samedi, novembre 26, 2022
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Ce qui se passe en Iran est une révolution populaire (Al-Ahram)

Mohammad MohadessinePar Nejat Abdolnaim à Paris

Al-Ahram (Egypte), 28 janvier, (extraits) – Al-Ahram a interrogé à Paris Mohammad Mohadessine, président de la commission des Affaires étrangères du CNRI, pour connaître son analyse des troubles en Iran, ainsi que les conséquences du projet nucléaire et de ses menaces dans la région.

Question : Vivons-nous une nouvelle révolution ou un coup d’Etat inévitable contre l'Etat ?

Réponse : Ce qui se passe n'est pas un coup d'État. Nous vivons une révolution et un soulèvement populaire pour instaurer la démocratie, qui a surmonté tous les outils de répression et de domination brutale.

Question : De toute évidence, le soulèvement en Iran échappe à tout contrôle, ce qui a poussé [le guide suprême des mollahs Ali] Khamenei à relancer le comité de la mort et à créer une atmosphère de peur. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Réponse : Le comité de la mort remonte à 1988 quand il a opéré un massacre sur ordre de Khomeiny. Aujourd’hui, Khamenei lui a donné une nouvelle mission pour lutter contre l'insurrection. Dans les déclarations de Khamenei il y a plusieurs jours, figurent des ordres donnés à l’appareil judiciaire et de sécurité pour agir avec fermeté face aux manifestations dans le pays. Le comité est également chargé de l'éradication des militants politiques. Les membres du comité ont dit que même le fait de jeter une pierre contre les forces de Sécurité de l’Etat était considéré comme un acte de guerre contre Dieu (Moharebeh), passible de la peine de mort. Les gens dans le pays nous demandent de l'aide et nous considérons comme une nécessité d’amener les médias étrangers à l’intérieur. C'est pourquoi nous avons décidé de communiquer ce message et d’appeler à aider notre peuple par l'intermédiaire du groupe de premier plan Al-Ahram pour lequel nous avons une grande estime vu sa position impartiale et sa couverture neutre des événements en Iran. Nous espérons être en mesure d’empêcher un nouveau massacre.

Question : Si vous n'êtes pas prêt à accepter la libération de l'Iran par la force militaire, qu’attendez-vous de la France et d'autres puissances ?

Réponse : Nous demandons aux pays européens dont la France de cesser leurs relations économiques, politiques et autres avec le régime iranien … Malgré la fermeté adoptée par la France contre le régime, cette position n'a pas évolué au niveau de rupture des liens avec le gouvernement iranien.

Question : L'Iran affirme que son programme nucléaire a des fins pacifiques. Mais certains membres de la région considèrent que la menace et un facteur de déstabilisation qui pourrait menacer leur intégrité territoriale. Qu’en pensez-vous ?

Réponse : En 2002, la Résistance iranienne a dévoilé les projets clandestins nucléaires du régime, dont les composantes majeures étaient dans les deux villes de Natanz et d’Arak. Le monde ignorait ces projets, même la CIA et le Mossad. Nous avons obtenu les informations de nos propres sources spécifiques à l'intérieur Iran. Nous, les Iraniens, nous n’avons pas besoin d'armes nucléaires. Mais le régime en a besoin pour imposer son hégémonie sur ses zones d'influence et s’ingérer dans la région. Sa quête de l’arme nucléaire doit lui servir aussi à rester au pouvoir en Iran. Puisque que le régime n'a aucun soutien du peuple, il doit pouvoir compter sur une arme nucléaire pour faire progresser son ingérence et en même temps résister aux pressions internationales. Le régime a jusqu'à présent réussi à atteindre un grand nombre de pays arabes et il est fort regrettable qu'en raison de la politique de complaisance et du temps qui lui a été offert, le régime soit maintenant sur le point de se doter d’une arme nucléaire. A présent, le monde est confronté à deux options en ce qui concerne l'Iran : soit accepter un Iran doté de l'arme nucléaire, qui aboutira à un rapport de force incroyablement dangereux, ou changer totalement de régime, une option qui est désormais plus accessible. Il est impératif pour les pays arabes et européens de rester neutres dans leur choix entre le régime et la Résistance iranienne.

Question : Téhéran accuse les Etats-Unis et Israël d’avoir l'assassiner le physicien nucléaire iranien Massoud Ali Mohammadi. Que pouvez-vous dire à ce propos ?

Réponse : Le régime a pour habitude de blâmer les États-Unis et Israël pour tout et les histoires ridicules qu’il fabrique. Mais, nous disposons d’informations à l'intérieur du régime iranien indiquant qu’il cache certains aspects de cette affaire. Les faits montrent qu’il a délibérément mis en scène l'événement et qu’il poursuit des objectifs spécifiques par ce biais. Les proches du chercheur assassiné Massoud Ali Mohammadi confirment qu'il a parlé à ses étudiants à plusieurs reprises de ses intentions de quitter l'Iran et qu'il n’était pas satisfait du régime et de sa politique. Peut-être cela signifie que le régime n'est pas totalement innocent dans cette affaire.

Question : Quelle est votre position concernant l'opposition iranienne et reconnaissez-vous Mir Hossein Moussavi ?

Réponse : Lorsque le soulèvement populaire a commencé, notre résistance a déclaré à maintes reprises que dans la mesure où M. Moussavi se prononçait contre le principe du pouvoir religieux absolu et dans la mesure de la distance qu’il prend avec le régime et Khamenei, nous lui souhaitions la bienvenue. [Le dirigeant de la Résistance iranienne] M. Massoud Radjavi a prévenu à plusieurs reprises contre son arrestation et demandé que les Nations Unies envoient une délégation pour assurer sa sécurité. Nous avons dit que nous soutenions toutes les forces en quête de souveraineté populaire, tout comme nous reconnaissons M. Moussavi tant qu'il s'oppose au régime du guide suprême en Iran.

Question : Y a-t-il une ouverture à l'horizon concernant un changement dans la politique vis-à-vis de l'Iran ?

Réponse : Le paysage politique est maintenant plus clair. Il y a six mois tout le monde pensait que le régime jouissait de stabilité et de puissance. Mais, tout cela était une idée fausse propagée par le régime lui-même. Ce qui s'est passé le 27 décembre au cours de la Journée de l’Achoura, est riche en signification. Il montre que le peuple iranien est contre le régime dans sa totalité. C’est un fait qui émerge à travers les slogans de «Mort à Khamenei» et « A bas le régime du guide suprême ». Tous les secteurs sociaux qui se sont soulevés contre le régime participent maintenant aux manifestations.

 

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