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Des experts des Nations Unies demandent à l’Iran d’arrêter d’intimider les journalistes

Des experts des Nations Unies demandent à l’Iran d’arrêter d’intimider les journalistes juste avant les élections parlementaires

Des experts des Nations Unies demandent à l’Iran d’arrêter d’intimider les journalistes juste avant les élections parlementaires

GENÈVE (11 novembre 2015) – Les autorités iraniennes doivent cesser d’arrêter, de poursuivre et de harceler les journalistes et les cyber-activistes, et laisser la liberté d’expression avoir cours sans danger alors que le pays se prépare pour des élections parlementaires à venir au début de l’année prochaine, ont affirmé aujourd’hui des experts des droits de l’homme de l’ONU.

« L’intimidation croissante des journalistes entrave leur possibilité de travailler librement dans le pays », a déclaré Ahmed Shaheed, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur l’Iran. Il a affirmé que ces derniers jours, des officiels de la sécurité et des renseignements iraniens ont arrêté un certain nombre de journalistes dans ce qui a semblé être une nouvelle vague de mesures répressives envers la liberté d’expression et les médias.

L’arrestation le 2 novembre de cinq journalistes, y compris Afarine Chitsaz, Ehssan Mazandarani, Saman Safarzai, et Issa Saharkhiz, par des membres des unités de renseignement des pasdarans en civil, s’est révélée particulièrement inquiétante, a affirmé M. Shaheed.

Selon certaines informations de la télévision d’État et les rapports des médias iraniens, les journalistes arrêtés sont soupçonnés d’appartenir à un réseau d’infiltration cherchant à influencer l’opinion publique et à saper la République Islamique pour le compte de gouvernements occidentaux. Il a également été affirmé que plus d’une dizaine d’autres journalistes et d’activistes des médias sociaux ont été convoqués pour être interrogés par les autorités.

L’Iran possède l’un des chiffres les plus élevés de journalistes et d’activistes sociaux en détention dans le monde. Selon les chiffres d’avril 2015, au moins 45 d’entre eux étaient détenus pour des activités pacifiques.

« Le gouvernement iranien ne devrait pas réduire au silence des voix critiques ou contestataires sous couvert de vagues et inconsistants problèmes de sécurité », a affirmé M. Shaheed. En tant qu’État partie du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’Iran a le devoir international de permettre et de protéger le droit à la liberté de la presse et l’accès à l’information, a-t-il souligné.

« La liberté d’expression est centrale pour garantir des processus politiques transparents, libres et équitables. Finalement, les processus démocratiques ne sont plus viables si les professionnels des médias et les activistes ne peuvent pas remplir leur rôle vital en toute sécurité », a affirmé David Kaye, Rapporteur Spécial sur le droit à la liberté d’opinion et d’expression.

Le moment choisi pour l’augmentation des détentions et du harcèlement des journalistes est particulièrement inquiétant, a affirmé M. Kaye, puisque le pays se prépare à des élections parlementaires en février 2016.

« La participation du public dans tout processus électoral est pratiquement impossible si les médias et la société civile sont si fréquemment touchés par des arrestations et des poursuites. Malheureusement, ce n’est pas une préoccupation nouvelle ; des inquiétudes similaires avaient été exprimées par les experts de l’ONU concernant l’arrestation de journalistes juste avant les élections iraniennes de 2013 », a affirmé M. Kaye.
Les autorités iraniennes devraient inverser cette tendance et garantir rapidement « un plus grand espace de liberté des échanges et des idées pendant cette période préparatoire des élections », a-t-il ajouté.

Les experts des droits de l’homme ont prié le gouvernement iranien de libérer tous les journalistes, y compris Jason Rezaian, arrêtés arbitrairement et illégalement alors qu’ils exerçaient pacifiquement leurs droits fondamentaux.