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Bilan de la répression et des violations des droits de l’homme en Iran durant l’été 2006

Bilan de la répression et des violations des droits de l'homme en Iran durant l’été 2006CNRI – Après l’arrivée au pouvoir d’Ahmadinejad, les violations des droits de l’homme et la répression générale n’ont cessé d’augmenter.

Ce rapport est un bilan de la répression et des violations des droits de l’homme durant les trois mois de l’été. Les chiffres montrent aussi l’ampleur de ces violations en Iran.

 

1- Les exécutions

a- Exécutions publiques et en prison

Sous le régime des mollahs le châtiment le plus courant est l’exécution qui touche principalement les jeunes. Selon les informations publiées par les médias officiels du régime, cet été il y a eu 45 exécutions publiques et 21 exécutions en prison.

Le régime inhumain des mollahs n’a déclaré l’âge que de 30 victimes, 22 personnes avaient moins de 25 ans.

A titre d’exemples :

– Sina et Vahid, qui avaient commis un homicide alors qu’ils n’avaient pas 18 ans, ont été exécutés dès qu’ils ont eu 18 ans, le 20 septembre 2006.

– Deux condamnés ont été pendus à Boroudjerd. Il s’agit de A.R.K 23 ans et H.M 21 ans (journal Keyhan, 20 juillet )

– Une jeune femme de 22 ans a été exécutée à la prison de Chesh-Dareh, de la ville de Choar, dans la province d’Ilam (ouest) pour relations illégales (réseau de la résistance, 16 août )

b- Peines de mort

Les couloirs de la mort sont remplis de prisonniers. Certains ont moins de 18 ans et sont maintenus en prison dans les pires conditions jusqu’à l’âge légal.

Cet été, les médias officiels ont fait état de 178 peines de mort.

c- Qessas (La loi du Talion)

La Qessas ou la loi du talion est une autre façon pour le régime de violer le droit à la vie. Cet été, huit Qessas ont été prononcées. Ce châtiment comporte la peine de mort, (une exécution pour un homicide), arracher les yeux (œil pour œil), l’amputation des membres.

– Hassan Tala, 23 ans, accusé d’homicide lors d’une dispute, a été condamné à la Qessas (peine de mort) par le juge de la 74e chambre de la cour d’assises de la province de Téhéran (agence de presse Isna, 3 juillet ).

– Delara, accusée de complicité avec son petit ami dans l’assassinat d’une vieille dame riche, a été condamnée à deux peines de Qessas (dont la peine de mort). (Peyk-e Iran, 11 juillet ).

– Le juge de la 37e chambre de la cour suprême du pays a confirmé une Qessas (peine de mort) contre un jeune homme de 22 ans, accusé d’avoir assassiné une fille (Agence de presse Fars, 27 juillet 2006).

– La justice a condamné un jeune homme à la Qessas (se faire arracher les yeux (journal Rochangari, 2 août 2006).

– Un jeune accusé d’avoir assassiné, avec un ami, son grand-père de 71 ans pour des motifs financiers, a été condamné par les juges de la 71e chambre à la Qessas (la peine de mort) (journal Aftab-e Yazd, 7 août ).

– Arach, 23 ans, accusé d’avoir assassiné un agent des forces spéciales de la police de Téhéran, a été condamné à la Qessas (peine de mort) (Agence de presse Fars, 30 août ).

– « GH. D » et « A-A », accusés d’avoir assassiné un agent des forces de l’ordre, ont été condamnés à la Qessas (peine de mort) (journal Djavan , 15 août )

2- Les châtiments inhumains

a – La lapidation
Cet été, il y a eu huit condamnations à la lapidation, et une femme à été lapidée à la prison de Machad (Agence de presse Kouroch, 4 août ).

b –  Arracher les yeux
Deux hommes accusés d’avoir rendu aveugle un tiers, ont été condamnés à la Qessas, pour se faire arracher les yeux.

c – Le fouet
Le fouet en public est un autre châtiment cruel pratiqué par le régime pour faire régner la peur dans la population. Durant  l’été il y a eu cinq cas de personnes fouettées en public. Or le régime des mollahs utilise le fouet comme châtiment de base pour tous ceux qui sont condamnés à des peines de prison.

La justice a condamné un homme à 100 coups de fouet en public dans la ville de Bojnourd. (Agence de presse Homa, 29 septembre )

L’agence de presse Isna a rapporté qu’à Ardebil un condamné de 29 ans à été condamné à 50 coups de fouet en public et à un an d’exil dans une région éloignée avec une amende, pour trafic d’opium. (Roshangari, 21 juillet )

Le tribunal d’Ardebil a condamné plusieurs jeunes à la prison, au fouet et à une amende pour avoir à une manifestation. (Iran Press News, 9 août )

d – Les humiliations
Le régime des mollahs exhibe les jeunes à travers la ville pour les humilier et réprimer les protestations des Iraniens.

14 cas d’humiliations et d’exhibitions publiques au cours de l’été.

3- Les arrestations

a – Arrestation politiques :

Durant les trois mois de l’été 12.229 personnes ont été arrêtées pour avoir participé à des manifestations et des rassemblements, contacté des groupes politiques et mené des activités en défense des droits de l’homme. Seules 56 de ces arrestations ont été publiées par la presse.

b- Arrestations non politiques :

Selon les informations officielles 3336 personnes ont été arrêtées pour les causes sociales mais seuls sept cas ont été annoncés.

Mohammad Reza Alipour a déclaré au mois de juillet que les forces de sécurité avaient arrêté 86 voyous. 6 d’entre eux ont été exhibés dans la ville pour donner une leçon aux autres.

A propos des paraboles, le chef des forces de sécurité de Téhéran a déclaré que 36 personnes ont été arrêtées et livrées aux autorités judiciaires. (Edwards News, 29 août ).

Le régime a confisqué 50 hectares de terres agricoles aux paysans de Komdareh près de la ville d’Amol (nord du pays) sous prétexte d’y construire une université.

La population de la ville ne voulait pas donner les terrains car c’était sa seule ressource financière. Les forces de sécurité n’ont pas fait de quartiers, passant à tabac et humiliant tout le monde : les femmes, les enfants et même un vieillard de 80 ans, brisant des bras et des jambes. Plus de 250 habitants de ce village, hommes, femmes et enfants, ont été arrêtés et emprisonnés.

(réseau de la Résistance,19 septembre )

4- Les meurtres arbitraires

Dans ses raids contre la population, le régime des mollahs a tué et arrêté de nombreuses personnes. 17 personnes ont été assassinées par les forces de sécurité du régime. Le 21 août les forces de sécurité ont encerclé le village de Tchah Ahmad à 150 km à l’ouest de Zahedan dans l’est du pays. Ils ont arrêté les femmes et les enfants et les ont passés à tabac. Deux jeunes nommés Abdolrahman Chebakhch et Abdolrahman Toutajehi ont été assassinés sous les yeux de leurs familles et des villageois sans autre forme de procès. Plusieurs jeunes et un enfant ont été emmenés vers un lieu inconnu (Iran Pars News, 23 août )

5- Les convocations

Au mois d’octobre, pour la rentrée scolaire, le régime des mollahs a envoyé 213 convocations aux étudiants et aux enseignants. Dès la rentrée, 50 étudiants de Téhéran ont été convoqués par le conseil de discipline (Radio Farda ,15 septembre)

Le commandement des forces de sécurité de Zandjan dans le nord-ouest, a convoqué les propriétaires du grand magasin Chichak, parce qu’ils vendaient des cassettes et des livres en azéri, la langue de la minorité turque de la province d’Azerbaïdjan, la plus grande minorité du pays.  (Rochangar, 18 août)

6- Les universités :

Les conseils de disciplines ont prononcé de lourdes peines comme la suspension des études, la fermeture des associations universitaires, l’expulsion d’étudiants, le licenciement d’enseignants et les convocations d’étudiants par les conseils de disciplines.

Au cours des trois derniers mois, on a dénombré 14 suspensions d’études, 8 fermetures d’associations étudiantes, 79 licenciements de professeurs et renvois d’étudiants. Les forces de sécurité se sont déployées dans les universités et ont lancé des raids contre des associations, ont procédé à des arrestations ou les ont empêché de s’inscrire à cause de leurs activités politiques ou culturelles. Leur inscription est conditionnée à l’abandon de leurs activités. (Journal Aftab ,16 septembre )

7- Les médias

Durant les trois derniers mois il y a eu 23 saisies et la fermeture de journaux et de sites. Il y a eu également 10 millions de sites filtrés.

Par ailleurs, beaucoup des journalistes ont été convoqués dans les centres de sécurité et ont reçu des avertissements pour avoir critiqué le pouvoir, la censures, l’énergie nucléaire, l’argent du pétrole et la corruption dans la municipalité de Téhéran et le gouvernorat d’Ardebil.

Ils ont été avertis que s’ils ne faisaient pas attention à ces avertissements, ils finiraient mal.

16 journalistes arrêtés
2 journalistes du web arrêtés
1 journaliste menacé de mort
2 journalistes assassinés

8- Répression des minorités religieuses

Le régime des mollahs a continué à réprimer les autres religions. Durant les trois mois de l’été les chiffres montrent trois sujets de répression des différentes religions.
(Agence Fars, le 23 août)

Le mollah Fazel Lankarani a déclaré que les soufis et toutes les religions qui y sont rattachées sont des sectes interdites. »  (Le 9 juillet )

Dayan Ala’i, député des juifs iraniens a déclaré dans une interview avec radio Farda que les juifs ne mènent pas de vie normale en Iran. Ils n’ont pas de droits parce qu’ils sont juifs. Parce que la constitution de la république islamique d’Iran ne reconnaît pas les juifs comme une minorité religieuse. Les jeunes juifs ne peuvent pas entrer à l’université et leurs biens sont confisqués.

Un député chrétien assyrien du parlement du régime a déclaré que les assyriens et les fidèles des autres religions non musulmanes sont privés de participer aux examens universitaires, et de s’inscrire dans les branches de dentiste, phamarcien et d’autre universités et établissement enseignement supérieur.      

9- Les manoeuvre répressives

Durant l’été le régime des mollahs a multiplié les manoeuvres répressives à travers le pays. Selon les chiffres de journaux gouvernementaux, il y a eu 155 manoeuvres et plans répressifs. 75 manoeuvres militaires ont été annoncées ces trois derniers mois.

a- La saisie des antennes satellites

Un des plans les plus courants est de confisquer les antennes satellites et leur équipement dans toutes les grandes villes du pays comme Téhéran, Ispahan, Sanandadj, Chiraz, Marivan, Ghazvine, Machad, Hamedan, Racht, Karadj.

Dans ces opérations, les agents de sécurité vont jusqu’à des fouilles au corps. Ils filment les terrasses des maisons et se font passer pour des employés de l’eau et de l’électricité afin de pouvoir entrer chez les gens.

On dénombre au moins 30 manoeuvres pour saisir des paraboles au cours de 3 mois dans 13 villes d’Iran.

Le vice-commandant des renseignements des forces de l’ordre de la province de Khorasan a décaré : Dans le but d’exécuter les ordres de sécurité dans la société et pour augmenter les actions de saisie des équipements servant à capter les fréquences satellites, un centre de production et de distribution de ces équipements a été démantelé. (Agence de presse Fars – 18 septembre )

Selon les informations reçues, l’attitude des forces de l’ordre durant ces opérations de saisies a provoqué la colère des citoyens de Hamedan qui les ont empêché de pénétrer chez eux.

C’est pourquoi, les agents se présentent comme des employés de l’eau et de l’électricité voulant relever le compteur afin de pouvoir entrer. Mais une fois à l’intérieur, ils se dirigent immédiatement vers le toit pour se saisir des paraboles. (Le mouvement intérieur de la résistance- 4 septembre )

Ces derniers temps, les agents des forces de sécurité frappent aux portes sous prétexte qu’il y a des équipements pour capter les chaînes satellites…. Les agents fouillent les maisons une par une et vont même jusqu’à fouiller les sous-vêtements. (Iran press News – 25 juillet )

b -Le contrôle et la répression des plans sociaux

Pendant l’été, le régime des mollahs a mené 50 plans sociaux comme le nettoyage les quartiers difficiles, un plan baptisé Efaf (pour réprimer les femmes mal-voilées), un plan de lutte contre le vol des câbles, un plan en faveur de la sécurité morale, un plan de censure des sites, un plan de contrôle des vêtements, augmentation des forces de sécurité aux ronds-points, déployer la police dans les parcs, lancer la police de proximité contre les femmes mal-voilées, installer des caméras de surveillance dans les entreprises et les bureaux administratifs.

 

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