lundi, novembre 28, 2022
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Ahmadinejad installe un homme de confiance pour superviser des élections

ImageAgence France Presse – Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a renforcé son emprise sur le ministère de l’Intérieur en nommant son homme de confiance à un poste clé, moins de deux mois avant la tenue de deux élections capitales pour le pays, selon des analystes.

Mojtaba Hachémi Samareh a été nommé mercredi vice-ministre de l’Intérieur pour les affaires politiques, en charge de l’organisation des scrutins du 15 décembre pour les municipales et l’Assemblée des experts.

"Cette nomination montre l’importance de ces élections pour M. Ahmadinejad", a dit à l’AFP Amir Mohebian, un analyste politique conservateur.

"Avec ce choix, le président veut diminuer la possibilité que de puissants courants politiques interfèrent dans les scrutins, et organiser des élections propres".

Peu d’hommes sont aussi proches de M. Ahmadinejad que M. Hachémi Samareh. "C’est un ami très proche et de confiance, et leurs liens remontent à l’époque de l’université au début de la révolution", a dit M. Mohebian.

Le vice-ministre a déjà travaillé aux ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères, où il supervisait la nomination des diplomates à l’étranger.

Cet homme "pieux, très religieux, et immaculé", selon M. Mohebian, était conseiller en chef de M. Ahmadinejad quand il était maire de Téhéran, et est resté à ses côtés depuis.

Ce dernier l’avait dépêché début septembre à Paris pour remettre en main propre une missive au président français Jacques Chirac.

En prenant ses fonctions, M. Hachémi Samareh a rappelé que "le nouveau gouvernement (d’Ahmadinejad) a été élu sur un programme défendant les valeurs de l’Islam, de la révolution et celles prônées par l’Imam (Rouhollah Khomeyni)".

Son nouveau poste lui permet également de peser dans la politique nationale. Il contrôle en effet désormais en partie les gouverneurs généraux des 30 provinces du pays, et préside un organe délivrant les licences d’activité des ONG et partis politiques.

Un récent éditorial du quotidien réformateur Etemad Melli le qualifie d’éminence grise du président, qu’il accompagne partout, et qui a conçu aussi bien la formation de son gouvernement que ses principales décisions politiques.

Les élections représentent un test pour M. Ahmadinejad, car ce sont les premières à se tenir depuis sa victoire à la présidentielle de juin 2005.

L’Assemblée des experts, avec 86 religieux, est considérée comme l’un des piliers du pouvoir de ces derniers.

Chargés de nommer et superviser le travail du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ces experts en jurisprudence islamique sont élus au scrutin populaire direct tous les huit ans.

Pour les municipales, les Iraniens vont élire plus de 100.000 conseillers, véritables courroies de transmission du pouvoir central à travers le pays, renouvelés tous les quatre ans.

L’Assemblée et les conseils municipaux des principales villes sont dominés par les conservateurs.

A Téhéran, leur victoire aux municipales de 2002 a été le premier pas vers la conquête du pouvoir conforté par leurs succès aux législatives de 2004 et à la présidentielle de 2005.

"Ahmadinejad aura désormais un contrôle plus grand et plus ouvert sur le ministère de l’Intérieur, et pourra avancer plus efficacement sur le chemin de ses promesses électorales", a dit à l’AFP le rédacteur en chef du quotidien réformateur Aftab-e Yazd, Mojtaba Vahedi.

"L’important pour lui est le résultat des élections municipales. Une victoire serait un puissant remontant pour le moral (des conservateurs), car leur accession au pouvoir a commencé avec ce scrutin", explique-t-il.

L’analyste réformateur Issa Saharkhiz concourt à cette analyse, et craint que la manoeuvre nuise aux chances des réformateurs.

"Pas de doute qu’avec cette nomination les autorités veulent empêcher à tout prix les réformateurs et même les indépendants d’obtenir un siège, et ils se moquent de la façon dont c’est perçu par l’opinion publique dans le pays ou à l’étranger", selon lui.

"M. Hashemi Samareh est très proche de M. Ahmadinejad et cette nomination représente un barrage formidable" contre une éventuelle offensive des réformateurs.
 

 
 

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