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Cinq ans après le massacre d’opposants iraniens en juillet 2009 au camp d’Achraf

le massacre au camp d'Achraf en Juillet 28-29, 2009 CNRI – Les 28 et 29 juillet 2009, les forces irakiennes ont pris d’assaut le camp d’Achraf et tué onze habitants sans défense alors que les forces américaines étaient encore présentes et se contentaient d’observer les événements. Au cours de cette attaque, les forces irakiennes ont enlevé 36 habitants.

Ce n’est qu’après 72 jours de grève de la faim des otages, de centaines d’Achrafiens et d’Iraniens à travers le monde que le gouvernement irakien a été contraint de libérer les otages, qui étaient à deux doigts de la mort.

Dans son rapport sur la situation des droits de l’homme en Iraq en 2010, Amnesty International écrivait que des « images vidéos montrent des forces de sécurité irakiennes dirigeaient délibérément des véhicules militaires sur des foules de protestataires du camp. Tirant à balles réelles, les forces de sécurité auraient tué au moins neuf habitants du camp, et détenu 36 autres qu’ils ont torturés ».

On peut lire dans un article publié le 28 avril 2014 dans le Wisconsin State Journal intitulé «Garde nationale d’Etat, le déploiement en Irak, 5 ans plus tard » : « Une unité de [militaire américain du Wisconsin] a été forcée de regarder, impuissante, tandis que 11 réfugiés iraniens qui avaient été sous leur protection étaient tués par des soldats irakiens ayant pris d’assaut le camp à coups de feu et de matraques. L’incident de juillet 2009 au camp d’Achraf a été condamné par Amnesty International. »
 
«Nos gars ont essayé d’intervenir pour l’arrêter et on leur a dit qu’ils ne le pouvaient pas », a déclaré le major Michael Hanson, directeur adjoint de la Division des services de soutien. Le commandant de l’unité, le capitaine Andrew Weiler, n’était pas à l’aise pour discuter de l’incident ou de son impact sur ses troupes, a déclaré le porte-parole de la Garde d’Etat le Premier lieutenant Joe Trovato.
 
Un reportage de Fox News datant du 24 août 2009, montre une soldate américaine « enregistrant l’attaque par les forces de sécurité sur les habitants sans défense du camp d’Achraf. Ensuite, lorsque les habitants sont arrivés à la rescousse, elle est montée dans un véhicule avec un autre soldat et elle est partie. Ainsi de nombreuses personnes au camp d’Achraf et de nombreuses organisations de défense des droits humains disent que les États-Unis ne font pas ce qu’ils sont censé faire en termes de protection de cette communauté. »

L’attaque s’est déroulée après que l’administration Obama ait transféré la sécurité du camp aux forces irakiennes. Les habitants du camp ont mis en garde les Etats-Unis contre cette façon de faire. Ils pressentaient que charger le gouvernement irakien de la protection du camp aurait de graves répercussions sur leur sécurité, en raison des liens profonds et de l’alliance entre le Premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, et le régime iranien, ennemi juré des Achrafiens.

Le gouvernement américain a ignoré leurs préoccupations et les laissant à la merci du meilleur allié du régime iranien dans la région, et déclaré que le gouvernement irakien avait donné des assurances sur la sécurité du camp. Il a suffit de quelques mois pour démontrer la vacuité de ces promesses.

Moins de deux ans après, en avril 2011, les forces de Maliki ont attaqué Achraf une seconde fois, utilisant largement des armes à feu et des véhicules blindés pour abattre et écraser les habitants. Ce raid de plusieurs heures a fait 36 morts, dont 8 femmes, et plus de 350 blessés.
 
Alors que 2011 touchait à sa fin, les États-Unis et l’ONU ont exhorté les Achrafiens à partir au Camp Liberty à Bagdad, faisant valoir qu’ils seraient épargnés par davantage d’effusion de sang et rapidement transférés vers des pays tiers. Pourtant, quatre attaques à la roquette sur le camp Liberty ont encore fait des dizaines de morts et des centaines de blessés.

En même temps que la réinstallation à Liberty en 2012, il a été convenu entre les États-Unis, l’ONU, le gouvernement irakien, et les habitants eux-mêmes qu’une centaine d’habitants resteraient au camp d’Achraf pour négocier la vente des biens. Les États-Unis et l’ONU avaient donné des garanties pour la sécurité de cette centaine de personnes.

Une année s’est écoulée, et le gouvernement irakien n’a pas permis aux habitants de vendre un seul dollar de leurs biens, causant des obstructions et persécutant les habitants à chaque étape du chemin. Durant cette période, les États-Unis et des Nations Unies ont légitimées les mesures illégales du Premier ministre al-Maliki contre les habitants d’Achraf par leur silence et de l’inaction.

A l’aube du 1er septembre 2013, la centaine d’Achrafiens restant a été la cible d’une troisième attaque. Les forces spéciales de Nouri al-Maliki ont fait irruption avec le plein accord et la coopération des forces soi-disant en charge de la protection du camp. Les soldats ont détruit les biens et sauvagement assassinés 52 habitants. Beaucoup ont reçu une balle dans la tête, les mains attachées dans le dos. Les assaillants ont enlevé sept autres personnes, dont six femmes, sur lesquelles aucune information n’a percé depuis.

Les gouvernements occidentaux ont condamné cette attaque, mais en dépit des appels internationaux répétés à l’ouverture d’une enquête impartiale sur l’horrible massacre du 1er septembre, aucune mesure n’a été prise à ce jour.

Le Camp Liberty s’est avéré être tout sauf un abri sûr pour les réfugiés. Il a été la cible de roquettes à quatre reprises, la dernière fois le 26 décembre 2013. Pendant ce temps, les forces irakiennes se sont abstenues de prendre la moindre mesure pour assurer la sécurité du camp. La menace de nouvelles attaques continue de planer sur le camp.

Le camp Liberty est sous un blocus total des forces irakiennes, et le gouvernement irakien interfère et provoque des obstructions dans tous les aspects de la vie quotidienne.

Compte tenu des troubles en Irak, l’hostilité ouverte du gouvernement irakien contre les habitants du camp et les aspirations de Téhéran à éliminer son opposition, il est évident que la situation de ces 3.000 réfugiés ne fera que s’aggraver dans le prochains mois.

D’autres catastrophes humanitaires arriveront à coup sûr si l’ONU et le gouvernement américain ne prennent des mesures pour assurer la sécurité des habitants et mettre fin au siège croissant que le gouvernement irakien leur impose.