mardi, décembre 6, 2022
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Des opposants iraniens bloqués dans un no man’s land

Tom Tancredopar Tom Tancredo*

Le silence d’Obama sur le sort de l’OMPI n’apaisera pas les mollahs

The Washington Times, 7 août – La plupart des Américains n'ont jamais entendu parler du Camp d’Achraf, mais les événements récents au camp de réfugiés nous disent pourquoi la politique étrangère du Président Obama vis-à-vis de l'Iran se dirige vers un naufrage aux proportions catastrophiques.

Le sort des 3.400 opposants iraniens du Camp d’Achraf montre que la politique de complaisance de M. Obama à l'égard des mollahs radicaux de l'Iran a des conséquences dépassant le silence scandaleux de l'Amérique sur l'élection présidentielle truquée. Ces opposants iraniens sont pris dans un no man's land diplomatique qui les met en péril, incapables d'émigrer, et désormais ne sont plus les bienvenus dans un camp établi par les États-Unis en 2003 pour leur protection.

La racine du problème repose dans le refus du Département d'État de retirer les Moudjahidine du peuple de la liste des organisations terroristes. Cette liste les empêche d'obtenir un visa pour les États-Unis et de nombreux autres pays occidentaux.

Même si l’expert en contre-terrorisme du Département d'Etat Dell L. Dailey, a recommandé la radiation du groupe en 2008, la secrétaire d'État Condoleezza Rice a annulé cette décision. Le Département d'État de M. Obama a poursuivi cette politique erronée obéissant à la stratégie de complaisance avec les mollahs au nom de la « l’engagement » et de nouvelles ouvertures diplomatiques.

Au début de 2009, l'armée américaine a remis à l'Irak la responsabilité de la protection du camp d’Achraf, malgré le fait que l'accord écrit de 2003 avec les résidents d'Achraf précisait que les États-Unis les protégeraient jusqu'à ce que leur statut définitif en Irak soit décidé.

Le 28 juillet, les forces de sécurité irakiennes ont envahi le camp d’Achraf, sous prétexte d’y créer d'un poste de police dans le camp. Cette intervention des Irakiens a été saluée par les mollahs iraniens, qui veulent démanteler le camp et envoyer les dissidents en Iran où ils seront arrêtés et emprisonnés.

Le Département d'Etat américain n'a pas encore condamné le raid, mais s’est arrangé pour qu’une équipe médicale de l'armée américaine se rende dans le camp pour aider plus de 450 personnes blessées dans le raid de la police. Ce geste est un pâle réconfort pour les familles des 12 résidents iraniens tués par les forces irakiennes dans la mêlée qui a suivie l’entrée de la police dans le camp.

Human Rights Watch a appelé à une enquête impartiale sur l’action de la police irakienne. Les vidéos de l’attaque du 28 juillet montrent non seulement la police brandissant des matraques et des canons à eau, mais aussi des barres de fer dans son assaut contre les résidents non armés. Les Humvees militaires ont renversé des manifestants blessés. Les résidents affirment en outre que deux personnes au moins ont été tués par des snipers. Les forces de sécurité irakiennes ont empêché les journalistes de pénétrer dans le camp pour interroger les résidents.

Des observateurs indépendants savent que l'action du 28 juillet n'est pas un incident isolé, car elle intervient à la suite de déclarations répétées du gouvernement irakien de son intention de démanteler le camp et d’en expulser ses habitants. Ces déclarations sont contraires à l'accord signé avec les États-Unis garantissant la sécurité des réfugiés.

L'Irak est également partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui interdit le retour forcé des réfugiés politiques qui risquent la torture ou des peines cruelles. Mais où peuvent-ils aller si les États-Unis continuent de les classer comme terroristes ?

En quoi cela pose-t-il problème ? Les 3400 opposants iraniens pro-démocratie du Camp d’Achraf sont considérés comme indésirables et laissés à la merci des forces de vengeresses irakiennes. Pendant ce temps, des milliers de réfugiés pro-Hamas de la bande de Gaza, qui, il y a moins d'un an, lançaient des pierres et tiraient des missiles sur Israël, sont accueillis aux États-Unis par la Secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton pour « des raisons humanitaires ».

La Grande-Bretagne et l'Union européenne, l’an dernier, ont retiré les Moudjahidine du peuple de la liste des organisations terroristes. Il est temps que les Etats-Unis leur emboîtent le pas au lieu d'utiliser les résidents du camp d’Achraf comme des pions dans un jeu diplomatique.

Le changement est logique d'un point de vue humanitaire, car il donne aux résidents du camp d’Achraf un nouveau statut en Irak et ouvre de nouvelles possibilités et options en vue de leur réinstallation. Tout aussi important, le changement d’orientation politique, parce que les mollahs iraniens ont besoin de voir de la cohérence et du réalisme dans la politique américaine en direction des dissidents iraniens.

Les États-Unis ne peuvent avec crédibilité dénoncer les mauvais traitements infligés à des manifestants dans les rues de Téhéran, tout en faisant preuve de mépris cynique pour le sort des opposants dans des camps de réfugiés sous le contrôle de nos propres alliés. Toute proposition comme quoi on peut faire confiance aux mollahs – qui osent truquer des élections et tirer sur les manifestants pour rester au pouvoir – pour respecter des accords négociés de ne pas construire des armes nucléaires est naïf jusqu’à la bêtise.

Il s'agit d'un cas où les intérêts du réalisme diplomatique et les impératifs de la morale soutiennent la même politique : Si M. Obama veut vraiment faire venir les mollahs à la table des négociations pour la question des armes nucléaires, il a besoin de changer de cap et de commencer à donner un soutien fort et vocal à tous les opposants iraniens.

Les États-Unis doivent envoyer aux mollahs radicaux à Téhéran un message fort et cohérent : Les États-Unis de ne doivent pas trahir les droits des dissidents qui ne recherchent que la démocratie et la fin de la répression en Iran. Ce n'est que lorsque l'Iran commencera à reconnaître et à respecter les droits de ses propres citoyens que l’on pourra faire confiance à ses dirigeants pour négocier de bonne foi sur des questions d'intérêt international.

* Tom Tancredo est un ancien membre du Colorado de la commission des affaires étrangères de la Chambre, pendant cinq termes au Congrès. Il est actuellement le président de la Fondation Rocky Mountain. 

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