mardi, février 7, 2023
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C’est une erreur de taxer l’OMPI de terrorisme

Par Lord Peter Fraser

The Hill, 29 mars – En tant que membre du corps législatif du Royaume Uni dans les deux Chambres ces 30 dernières années, je me suis intéressé à l’Iran, et j’en ai observé minutieusement l’évolution. Connaissant  beaucoup de Britanniques d’origine iranienne, des cercles et des groupes iraniens, j’ai également appris à connaître l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) que l’on appelle également aux Etats-Unis les Moudjahidine-e-Khalq (MEK).

J’ai trouvé que les partisans de l’OMPI étaient les plus actifs, les plus organisés et les plus dédiés à la quête de la liberté et de la démocratie pour leur pays et leur peuple. Cela peut paraître bizarre de souligner qu’ils sont épris de liberté et de démocratie, mais les mollahs de Téhéran ont à plusieurs reprises cherché à faire croire le contraire.

Je suis avec beaucoup d’intérêt la révision en cours de la désignation de l’OMPI comme organisation terroriste étrangère par la Secrétaire d’Etat, demandée par la Cour d’appel fédérale en juillet 2010. Bien que le processus de révision soit certainement une question concernant Washington, il a des implications beaucoup plus larges. L’enjeu est donc de taille.

Premièrement, le respect de l’état de droit dans les démocraties, et en particulier  l’image et la crédibilité des États-Unis. Deuxièmement, la politique concernant l’Iran qui représente la plus grave menace contre la paix et la stabilité mondiales. Dans ces circonstances, le processus de révision est suivi avec un grand intérêt en Europe.

J’ai souvent lu beaucoup de choses sur l’OMPI venant de tous les bords de l’histoire au fil des ans, de ceux qui les approuvent comme de ceux qui s’y opposent, et inutile de le dire, j’ai souvent été en contact avec le Foreign Office du Royaume-Uni pour discuter du statut approprié de l’OMPI.

À l’époque où l’OMPI était proscrite au Royaume-Uni, un groupe de 35 parlementaires, dont un ancien Law Lord, un ancien ministre de l’Intérieur, deux anciens Avocats généraux et moi-même, avons entrepris une action légale contre notre ministre de l’Intérieur qui avait refusé notre demande de réhabilitation de l’OMPI (Lords Alton & autres contre le ministre de l’Intérieur).

Au tribunal, dans un premier temps, on nous a dit que l’affaire était classifiée. Mais lorsque les documents ont finalement été rendus publics par décision du tribunal après une longue bataille, tout ce que nous avons trouvé dans le dossier de l’OMPI était des balivernes fabriquées et des éléments de désinformation fournis par les mollahs et leur ministère du Renseignement, rien n’étant recevable devant le tribunal.

Enfin après une longue bataille avec un gouvernement britannique sévèrement critiqué par les tribunaux, notre gouvernement a dû radier l’OMPI de la liste et on lui a ordonné de constituer un dossier pour l’Union européenne qui devait aussi radier l’organisation de la liste. La sortie de liste de l’UE a suivi peu après.

Alors que nous parvenions à la phase finale où nous aurions pu remporter l’affaire avec succès, nous avons été bombardés de publicités négatives contre le groupe disant entre autres, que l’OMPI était une secte de culte de la personnalité, impopulaire parmi les Iraniens à l’intérieur du pays. En fait il y avait tellement de mauvaises publicités que c’était à se demander : pourquoi s’embêter avec tant de travail et d’énergie pour l’isoler à l’extérieur du pays et pourquoi autant de ses membres, qui se comptent en dizaines de milliers, ont-il été emprisonnés, torturés et exécutés par les mollahs au fil des ans, s’il s’agit d’une secte aussi impopulaire et détestée?
Ce qui m’a poussé à écrire ceci, c’est que je regrette d’assister au développement d’un courant similaire aux Etats-Unis.

Tandis qu’une Cour d’Appel aux  Etats-Unis a exhorté la Secrétaire d’Etat Clinton à réviser le dossier et à permettre à l’OMPI de répondre aux allégations portées contre elle, tandis qu’un nombre croissant d’éminents décideurs politiques américains et d’experts de la sécurité nationale et du terrorisme réclament instamment la radiation de l’OMPI, la même publicité négative a commencé à déborder des blogs ou des sites internet, essayant de ternir l’image de l’OMPI et d’empêcher la radiation du groupe.

Il a fallu une coalition bipartite pour radier l’OMPI de la liste britannique puisqu’il y avait un consensus sur  le fait que la démarche était juste et politiquement légitime. Ces  derniers mois, une coalition impressionnante s’est également formée aux Etats-Unis qui compte des membres du Congrès des deux bords ainsi que d’anciens responsables comme le général James Jones, le général Hugh Shelton, le général Peter Pace, le gouverneur Bill Richardson, le gouverneur Howard Dean, l’ambassadeur John Bolton, le maire Rudy Giuliani, le gouverneur Tom Ridge, l’ambassadeur Dell Dailey, James Woolsey et Louis Freeh, ancien directeur du FBI.

Les mollahs de Téhéran essayent de jeter de la boue sur l’OMPI par des allégations mensongères. Nous sommes passés par le même processus et savons que c’est une tactique traditionnelle venant d’Iran.
La source et les intentions de ces voix sont claires pour tout observateur objectif. Ils veulent que continue leur vieille politique qui a échouée : lier les mains du mouvement principal et le plus important de l’opposition pour ne laisser personne sur le terrain qui ne puisse s’opposer aux concessions faites aux mollahs et à leurs ambitions intégristes malfaisantes.

Un changement doit se produire ; un changement qui apportera à l’Iran la liberté, la sécurité, la paix et la stabilité dans la région et dans le monde. L’OMPI et ses alliés sont tout à fait aptes à apporter ce changement pacifique. Comme les éminents Américains qui reconnaissent la menace, nous ne voulons rien de plus que nous retirer et laisser l’Iran décider de son avenir juste, libre et démocratique.
 
Rt. Hon. Lord Frase de Camyllie QC, membre de la Chambre des Lords du Royaume Uni, est un ancien avocat général et Lord Avocat d’Ecosse.