Par Mostafa Naderi
CNRI – Mercredi 27 août, le régime iranien a pendu un mineur, Behnam Zaree, accusé d’un délit commis à l'âge de 15 ans. Une semaine auparavant, le 19 août, un autre mineur, Reza Hejazi, avait été pendu pour un délit présumé commis à l'âge de 15 ans aussi.
Le régime iranien détient le triste record de l'exécution des mineurs dont les délits présumés ont été commis avant l’âge de 18 ans. Aucun autre pays au monde n’a exécuté de mineur cette année. L'Iran est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention relative aux droits de l'enfant, destinés à mettre un terme à ces exécutions.
L'augmentation rapide du nombre d'exécutions de mineurs est une démonstration douloureuse de l’action des mollahs contre les droits des citoyens et une violation des lois internationales. Les partenaires commerciaux européens du régime ignorent leurs obligations morales et continuent à commercer avec lui. Le volume du commerce entre Téhéran et les pays européens a atteint 40 milliards de dollars par an.
Behnam Zaree, le jeune pendu hier, est né en 1989. Il a souligné qu’il n’avait pas agi avec préméditation et qu’il s’agissait d’un accident. Il a enregistré une déclaration avant son exécution qui le confirme : « Je m’appelle Behnam Zaree et j'ai été incarcéré à la prison Adel Abad dans la ville de Chiraz ces trois dernières années. J'ai commis un homicide à l'âge de 15 ans, et maintenant je regrette ce que j'ai fait. Je demande à chacun d'entre vous, défenseurs de droits de l'homme et individus libres, de me sauver. Ce qui s'est passé était un accident. Sauvez-moi. Je veux vivre et être libre. À l'heure actuelle, je passe les derniers jours de ma vie. A chaque minute on peut m’emmener à la potence. Dieu va-t-il approuver la mort d’un enfant de 15 ans ? Je demande à tous ceux qui entendent ma voix, s’il y a quelqu'un qui peut m’aider ? Je veux que vous communiquiez mon message aux autorités. Je vous appelle au secours parce que je veux vivre. »
Zaree et l'avocat de la famille n'ont pas été informés ni de la date ni du lieu de son exécution, ce qui est une violation des lois internationales.
Avec les deux pendaisons de la semaine dernière, le nombre total de mineurs exécutés en Iran cette année est de six. Une organisation de défense des droits de l'homme en Iran a indiqué que 132 autres mineurs sont actuellement en attente d'exécution.
L'insistance du pouvoir judiciaire du régime iranien de procéder à ces exécutions en continue et à un rythme accéléré, en dépit des protestations croissantes en Iran et à l'étranger, démontre la soif de sang des mollahs. Rien n’indique que les pendaisons soient une solution aux maux économiques et sociaux fondamentaux qui conduisent à commettre des délits.
Les représentants de l'ONU ont demandé à plusieurs reprises au régime iranien de se conformer à ses obligations internationales. Behnam Zaree a été exécuté un jour après une déclaration de l'Union européenne condamnant la pendaison de Reza Hejazi. Dans sa déclaration, l'UE a souligné que l'exécution était une "violation flagrante" des obligations internationale de l'Iran.
La communauté internationale hésite à employer des mesures efficaces contre le régime iranien, y compris la mise en place de sanctions globales, économiques, diplomatiques, en armes et en pétrole, et a encouragé le régime à poursuivre sur sa voie.
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Mostafa Naderi est un ancien prisonnier politique qui a passé 12 ans dans différentes prisons du régime iranien. Il a passé cinq ans en isolement et a échappé de justesse au massacre des prisonniers politiques de 1988 en Iran.

