vendredi, décembre 9, 2022
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Analyse – Le soulèvement populaire en Iran : Le début de la fin (1ère partie)

 L'Iran a atteint un point de non retour

CNRI – Le 13 juin 2009, un jour après le show électoral en Iran, le monde a assisté à une explosion massive de millions de personnes, qui a surpris tout un chacun et bouleversé tous les calculs politiques en occident. Quelle en est la raison ? Est-ce que la fraude choquante dans les élections iraniennes a provoqué la surprise ? Ou était-ce les millions d’Iraniens dans la rue qui ont choqué le monde ? Ces foules qui ont commencé par crier « Mort au dictateur » ont fini par crier « Mort à Khamenei » en l’espace d'une semaine ; ou peut-être est-ce la répression incroyablement cruelle du soulèvement par le régime fasciste religieux qui a frappé le monde ?

Voici le premier article d'une série qui va répondre à ces questions et à d'autres, comme « qu’est-ce qui a déclenché le soulèvement en Iran », et « où cela va-t-il mener ».

Beaucoup ont été dupés par le simulacre d’élection en Iran

Forte de son excellente connaissance de la nature du régime et de sa mascarade électoral, la Résistance iranienne avait annoncé bien avant le 12 juin que ce scrutin était encore une nouvelle imposture et que de véritables élections en Iran n’auront pas lieu tant que le régime clérical sera au pouvoir. Toutefois, la veille de l’élection, de nombreux gouvernements et partenaires occidentaux du régime voulaient croire qu'il y avait une véritable compétition et que Moussavi la remporterait en qualité de candidat modéré, conduisant à un changement complet en Iran. Les chaînes télévisées occidentales ont commencé à soutenir cette idée deux semaines avant le scrutin.

Les fameux débats télévisés en Iran et les révélations sans précédent auxquels ils ont donné lieu, ont marqué une nouvelle étape dans l'escalade des luttes intestines du régime. Ils signalaient l'aggravation de la crise au sommet. Toutefois, l'Occident a voulu voir dans ces « débats » une partie du processus démocratique en Iran.

Dans un communiqué de presse le 11 juin, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) indiquait que Khamenei avait chargé le ministre de l'Intérieur d’annoncer une participation de 35 millions d’électeurs et qu’Ahmadinejad serait le choix ultime du peuple. Tous ceux qui s’attendaient à voir Moussavi gagner l'élection ont lu le communiqué de presse avec une grande incrédulité. Néanmoins, il est vite apparu que Khamenei avait orchestré la nomination d'Ahmadinejad au premier tour avec 40 millions de votes.

Contrairement à ce qu’a montré la télévision du régime, l'élection croulait sous les fraudes et les exagérations sans précédent du taux de participation. Le véritable taux était un chiffre plusieurs fois moins important. Les fraudes étaient exactement ce que n’a cessé d’annoncer le CNRI lors des élections précédentes, et cette fois, c’est la faction rivale qui les a dénoncées. Par exemple, la faction Moussavi a révélé que dans 170 villes, le nombre de participants annoncés était de 95% à 140% le nombre des électeurs. Afin de cacher le scandale, le Conseil des gardiens, affilié à Khamenei, s’est précipité pour reconnaître ces irrégularités dans une cinquantaine de villes en les attribuant, sans avoir peur du ridicule, aux changements d’adresses d’électeurs, phénomène soi-disant usuel dans toutes les élections !

Qu’est-ce qui a déclenché le soulèvement ?

Le soulèvement en Iran est le résultat d'une situation extrêmement explosive dans la société iranienne avec une demande sérieuse de changement de tout le régime et d'instauration de la démocratie. La société a souffert du despotisme, de la répression, de la corruption et du crime pendant 30 ans. Avec les profondes rivalités au sommet du régime, elle a fini par exploser. Bien que l'élection ait enflammé la société, ce soulèvement n’a aucun rapport avec l'une des factions rivales ou l'élection en soi. Le facteur déterminant repose dans le potentiel explosif et le mécontentement de la société. La population a profité des querelles internes du régime comme d’une opportunité historique.

La théocratie a essayé de déployer sauvagement toutes ses forces pour faire taire le peuple. Selon les informations du département social de l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) à l'intérieur du pays, plus de 200 manifestants ont été tués et des milliers d'autres blessés ou arrêtés. Un couvre-feu officieux sévit dans les grandes villes, notamment à Téhéran.

Le 20 juin, à la suite d'un discours menaçant de Khamenei, le guide suprême du régime, plus de 100 personnes ont été tuées. Le 30 juin, le Figaro citait des témoins oculaires disant que, le 20 juin, 4500 personnes dans le seul Téhéran avaient été arrêtées et avaient subi des tortures barbares. Néanmoins, les protestations, les rassemblements, les affrontements et les combats continuent à Téhéran et dans de nombreuses autres grandes villes.

Le facteur le plus important de ce soulèvement réside dans ses slogans, le principal étant « mort au dictateur». Ce mot d’ordre s’est renforcé avec le temps et dans de nombreux cas, a évolué en «Mort à Khamenei». Il est donc clair que l'objectif des manifestants est le renversement du régime et rien d'autre.

En général, les militants et les personnes arrêtées dans ce soulèvement n'ont pas participé à l'élection ou n'ont soutenu aucun candidat. Par exemple, des proches de Neda, une jeune femme assassinée le 20 juin par des agents du régime, ont dit qu'elle n'était favorable aucun des candidats. Le régime a également rappelé que 60 % des personnes arrêtées à Téhéran, et 90 % s à Ispahan n'avaient pas voté.

Dans son sermon du vendredi 19 juin, Khamenei a rappelé que les quatre candidats présidentiels faisaient partie du régime et comptaient parmi les fidèles du système du Velayat-e-Faqih (le guide religieux suprême). Il a accusé les manifestants d’être des opposants à l'ensemble du système. Le ministre de l'Intérieur, Sadeq Mahsouli, a réaffirmé le 14 juin que les protestations de rue étaient planifiées par des groupes politiques et n'avait rien à voir avec les candidats.

Quel chemin va suivre la faction rivale ?

Quel est l'avenir du soulèvement ?
Comment interpréter la participation active et d'avant-garde des femmes dans le soulèvement ?
Comment la communauté internationale a-t-elle réagi à la répression cruelle de l'insurrection et comment aurait-elle dû le faire ?

Ce sont en partie les questions qui seront traitées dans les prochains articles.

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