lundi, novembre 28, 2022
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Editorial : Un meurtrier de masse en tant que président du régime iranien

L’élection d’Ebrahim Raïssi comme président du régime iranien a rapidement suscité une condamnation internationale, car il s’agit d’un meurtrier de masse et auteur de crimes contre l’Humanité. Les titres contenant des qualificatifs comme « boucher”, “monstre », « tortionnaire de femmes enceintes », « criminel odieux » et « meurtrier de masse«  ont dominé la couverture internationale, et nombreux sont ceux qui ont demandé une enquête internationale sur les crimes contre l’Humanité commis par Raïssi. Et ce, dès le premier jour.

Who is Ebrahim Raisi, a candidate in Iran presidential election and an executioner in 1988 massacre

Pourquoi le régime théocratique hisserait-il à la magistrature suprême quelqu’un comme Raïssi, qui attire à juste titre une condamnation internationale et nationale aussi viscérale ?

La décision de Khamenei est le fruit du désespoir d’un régime en fin de vie. Afin de protéger son régime des crises qui s’intensifient et des soulèvements populaires qui se dessinent à l’horizon, il a été contraint à un repli sur soi et une fermeture plus radicale de son régime.

Raïssi est le protégé de Khamenei et lui doit sa vie politique. Après être entré dans l’appareil judiciaire du régime en 1979 en tant que rustre inculte, responsable de meurtres de militants prodémocratie, Raïssi a passé le test ultime de la fidélité au Guide Suprême et à son régime en 1988.

Cette année-là, cet homme alors âgé de 28 ans a été nommé, avec trois autres mollahs, à la tête de la Commission de la mort, responsable de l’exécution d’au moins 30 000 prisonniers politiques à travers tout l’Iran.

Samedi, Amnesty International a déclaré : « Le fait qu’Ebrahim Raïssi ait accédé à la présidence au lieu de faire l’objet d’une enquête pour les crimes contre l’Humanité que sont les meurtres, les disparitions forcées et les actes de torture, rappelle de manière sinistre que l’impunité règne en maître en Iran. »

Lors de sa première conférence de presse post-électorale, Raïssi a été interrogé sur son rôle dans le massacre de 1988. Il a répété sans vergogne que « je devrais être félicité » pour avoir commis le massacre.

Maryam Radjavi, la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a déclaré : « En exprimant sa fierté pour ses crimes passés contre l’Humanité, il est évident que Raïssi a l’intention de les poursuivre dans le futur ».

Khamenei et son régime sont horrifiés par les soulèvements populaires qui se profilent. Un incroyable degré d’indignation sociale imprègne toutes les couches de la société. Depuis 2017, quatre soulèvements importants ont ébranlé le régime.

Toutes les causes de ces soulèvements sont encore actives. L’économie est en ruine et les jeunes sont à la quête de changement.

Les barrières répressives érigées par le régime pour contenir le torrent du désenchantement ne tiennent plus : des fissures apparaissent dangereusement. Et dans l’esprit de Khamenei, Raïssi est la dernière tentative pour se ressaisir et forger de nouvelles lignes de défense contre la colère populaire.

Par son boycott massif de la parodie d’élection, le peuple iranien a montré une fois de plus que son seul vote est le renversement du régime. Le monde doit être solidaire du peuple iranien et de son opposition démocratique organisée qui appelle à une république libre, démocratique, laïque et non nucléaire. L’engagement ou la complaisance avec ce régime meurtrier est aujourd’hui encore plus injustifié et immoral que jamais.

Mais la simple condamnation du sombre passé de Raïssi ne suffit pas. Il n’est qu’un acteur parmi la longue chaîne des criminels qui dirigent l’Iran. Des enquêtes internationales sur le massacre de 1988 doivent enfin être diligentées et, sur cette base, Raïssi et d’autres responsables doivent répondre devant la justice des crimes odieux qu’ils ont commis contre le peuple iranien. Tout autre résultat ne ferait qu’encourager la répression et le crime chez les mollahs.

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