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Centaine de morts dont plus de 32 enfants: Condamnations internationales après le massacre de Houla en Syrie

AFP – 27.05.2012 – Les condamnations se sont multipliées samedi au lendemain du massacre à Houla, où les observateurs de l’ONU ont compté une centaine de morts dont plus de 32 enfants, le secrétaire général des Nations unies accusant Damas de violer le droit international et ses engagements.

Paris, Londres et Berlin ont également dénoncé cette tuerie, sans toutefois relever l’appel lancé par l’Armée syrienne libre (ASL), composée en majorité de déserteurs, à mener des « raids aériens » contre le régime de Bachar Al Assad.

La secrétaire d’état américaine Hillary Clinton a condamné samedi l' »atrocité » du massacre et déclaré que Washington travaillerait avec ses alliés pour accroître la pression sur le président Bashar Al Assad et ses « affidés », affirmant que leur « gouvernement par le meurtre et la peur devait se terminer ». Mme Clinton a également affirmé que « ceux qui ont perpétré cette atrocité doivent être identifiés et doivent en rendre compte ».

L’opposition a accusé le pouvoir d’avoir commis ce massacre qui aurait fait, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 114 morts, dont 32 enfants.

LES OBSERVATEURS CONFIRMENT L’USAGE DE CHARS

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et l’émissaire Kofi Annan, qui doit se rendre en Syrie en début de semaine, ont condamné « dans les termes les plus forts la mort, confirmée par les observateurs de l’ONU, de dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants » à Houla, dans le centre de la Syrie, a indiqué Martin Nesirky, porte-parole de M. Ban.

« Ce crime révoltant et terrible, dans lequel la force a été utilisée de manière aveugle et disproportionnée, est une violation flagrante du droit international et des engagements pris par le gouvernement syrien de cesser son recours aux armes lourdes dans les villes et la violence quelle qu’elle soit », ont encore estimé MM. Ban et Annan, ajoutant que « les auteurs de ces crimes doivent être jugés ». Le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, est attendu en Syrie lundi.

A Damas, le général Robert Mood, chef des observateurs, a également condamné « la tragédie brutale » et affirmé que les observateurs avaient compté plus de 92 morts, dont 32 enfants de moins de 10 ans, ajoutant que des équipes poursuivaient le décompte sur place.

L’agence officielle Sana a accusé des « groupes terroristes armés » d’avoir « incendié et fait exploser vendredi soir des maisons (…) afin de faire croire que les forces armées syriennes bombardaient la région ».

Selon l’OSDH, les bombardements ont débuté vendredi midi à la périphérie de Houla et se sont poursuivis jusqu’à samedi à l’aube. Le général Mood n’a pas désigné de responsables mais a souligné que « les observateurs ont confirmé (…) l’usage d’artillerie tirée depuis des chars ». L’ASL est essentiellement composée de militaires qui désertent avec leurs armes légères, tandis que les chars de l’armée sont toujours déployés dans les villes en violation du plan Annan censé mettre fin aux violences.

Mettant en garde contre une « guerre civile », le général Mood a appelé le gouvernement « à ne plus utiliser d’arme lourde » et à « cesser de recourir à la violence », exhortant également « l’opposition à s’abstenir d’utiliser la violence » afin de parvenir à une « solution politique ».

Les autorités syriennes ont démenti dimanche toute responsabilité dans le massacre. »Des femmes, des enfants et des vieillards ont été abattus. Ce ne sont pas là les signes de l’héroïque armée syrienne », a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Jihad Makdesi.

« LE PLAN ANNAN IRA EN ENFER »

De son côté, l’ASL a estimé n’être plus tenue par son engagement au plan Annan, un mois et demi après avoir accepté un cessez-le-feu prévu par ce plan, techniquement entré en vigueur le 12 avril mais constamment ignoré depuis. « A moins que le Conseil de sécurité de l’ONU ne prenne des décisions d’urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer », a affirmé l’ASL.

Le chef démissionnaire du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, a appelé le peuple syrien au combat, dimanche depuis Istamboul, si la communauté internationale ne décide pas d’intervenir « sous le Chapitre VII » de la Charte de l’ONU, permettant notamment l’usage de la force. Auparavant, le général Moustapha al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l’ASL, avait demandé la formation d’une alliance militaire internationale, « hors du Conseil de sécurité de l’ONU, pour mener des raids aériens ciblés contre les gangs d’Assad ».

Ailleurs en Syrie, les violences ont fait samedi 20 morts, dont cinq soldats, selon l’OSDH, qui a fait état de nombreuses manifestations dénonçant le massacre de Houla. Plus de 13 000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences depuis mars 2011, selon l’OSDH.

 

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