour faire taire d’autres voix influentes. Le 20 juillet, Amir Hossein Moradi, étudiant d’élite de l’université Sharif, a été traîné menotté et enchaîné pour un « nouveau procès ». Sa nouvelle accusation, portée par le juge Ali Mazloum, est celle de « propagande contre le système depuis la prison », un aveu direct que son activisme persistant est la raison de sa persécution. Son camarade de classe, Ali Younesi, devait être jugé par contumace, une violation flagrante des garanties procédurales que même les protestations écrites de leurs avocats n’ont pu empêcher.
Un incident particulièrement choquant, cité dans le communiqué hebdomadaire de la campagne, est la mort par balle d’une jeune fille, Raha Sheikhi, qui souligne encore davantage ce que les militants qualifient de nature « antipopulaire » du régime et sa propension à recourir à la force meurtrière, même contre des civils.
🔴 #Breaking: On July 21, Iran's regime retried elite student Amir Hossein Moradi in Tehran’s Revolutionary Court for “propaganda against the regime” over statements from prison. He appeared in shackles before Judge Seyed Ali Mazloum.
Amir Hossein is currently in Fashafoyeh… pic.twitter.com/HWrmOb4sts— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) 21 juillet 2025
Malgré la répression, le message de la campagne reste ferme : l’exécution n’est pas la justice, mais une forme d’intimidation cautionnée par l’État. « Aucun gouvernement n’a le droit de prendre une vie humaine, surtout lorsque les accusés se voient refuser un procès équitable et que leurs droits fondamentaux sont systématiquement bafoués », peut-on lire dans le communiqué de la campagne. « Notre voix est le cri du “Non aux exécutions” – une voix qui s’amplifiera chaque mardi jusqu’au jour où les exécutions seront définitivement abolies en Iran. » Le mardi 22 juillet, les prisonniers politiques de 48 centres de détention participent à des grèves de la faim pour marquer la soixante-dix-huitième semaine de campagne. Les prisons participantes sont les suivantes :
Région du Grand Téhéran : Prison de Qezel Hesar (unités 3 et 4), Centre de Karaj, Fardis Karaj, Pénitencier central du Grand Téhéran
Province de Téhéran : Qarchak, Khorrin Varamin
Provinces occidentales et centrales : Arak, Khorramabad, Yasuj, Asadabad (Ispahan), Dastgerd (Ispahan), Choobindar (Qazvin)
Provinces du Sud : Prison de Sheiban à Ahvaz, Prison de Sepidar à Ahvaz (hommes et femmes), Centre militaire de Shiraz, Adel Abad à Shiraz (hommes et femmes), Firuzabad Fars, Borazjan, Ramhormoz, Behbahan, Bam
Provinces de l’Est : Yazd, Kahnuj, Tabas, Mashhad
Région du Nord et de la Caspienne : Gonbad-e Kavus, Qaemshahr, Rasht (hommes et femmes) Rudsar, Haviq (Talesh), Azbar (Lāhijān)
Provinces du Nord-Ouest et du Kurdistan : Dizel Abad (Kermanshah), Ardabil, Tabriz, Ourmia, Salmas, Khoy, Naqadeh, Miandoab, Mahabad, Bukan, Saqqez, Baneh, Marivan, Sanandaj, Kamyaran
Région du Sud-Est : Prison de Zahedan (quartier des femmes)
Today #NoDeathPenaltyTuesdays campaign entered week 78.
Prisoners in 48 prisons in their hunger strike, condemned at least 71 executions in one month and intensifying repression.
"Execution is not a path to justice, but a tool of intimidation."
https://t.co/GAhbfaJNzE pic.twitter.com/uLNxSGoRqW— IRAN HRM (@IranHrm) 22 juillet 2025
Cette résistance coordonnée souligne la portée et la détermination croissantes de la campagne. Malgré la répression du régime, la campagne demeure un puissant symbole de résistance non violente, exigeant la fin des exécutions, la justice pour les victimes et le respect des droits fondamentaux de tous les Iraniens.
La soixante-dix-huitième semaine de la campagne des mardis Non aux exécutions en Iran marque un tournant décisif dans la lutte continue de l’Iran pour les droits humains, où même les murs des prisons ne peuvent pas faire taire l’appel à la dignité, à la justice et à la vie.

