samedi, décembre 3, 2022
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Analyse – Le soulèvement populaire iranien : Le début de la fin (2e partie )

 L'Iran a atteint un point de non retour

Quelle voie doit choisir la faction rivale ?

CNRI – Alors que la répression du soulèvement monte en Iran et que la situation commence à se radicaliser, des ténors des factions désenchantées cherchent à se distancer de l'insurrection et à se rapprocher du Guide suprême Ali Khamenei, pour assurer leur propre survie au sein du régime.

Le Conseil de discernement, présidé par Rafsandjani, a annoncé le 26 juin que les questions relatives à l'élection devaient suivre les voies légales. Le Conseil a également souligné le rôle de chef de Khamenei. Rafsandjani, par ailleurs, a salué personnellement Khamenei ces derniers jours et disant même à certains membres du Majlis (Parlement) du régime, que son amour pour Khamenei est éternel.

Un autre ancien président du régime, Mohammad Khatami, le 29 juin a réaffirmé son allégeance à la dictature religieuse et appelé à mettre fin aux manifestations. «Nous aimons et admirons le guide », a-t-il dit.

On peut déplorer que le même jour, le candidat perdant à la présidentielle, Mir Hossein Moussavi ait reculé sur sa demande d'annulation de l’élection, bien qu’il l’ait décrite comme illégitime et frauduleuse. Il a d’une part protesté : « Désormais, nous avons un gouvernement qui aura les relations les moins cordiales avec le peuple. Une majorité de la population – y compris moi-même – n’acceptent pas sa légitimité politique. Ce sera un gouvernement avec un faible soutien populaire et moral. On peut seulement s'attendre à ce qu'il soit insensé, non transparent, qu’il contourne la loi, ruine les structures de prise de décision et continue sa politique économique destructrice. »

D'autre part, Moussavi a claironné que la constitution du régime du Velayat-e-Faqih (guide suprême) était le «plus grand pacte » et a même exhorté les gens à respecter la Constitution, même dans sa forme la plus désespérée. Il n’a laissé aucun doute sur son opposition vigoureuse à toute sorte de «modification de la constitution et aux slogans appelant à la destruction de la structure de prise de décision ».

En même temps, il a mis en garde la faction dominante : «Laissez qu’une certaine marge d'erreurs soit fixée [par l'intermédiaire des canaux légaux]. Si l’on fermait ces canaux, des menaces brisant la structure apparaitraient comme la seule alternative, et nous connaissons tous les coûts élevés qui y sont associés, et nous y sommes donc fermement opposés. » En bref, il met en garde implicitement que si toutes les routes de la réforme dans le système venaient à se fermer, la seule alternative serait un changement démocratique et le renversement du régime du Velayat-e-Faqih, un résultat préjudiciable pour toutes les factions du régime.

Moussavi a clairement dit dans son communiqué que son objectif initial en prenant part à l'élection était d’apporter « la sagesse religieuse» dans les « pratiques de gouvernement ». « Toutefois, a-t-il dit, en cours de route, il a été « orienté vers des objectifs bien plus grands », à savoir rappeler aux piliers du régime que « le vote et la décision du peuple se place au-dessus et au-delà d’eux tous, et qu’ils n'ont ni le droit ni l’habilité à l'ignorer. »

En fait, c'est là que réside le nœud de la question, qui brillaient dans le soulèvement national et qui n'est pas passé inaperçu à Moussavi. La voix du peuple, sa détermination et la souveraineté populaire se placent au-dessus de toutes les tentatives de maintenir la dictature religieuse et le régime illégitime du Velayat-e-Faqih, qui doit maintenant être déraciné tout comme son prédécesseur, la dictature du chah. Ce régime est la source de toute corruption en Iran et aucun effort ou initiative ne peut le sauver comme dans le passé.

La récente position de Moussavi a démontré que :
 
• Anticiper un changement ou une transformation dans le contexte du régime du Velayat-e-Faqih n'est rien d'autre qu'un mirage.
• La question ne porte pas sur tel ou tel candidat. Le principal point de conflit se place entre tous les Iraniens et le règne absolu du guide suprême.

Quel sera l'avenir de l'insurrection ?

Le 30 juin, le Wall Street Journal publiait un article de Gerald Seib, dans lequel il disait : « Il est difficile de ne pas conclure que les flammes des protestations sont lentement étouffées dans les rues d’Iran. Pourtant, même cela laissera des braises d’opposition, et la question-clé dans les semaines à venir sera de savoir s'il existe des forces à l’intérieur de l'Iran en mesure de conserver ces cendres fumantes. »

La réponse est la suivante :

Le monde a désormais entendu la demande de liberté du peuple iranien. Il a pris conscience que le peuple iranien n’a pas peur et qu’il est uni quand il s'agit de la liberté et du droit de se gouverner lui-même contre la dictature du guide suprême. Les Iraniens ne vont pas perdre espoir, avec le recul ou le soutien de tel ou tel acteur politique vaincu. L'insurrection va se poursuivre à n’importe quel prix par le peuple et le mouvement de la Résistance iranienne. Le peuple ne va pas se fatiguer ni abandonner. Au contraire, il va fatiguer le régime.

Ces jours-ci, même les partisans les plus ardents du régime iranien hier reconnaissent avec surprise et choc que le régime d'aujourd'hui n'est plus le même régime. Heureusement, même Moussavi reconnaît la volonté et la détermination des ennemis du régime, qui sont la majorité du peuple iranien et le mouvement de la Résistance, avec son organisation axiale, l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI).

Le prochain article traitera de la question de la persistance du soulèvement

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