vendredi, décembre 2, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceC’est le temps d'un regard différent sur l'Iran

C’est le temps d’un regard différent sur l’Iran

Par le chroniqueur américain Ken Blackwell

Alors que Washington est en effervescence sur le débat concernant l’accord nucléaire avec l’Iran, le propos que l’administration Obama ne cesse de répéter est : soit vous acceptez l’accord, soit vous êtes un fauteur de guerre. Pas si vite!

Le Congrès américain est à juste titre engagé à jouer son rôle sur cette question de sécurité nationale si importante. Le 29 avril il a pris une décision audacieuse en invitant Mme Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), à témoigner dans une audition du sous-comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Mme Radjavi prône un Islam tolérant et démocratique, l’antithèse de l’intégrisme islamiste. Le CNRI et sa principale composante, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), ont fait la Une à plusieurs reprises depuis 2002 pour avoir révélé les détails du programme nucléaire iranien grâce à leur réseau de renseignements à intérieur du pays. Son mouvement a subi la répression violente du régime théocratique et des dizaines de milliers de ses partisans ont été exécutés pour leur défense des droits humains et de la démocratie en Iran.

Radjavi est apparu par vidéoconférence devant le Sous-comité sur le terrorisme, la non-prolifération et le commerce, où elle est intervenue dans une audition intitulée « Daech: définir l’ennemi ». Elle en a profité pour proposer une approche différente sur la question de l’extrémisme islamiste.

Son témoignage, différent de ce que nous avons l’habitude d’entendre, apporte un souffle bien nécessaire d’air frais aux cercles politiques de Washington.

Rejetant toute politique qui tire parti d’un groupe extrémiste contre un autre, Radjavi a souligné au sous-comité : « Nous pouvons et nous devons vaincre le fondamentalisme islamiste, que ce soit chiite ou sunnite. » Elle a rappelé que Téhéran est « l’épicentre de l’intégrisme » au Moyen-Orient et que la loi répressive de la charia pratiquée par le régime iranien « est précisément l’exemple suivit tant par les extrémistes sunnites que chiites dans les autres pays. »

Radjavi a également averti au sujet des « conséquences destructrices » de l’absence d’une politique globale visant à déraciner cet intégrisme. Cela doit passer, selon elle, par une politique de fermeté pour empêcher le régime iranien d’acquérir l’arme nucléaire. Il faut évincer les Gardiens de la Révolution iraniens d’Irak et soutenir efficacement l’opposition modérée en Syrie pour mettre fin au régime d’Assad et établir la démocratie dans ce pays.

Mais son principal message était de souligner que l’aspiration du peuple iranien à renverser le régime des mollahs doit être respectée, estimant que le changement de régime par le peuple iranien et sa Résistance est la solution ultime aux problèmes créés par le pouvoir. Ces problèmes se sont aggravés au fur et à mesure que les présidents américains ont échoué à soutenir le changement démocratique en Iran, seule réponse aux crises de la région.

Radjavi a souligné que le régime est isolé parmi la population et il est beaucoup plus faible qu’il ne le semble. Elle n’a pas appelé à une intervention militaire américaine directe ou un soutien matériel, mais a plutôt invité la communauté internationale à isoler le régime et le contenir à l’intérieur de ses frontières.

Plusieurs membres du Congrès, ainsi que d’anciens responsables américains, ont accueilli le témoignage de Radjavi qui n’a pas passé inaperçu aux yeux des apologistes et des lobbyistes de Téhéran à Washington. Ces derniers incitent les Etats-Unis à concéder tout dans la hâte d’un accord.

Le témoignage, décrit par un membre de la Chambre comme une audition « historique », rompt avec la propagande de Téhéran et montre qu’il y a bien une voix alternative en Iran, trop longtemps marginalisés à Washington. Une situation qui résulte de la vaine recherche de «modérés» parmi les ayatollahs.

Et l’opposition gagne du terrain. Le 13 juin prochain, la diaspora iranienne et leurs partisans internationaux vont organiser un grand rassemblement à Paris, intitulé « Oui à la démocratie, non à l’Iran nucléaire, pour un changement de régime en Iran ». L’année dernière, quelques 100.000 personnes ont participé à un rassemblement similaire. Ils seront rejoints par des centaines d’hommes politiques du monde entier, y compris de nombreux pays musulmans qui s’opposent à l’ingérence belliqueuse de Téhéran en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen.

Mme Radjavi a terminé son témoignage en citant le premier président des Etats-Unis, George Washington: « plus dur est le conflit, plus glorieux sera le triomphe ».

Alors que les Iraniens se battent pour arracher leur pays des griffes de la tyrannie, la question qui nous est posée est assez simple: de quel côté voulons-nous être en tant que nation? Du côté des forces de changement comme Mme Radjavi ou du côté des forces maléfiques des ayatollahs qui règnent sur le banquier central du terrorisme mondial?

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe