lundi, décembre 5, 2022
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D’autres alternatives sont possibles à la position actuelle vis-à-vis de l’Iran (député français)

Pascal Terrasse et Maryam Radjavi, colloque parlementaire, 7 juin 2006, ParisCNRI – Le député de l’Ardèche, Pascal Terrasse présidait le 7 juin à Paris un colloque parlementaire sur le changement démocratique en Iran. Il avait pour cela réuni de nombreux parlementaires de tout l’éventail politique et des personnalités de premier plan comme Edith Cresson, ancien Premier ministre, et Maryam Radjavi, présidente de la République élue du CNRI. Il insiste dans son discours sur l’alternative iranienne qui s’offre à la crise nucléaire :

Je tiens en préambule à remercier l’ensemble de celles et ceux qui ont contribué à l’organisation de cette journée. Je remercie également les parlementaires qui ont fait l’effort de venir ici ce matin. On sait combien leur emploi du temps est particulièrement chargé.

A cet égard je constate avec soulagement que la gravité de la situation iranienne actuelle mobilise largement au-delà des clivages partisans et comme cela a été rappelé dans la brève rencontre que nous avons eu avec Mme Edith cresson et Mme Radjavi il y a un instant, tous les courants, toutes les tendances politiques de l’échiquier national sont aujourd’hui présents ou le seront.

Je tiens également à remercier et à saluer les personnalités présentes et les membres de la communauté iranienne en exil, vous êtes nombreux ici dans cette salle, au premier rang desquels évidemment Maryam Radjavi qui honore notre rencontre de sa présence.

C’est avec un sentiment contrasté, mêlant inquiétude et espoir que nous nous retrouvons donc ici aujourd’hui. Inquiétude car le sujet du nucléaire iranien, notamment la menace que la détention prochaine de l’arme atomique par le régime en place fait peser sur nos relations internationales est de plus en plus préoccupante, et ce aussi bien pour les gouvernements que pour les élus, voire même pour nos concitoyens.

Pas un jour ne se passe sans que les médias ne relatent l’évolution des négociations et les risques d’une déstabilisation de cette région. Aujourd’hui chacun se pose des questions sur les perspectives et les solutions à envisager vis-à-vis de l’Iran. Espoir, et vous en êtes la preuve évidement concrète, car nous sommes de plus en plus nombreux à penser que d’autres alternatives à la posture actuelle à l’égard de Téhéran sont possibles. En la matière, toute perspective permettant au peuple iranien d’accéder à un régime démocratique mérite évidemment d’être étudiée. Nous élus, nous pouvons faire bouger les choses en informant des enjeux complexes et les différentes options qui se posent dans ce dossier.

Face à ce constat, où en sommes-nous précisément aujourd’hui et que devons-nous espérer de cette rencontre ? Tous s’accordent à reconnaître la nature dictatoriale du régime iranien actuel et tous dénoncent le non respect par ce gouvernement des engagements internationaux dans le domaine du nucléaire. Mais le blocage des discussions, notamment le conseil de sécurité de l’ONU, profite avant tout aux dirigeants iraniens qui ont besoin de temps pour mettre au point l’arme nucléaire. Par ailleurs, la situation de droits de l’homme en Iran devient de plus en plus alarmante : pendaisons publiques, répression des protestations – il y en a eu encore le premier mai dernier – et des journalistes, discrimination à l’égard des femmes ou des minorités ethniques ou encore religieuses.

L’importance du dossier nucléaire ne doit donc pas éclipser les exactions commises contre le peuple iranien, qui est, ne l’oublions pas, la première victime de cette situation.

De plus, les récentes déclarations inadmissibles de M. Ahmadinejad, à l’encontre d’Israël, l’opposition de ce dernier à tout processus de paix au Proche-Orient, ainsi que la situation irakienne constituent d’autres sources d’inquiétude pour la stabilité et la paix dans cette région.

Le problème iranien, vous l’aurez compris, est multiforme. Economique au regard des ressources importantes de ce pays que vous connaissez tous. Démocratique encore, puisque la population iranienne est muselée. Diplomatique et politique à la fin, car la volonté internationale ne pourra aboutir qu’en s’appuyant sur une participation du peuple iranien à la résolution de la situation.

Nous le savons, l’Iran est un grand pays qui pose aujourd’hui problème. Mais c’est aussi de ce pays que viendra une partie des réponses à la crise. C’est pourquoi nous avons souhaité inviter à ce jour Mme Maryam Radjavi qui symbolise l’opposition au régime actuel et dont nous espérons qu’elle nous fera profiter de son éclairage et bien évidement de ses propositions. Ses idées dont l’objet d’une attention toujours plus grande sur le plan européen. Que ce soit évidemment au sein du Parlement européen, ou encore au sein du Conseil de l’Europe.

Le débat qui nous réunit aujourd’hui doit nous permettre d’appréhender le cas iranien à l’aune de nouvelles considérations. Face à des obstacles bien connus et au-delà des réponses traditionnelles, une troisième voie semble aujourd’hui s’esquisser. Nous l’observons quotidiennement. Les négociations avec le régime iranien ne sont plus suffisantes. Une intervention militaire contre ce même régime risquerait de souder le peuple iranien contre ceux qu’il considérerait  comme une agression internationale. Ne reproduisons pas le cas de l’Irak.

C’est ce qu’attendent les dirigeants iraniens pour asseoir encore davantage leur domination sur la population en jouant la fibre nationaliste.

La troisième voie réside ailleurs. Elle pourrait s’inspirer notamment de l’exemple sud africain qui a conduit à l’effondrement du régime d’Apartheid. Elle consiste principalement à un soutien fort aux forces démocratiques intérieures afin que le changement ne se fasse pas au détriment, mais au profit du peuple iranien.

Mais par souci de brièveté, afin que chacun puisse s’exprimer, je laisserai à Maryam Radjavi, le soin de développer les arguments qui plaident en la faveur d’une telle solution. En tout état de cause la situation iranienne ne pourra perdurer encore longtemps. Il est de notre devoir à tous d’œuvrer afin qu’un régime démocratique et stable puisse voir le jour. Il est temps que le peuple iranien puisse s’exprimer et sortir d’une impasse économique, sociale, politique et diplomatique dont il fait les frais depuis maintenant bien trop longtemps.

Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs

Je souhaite que les échanges de cette matinée contribuent bien évidement à l’évolution de la question iranienne et que nous puissions nous faire l’ écho au travers d’une mobilisation des souffrances et des aspirations démocratiques des iraniens et des iraniennes.
Je vous remercie

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