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Exécutions de membres de l’OMPI en Iran : un régime au bord du gouffre

Exécutions de membres de l'OMPI en Iran : un régime au bord du gouffre
Pouya Ghobadi et Babak Alipour. Sur la pancarte qu’ils brandissent, on peut lire : « Nous tiendrons bon jusqu’au bout. »

Le matin du 31 mars 2026, alors que les tribunaux, les prisons, les planques et tous les services de sécurité iraniens étaient en état d’alerte maximale, la dictature cléricale a choisi d’éliminer deux de ses ennemis les plus acharnés. Babak Ghobadi, 34 ans, diplômé en droit, et Pouya Ghobadi, 32 ans, ingénieur électricien, membres des Unités de résistance dirigées par l’OMPI, ont été pendus. La veille, la même machine de mort avait déjà emporté Ali Akbar Daneshvar Kar et Mohammad Taghavi. Quatre vies fauchées en 48 heures, dans un pays déjà sur le qui-vive face à une attaque extérieure.

Pour un observateur non averti, ces exécutions pourraient passer pour le simple réflexe d’une dictature acculée, en quête de vengeance. Il n’en est rien. Elles représentent quelque chose de plus rare et de plus révélateur : l’aveu d’une défaite idéologique et politique.

L’histoire ne commence pas avec la potence, mais avec une opération que le régime s’est efforcé désespérément de faire comme si elle n’avait jamais eu lieu. Le 23 février, plus de 250 combattants de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) ont pénétré dans le complexe le plus protégé du pays. Ils ont atteint le périmètre de sécurité intérieur entourant la résidence du Guide suprême Ali Khamenei, le Conseil des gardiens, le pouvoir judiciaire et les principales institutions du pouvoir. L’assaut fut sanglant. Outre les pertes du régime, une centaine d’assaillants furent tués, blessés ou capturés. Pourtant, ils avaient accompli l’impossible : des Iraniens, agissant sur le sol iranien, avaient atteint le cœur même du pouvoir.

La réaction du régime a été assourdissante : le silence. Aucun communiqué triomphal, aucune confession télévisée, aucune image triomphale de « terroristes soutenus par l’étranger » écrasés par des gardes héroïques. Même les rares vidéos de réactions de résidents locaux sur les réseaux sociaux ont été censurées. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agissait pas d’un raid mené par des étrangers. C’était une opération de la Résistance iranienne, menée par des hommes et des femmes dont les familles, les amis et les sympathisants vivent en Iran même. La rendre publique aurait été admettre que les lieux les plus sacrés du régime ne sont plus intouchables et que l’ennemi n’est pas aux portes, mais déjà à l’intérieur des murs.

Depuis des décennies, le régime clérical investit des ressources colossales dans l’anéantissement de l’OMPI : exécutions de masse, aveux forcés télévisés, campagnes de propagande fastueuses, armées d’influenceurs rémunérés. Il s’est efforcé de discréditer l’organisation au sein de la société iranienne. Pourtant, l’opération de février, ainsi que le soulèvement de janvier 2026, ont démontré ce que le régime redoutait depuis longtemps : le modèle de résistance organisée et disciplinée de l’OMPI s’est enraciné dans la société iranienne. Aucune manipulation médiatique ne saurait effacer cette réalité, car les noms et les visages des assaillants sont connus de milliers d’Iraniens ordinaires.

Dès lors, le régime s’est tourné vers la seule arme qui lui reste : la potence. Les quatre hommes exécutés cette semaine avaient été arrêtés des années auparavant. Aucun n’était impliqué dans le raid de février. Leur mort n’était pas une justice expéditive ; il s’agissait d’une mise en scène politique destinée à adresser un message clair à une population exaspérée : tout lien organisé avec l’OMPI demeure une ligne rouge. Le régime qui se vante d’arrêter les espions étrangers craint en réalité bien plus une opposition structurée et locale que des manifestations spontanées ou des attentats étrangers.

Voilà pourquoi ces exécutions n’étaient pas une démonstration de force, mais un aveu de faiblesse à contrecœur. L’État clérical aurait souhaité un autre résultat. Il voulait briser ces hommes — les exhiber à la télévision, repentants, implorant le pardon, et les voir retourner auprès de leurs familles comme exemples à ne pas suivre pour la génération suivante.

C’est ainsi que les tyrans gagnent généralement : en transformant la résistance en regret. Mais Babak, Pouya, Ali Akbar et Mohammad ont refusé de se soumettre. À l’instar des 30 000 prisonniers politiques massacrés en 1988, ils sont montés à l’échafaud sans se soumettre. Leurs interrogateurs, qui ne désiraient qu’un simple « oui » de soumission, n’ont reçu qu’un « non » définitif et inflexible.

Dans ce refus réside l’échec le plus profond du régime. Chaque exécution était censée prouver que toute résistance est vaine. Or, ces quatre hommes ont prouvé le contraire : même à l’ombre de l’échafaud, l’idéal d’un Iran libre et démocratique demeure vivant et contagieux. Ils ne sont pas simplement morts. Ils ont anéanti le dernier espoir du régime de convaincre les Iraniens que lutter pour la dignité est vain.

Le régime clérical s’est longtemps présenté comme éternel, d’origine divine, invincible. Pourtant, dans le silence qui a suivi ces pendaisons, le message qui a résonné dans les prisons et les foyers iraniens était celui que le régime redoutait le plus : qu’une opposition déterminée et organisée peut encore atteindre le cœur du pouvoir, et que les Iraniens ordinaires peuvent encore choisir la résistance plutôt que le désespoir.