vendredi, décembre 2, 2022
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Iran : Le cabinet de meurtriers d’Ebrahim Raïssi pourrait provoquer de nouveaux troubles

Le gouvernement trié sur le volet par Ebrahim Raïssi le mois dernier, est une nouvelle confirmation de l’intention du régime d’intensifier ses activités malveillantes. Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a décrit le cabinet comme l' »incarnation » de l’idéologie fondamentaliste du régime et du recours au terrorisme comme forme d’action politique.

Parmi les personnes nommées figurent plusieurs membres des Gardiens de la révolution du régime (pasdaran) ainsi que plusieurs personnes faisant l’objet de sanctions et même de mandats d’arrêt internationaux pour toute une série d’activités malveillantes.

Les nominations de Raïssi ont été approuvées en masse par le Majlis (parlement des mollahs) environ deux semaines après leur annonce initiale, sur ordre du Guide Suprême du régime, Ali Khamenei.

Iran: A Fatwa Which Took the Life of 30,000 Political Prisoners in 1988 Massacre

La candidature de Raïssi est l’un des aspects de l’effort de Khamenei pour consolider le pouvoir de son régime. Cet effort s’est également reflété dans les élections législatives fictives de 2020, au cours desquelles pratiquement tous les candidats de la faction rivale ont été empêchés de figurer sur les bulletins de vote.

Au lendemain du dernier simulacre d’élection, Téhéran a reconnu que moins de la moitié des électeurs éligibles avaient participé. Mais comme l’a annoncé la Résistance iranienne, le taux de participation a été inférieur à 10 %, ce qui témoigne de l’engagement continu de la population en faveur d’un mouvement pour le changement de régime qui a pris une ampleur sans précédent dans les années précédant le déclenchement de la Covid-19.

Le peuple iranien a demandé un changement de régime lors des deux dernières grandes manifestations en Iran, en 2018 et 2019. Le régime a dû réprimer le soulèvement de novembre 2019 pour éviter sa propre chute.

Au moment de cette répression, Ebrahim Raïssi était le chef du pouvoir judiciaire des mollahs, ayant été nommé par Khamenei pour prendre la relève au départ de son prédécesseur en mars 2019.

Raïssi, en tant que chef du pouvoir judiciaire, a accueilli le soulèvement de novembre 2019 comme une occasion pour consolider l’héritage répressif qu’il avait gagné plus de trois décennies auparavant en tant que procureur, juge théocratique et membre de la « commission de la mort » qui a supervisé la mise en œuvre de la fatwa de Ruhollah Khomeini concernant l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI).

En 1988, cette fatwa déclarait que tous les partisans de l’OMPI étaient intrinsèquement coupables d' »inimitié envers Dieu » et ordonnait aux responsables du régime de les exécuter sans pitié. En réponse, les commissions de la mort ont commencé à interroger les prisonniers politiques, souvent pendant une minute seulement avant de prononcer une sentence de mort, puis ont procédé à l’exécution systématique de plus de 30 000 personnes en l’espace de trois mois.

Les témoignages des survivants de ce massacre décrivent Raïssi comme ayant été particulièrement impitoyable dans l’adoption et l’application de ces condamnations – une observation étayée par le fait que Khomeini ait personnellement élargi le mandat de Raïssi alors que le massacre était toujours en cours, de Téhéran à plusieurs autres villes où le rythme des exécutions était censé être freiné par la « faiblesse du système judiciaire ».

International Conference With 1,000 Former Political Prisoners

Dans la suite de sa carrière, Raïssi a conservé sa réputation de défenseur enthousiaste des pendaisons et d’autres formes de châtiments corporels et, ces dernières années, il s’est joint à d’autres responsables pour répondre aux nouvelles révélations sur le massacre de 1988 en défendant ouvertement les exécutions.

Sa nomination à la magistrature n’est qu’un exemple parmi d’autres de la façon dont Téhéran récompense les participants au massacre en leur offrant des postes de plus en plus influents. Mais c’était sans doute l’exemple le plus flagrant jusqu’alors, surpassé seulement par sa nomination à la présidence.

Dans sa réponse aux nominations ministérielles de Raïssi, Mme Radjavi a déclaré que ni la nomination à la présidence de « l’homme de main du massacre de 1988 ni la collection de meurtriers et de voleurs dans son cabinet ne peuvent sauver le régime de son inévitable renversement ».

Elle a souligné que l’indignation du peuple à l’égard du massacre de 1988, de son héritage et de l’absence d’obligation de rendre des comptes ne fera que susciter une fronde populaire plus intense et des soulèvements populaires alors que l’administration Raïssi s’efforce d’asseoir son assise.

Les puissances occidentales et l’ensemble de la communauté internationale seront bientôt obligées de choisir entre ignorer le développement du conflit civil en Iran et montrer leur soutien au peuple iranien – ce qu’elles peuvent faire en lançant simplement une enquête internationale sur le massacre de 1988, attendue depuis longtemps, et en faisant comprendre à Téhéran que son impunité en la matière a enfin pris fin.

 

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