gallowaygazette.co.uk, 23juillet
Une journée dans la vie d’un député européen
Le mois dernier, je vous ai tenu informés des progrès accomplis pour la justice au bénéfice des membres de l’OMPI, parti d’opposition politique iranien, qui sont actuellement détenus dans des conditions intolérables dans les camps d’Achraf et Liberty en Irak.
Pour ceux d’entre vous qui pensent que la vie d’un député européen est ennuyeuse, laissez-moi vous raconter une rencontre récente et surprenante avec quelques-uns des principaux antagonistes de cette tragédie qui dure depuis longtemps.
J’avais été informé, vendredi 15 juin, par l’ambassade irakienne qu’un groupe de 14 personnalités du gouvernement irakien se rendait à Bruxelles et souhaitait assister le mardi suivant à une réunion de routine de la délégation pour les relations avec l’Irak, que je préside. Toutefois, la liste des 14 noms que l’ambassade a fournie ne contenait pas les fonctions. Ni d’indication sur le sujet dont ils voulaient discuter. Par conséquent, j’ai envoyé les noms à mes contacts à Bagdad et j’ai été surpris et effrayé quand il m’a été clarifié en retour que le groupe ne devait pas être seulement dirigé par le vice-ministre des Affaires étrangères et l’ambassadeur d’Irak, mais également par un ancien conseiller du bureau du Premier ministre Nouri Al-Maliki ainsi que plusieurs militaires et agents de renseignement. J’ai présumé que leur but était de faire pression sur moi et ma délégation, quant à notre position concernant Achraf et Liberty.
Pire encore, sur la liste figurait un Colonel Sadeq, l’officier en charge de l’armée irakienne dans les deux camps, qui a été inculpé en Espagne pour son rôle présumé dans deux massacres à Achraf, dans lesquels 47 hommes et femmes ont été tués.
J’étais outré que les Irakiens tentent d’envoyer ce responsable à une réunion au Parlement européen et j’ai ordonné à la sécurité de l’empêcher d’entrer dans nos locaux. Cependant, les Irakiens avaient déjà fait délivrer leur badge de sécurité. Par conséquent, j’ai demandé à la sécurité d’arrêter Sadeq à l’entrée principale, de lui retirer son badge et de lui interdire l’entrée.
Quand la délégation irakienne est finalement arrivée au Parlement, il y a eu une agitation prévisible lorsque le colonel Sadeq a été interdit d’entrée. Les discussions suivantes ont retardé de 20 minutes l’arrivée de la délégation à ma réunion. Lorsque la délégation en colère est finalement apparue et que le débat a commencé sur les conditions épouvantables au camp Liberty, la réunion a pris la tournure d’une altercation avec des insultes qui volaient. Il a fallu beaucoup d’efforts pour maîtriser et finalement arrêter la réunion chaotique.

