Des parlementaires allemands et des experts des droits de l'homme ces dernières semaines ont tenté de se rendre à Achraf, mais se sont vu refuser des visas
Middle East Times, 21 avril, (UPI) (Extraits) – Un groupe de parlementaires allemands a mis en garde contre une catastrophe humanitaire en Irak si Bagdad fermait un camp où quelque 3500 opposants iraniens vivent depuis une vingtaine d’années.
Des parlementaires allemands et des experts des droits de l'homme ces dernières semaines ont tenté de se rendre à Achraf, mais se sont vu refuser des visas
Middle East Times, 21 avril, (UPI) (Extraits) – Un groupe de parlementaires allemands a mis en garde contre une catastrophe humanitaire en Irak si Bagdad fermait un camp où quelque 3500 opposants iraniens vivent depuis une vingtaine d’années.
« Nous sommes très préoccupés par la situation de la population à Achraf », a dit Hermann-Josef Scharf, un parlementaire conservateur du parti de la chancelière allemande Angela Merkel lundi à Berlin. « Ce qui s'y passe actuellement annonce une catastrophe humanitaire » visant « la destruction de l'opposition iranienne ».
Achraf, une enclave au nord de Bagdad, abrite depuis 23 ans quelque 3500 membres des Moudjahidines du peuple d'Iran, un groupe d'opposition iranien (…).
Les troupes américaines ont assuré la sécurité des résidents d’Achraf, qui ont été désignés comme des «personnes protégées» en vertu des Conventions de Genève, de 2003 jusqu'à la fin de 2008. (…)
Les militaires irakiens ont pris en charge la protection d’Achraf le 1er janvier et les parlementaires allemands, des europarlementaires et plusieurs groupes d'aide internationale ont mis en garde ces dernières semaines contre ce qu'ils disent être une aggravation de la situation humanitaire là-bas.
Amnesty International a déclaré lundi qu'il avait écrit au Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, pour lui demander de clarifier les plans du gouvernement concernant Achraf et de garantir les droits humains de ses habitants.
Bagdad a récemment annoncé vouloir fermer le camp et expulser les résidents vers l'Iran ou un pays tiers. S’ils étaient contraints de retourner en Iran, les membres de l’OMPI seraient maltraités, emprisonnés et condamnés à mort.
Mais, alors que les résidents d’Achraf veulent rester là où ils sont, l'opposition iranienne dit que les autorités irakiennes leur rendent la vie pratiquement intolérable.
L'accès au camp a été limité, comme le carburant, la nourriture et les médicaments qui arrivent avec d'importants retards, a averti un parlementaire néerlandais la semaine dernière.
Des parlementaires allemands et des experts des droits de l'homme ont essayé de s’y rendre ces dernières semaines, mais se sont vu refuser des visas.
« Ils n’ont laissé personne entrer récemment et cela me préoccupe », a déclaré Christian Zimmermann, une militant des droits humains à Berlin.
L'opposition iranienne affirme que les autorités irakiennes s’en prennent au camp en raison de la pression politique qu’exerce Téhéran. Achraf a été longtemps une épine dans le flanc du régime iranien, car elle abrite le groupe d'opposition le plus déterminé.
L’OMPI a été fondée en 1965 en opposition au chah mais a été écrasée par le régime des mollahs qui a pris le pouvoir en 1979. Elle est dirigée par la figure de l’opposition en exil Maryam Radjavi, et elle est considérée comme une organisation terroriste par les États-Unis. Après une longue bataille juridique, elle a été retirée de la liste des organisations terroristes de l'Union européenne en janvier.
Lorsque Bagdad a pris la responsabilité du camp au début de l’année, Téhéran a commencé à réclamer sa fermeture. Le guide suprême iranien Ali Khamenei, lors d'une récente rencontre avec Maliki, l’a exhorté à fermer le camp, sachant qu'il y a plusieurs hommes politiques irakiens liés à l'Iran qui soutiennent ce plan.
Le conseiller irakien à la sécurité nationale Mowaffagh al-Ruba’i dit que les membres de l’OMPI à Achraf sont des criminels qui doivent être expulsés, affirmant qu'ils tentent d'influencer la politique en Irak.
D'autres politiciens, dont le président Jalal Talabani, ont dans le passé déclaré qu’Achraf a le droit de rester en Irak, et Washington aurait reçu des garanties que les membres de l’OMPI ne seraient pas expulsés vers des pays où ils pourraient être persécutés.
Mais Scharf et ses collègues restent préoccupés.
« Le fait qu'ils bouclent Achraf même pour nous les parlementaires, signifie que ce n’est pas Achraf qui a quelque chose à cacher, mais probablement les Irakiens», a déclaré Anette Huebinger, une autre parlementaire conservatrice de Merkel.
Huebinger et Scharf font partie d'un groupe de sept parlementaires allemands, qui ont signé une pétition demandant à Berlin de s'engager dans la diplomatie avec Bagdad pour s’assurer que les résidents d'Achraf sont protégés.
Ils ont aussi dit qu'ils aimeraient voir les militaires américains reprendre le contrôle du camp, mais Washington est susceptible de se tenir à l'écart le plus longtemps possible.
Ce n’est pas pour plaire à Zahra Rafi’i, une expatriée iranienne vivant à Darmstadt en Allemagne de l'Ouest.
Rafi’i s’est rendue à Achraf en 2003, juste après l'invasion, pour rendre visite à sa fille, nièce et neveu. Ils sont toujours là, et la situation actuelle à Achraf la préoccupe.
« En tant que mère, je ne trouve pas de repos », a-t-elle déclaré lundi à Berlin. « Ma fille pourrait avoir une belle vie partout dans le monde, mais elle a décidé de choisir ce chemin caillouteux, de vivre à Achraf, parce qu'elle veut une société libre et démocratique en Iran. »

