lundi, janvier 30, 2023
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Le Département d’État fait du chantage contre un groupe d’opposition iranienne qui cherche à être retiré de la liste terroriste

Par Firouz Mahvi

policymic.com , 28 juillet – Le département d’État américain a une nouvelle fois tenu des propos irresponsables et menaçants à l’encontre des opposants iraniens dans le camp d’Achraf en Irak. Lors d’un briefing de presse le 6 juillet tenu par deux hauts diplomates américains, Dan Fried et Dan Benjamin, ces derniers ont déclaré que « le gouvernement irakien commence à perdre patience » ! L’émissaire de l’ONU Martin Kobler a repris exactement les mêmes termes lorsqu’il s’est adressé au Conseil de sécurité le 19 juillet. Cela revient à donner le feu vert au gouvernement irakien pour attaquer à nouveau Achraf. D’ores et déjà, 49 réfugiés, dont 8 femmes, ont été tués lors de deux attaques irakiennes en 2009 et 2011.

La porte-parole du département d’État a déclaré le 25 juillet : « La coopération des Moudjahidine du peuple (OMPI) dans la fermeture du camp d’Achraf, la principale base paramilitaire de l’OMPI, continue d’être un facteur capital pour la prochaine décision du département concernant le statut d’organisation étrangère terroriste de l’OMPI. »

Presque 2000 personnes sont déjà parties d’Achraf à Liberty et les 1200 résidents restant à Achraf partiront immédiatement si les conditions humanitaires sont satisfaites. L’Irak, sur l’ordre direct de Téhéran, veut exercer un maximum de pressions inhumaines sur les résidents à Liberty pour les faire capituler et retourner en Iran.

Soumettre le retrait de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) de la liste des organisations étrangères terroristes du département d’État à la fermeture d’Achraf défie la loi et l’ordonnance de la justice. Le 1er juin, une cour d’appel américaine a statué que la Secrétaire Clinton devait prendre sa décision concernant le retrait de l’OMPI de la liste noire d’ici le 1er octobre. Et la cour a déclaré que si elle ne le faisait pas, c’est la cour elle-même qui la retirera.
 
Le 17 juillet 2012, le président du « Comité de politique iranienne » (IPC) basé à Washington, Raymond Tanter, qui a siégé au Conseil de sécurité nationale, a déclaré : « Les recherches de l’IPC montrent que lier la désignation de l’OMPI à des critères non juridiques, comme la coopération en Irak, n’est pas conforme à la décision de la cour d’appel fédérale de juin 2012 qui ordonne à la Secrétaire d’État de prendre une décision sur le statut de l’OMPI d’ici octobre 2012 ; la cour a ignoré ou rejeté ce lien lorsqu’il a été avancé par le représentant du département d’État dans les dossiers ou les arguments oraux avant la décision de juin. »

En outre, Tanter a déclaré : « Les critères légaux pour l’inscription sur la liste des organisations étrangères terroristes stipulent qu’un groupe doit être une organisation étrangère, engagée dans des activités terroristes ou conservant la capacité tout comme l’intention de s’engager dans des activités terroristes, et que ces activités ou terrorisme doivent menacer la sécurité des ressortissants américains ou la sécurité nationale. Par conséquent, la coopération avec un processus de transfert ne constitue pas un critère légal pour la désignation ou le maintien sur la liste. »

L’expression arbitraire de « principale base paramilitaire » pour Achraf est employée en dépit du fait que les forces américaines ont désarmé l’OMPI et fouillé Achraf de fond en comble en 2003. À cette époque, le gouvernement américain, après 16 mois d’investigation par neuf différents organismes américains, a reconnu aux résidents le statut de « personne protégée » en vertu de la Quatrième Convention de Genève.

Le 11 juillet, lors d’une réunion au Parlement européen, le Dr. Alejo Vidal-Quadras, Vice-président du Parlement, a vivement critiqué les méthodes de « chantage » du Département d’État : « Ils associent le transfert des Achrafiens à Liberty à une condition pour d’autres manœuvres politiques qui ne devraient pas en réalité y être liées, parce que chaque problème possède son propre espace de validité. Par conséquent, l’OMPI devrait être retirée de la liste des États-Unis parce que c’est ce que le Département d’État doit faire et c’est ce que la cour à Washington a ordonné. C’est donc une chose. Et le transfert est une chose différente. Il ne faut donc pas relier les deux, parce que si nous relions les deux choses, cela peut sonner comme du chantage ! »

Le 25 juillet, un autre éminent europarlementaire, Struan Stevenson, président de la Délégation des relations avec l’Irak au Parlement européen, a mentionné un récent rapport du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, qu’il a décrit comme « profondément choquant mettant  en accusation du gouvernement irakien et la manière dont il traite les 2000 réfugiés au camp Liberty près de Bagdad. Le rapport indique que les résidents ont subi des fouilles humiliantes, ont été comptés et ont accumulé de longs retards lorsqu’ils ont quitté leur ancien foyer d’Achraf. On leur a refusé d’emmener leurs biens personnels comme des chaises roulantes et des médicaments. Ils sont désormais détenus dans des conditions épouvantables avec  des structure inadéquate pour l’eau, le système d’évacuation des eaux usées, et la production d’électricité. Il leur est interdit de sortir du camp Liberty, malgré leur statut international reconnu comme demandeurs d’asile et réfugiés. Les avocats et les personnalités politiques se voient refuser l’accès à Liberty. Le Groupe de travail de l’ONU décrit le camp Liberty comme une prison en tout point sauf le nom, ce qui est en flagrante contradiction avec les assurances que nous avons reçues au Parlement européen de la part de Martin Kobler et de Dan Fried, qui ont dépassé les limites en soutenant le gouvernement irakien et en blâmant les résidents iraniens à Achraf et Liberty.

La meilleure façon d’empêcher une autre attaque est de faire pression sur le gouvernement irakien pour qu’il remplisse ses obligations internationales et mette un terme aux obstructions pour satisfaire le minimum requis en matière de besoins humanitaires des résidents. Les Achrafiens ont déclaré qu’ils iraient tous à Liberty aussitôt que ces minima seront accordés.

Firouz Mahvi est diplômé en sciences mathématiques appliquées de l’Université de Galles. Se consacrant à un Iran libre, il est principalement actif dans les affaires de l’Union européenne.

 

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