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«Il n’y a pas de base légale pour classer les Achrafiens comme terroristes » – Howard Dean

CNRI – « Il y a beaucoup de personnes au Département d’État qui ont fait le calcul il y a 14 ans qu’il y avait un groupe modéré dans le gouvernement iranien avec lequel nous pouvions en quelque sorte traiter. 14 ans plus tard, elles n’admettent toujours pas qu’elles ont eu tort, et je ne vais pas sacrifier 3400 vies innocentes pour qu’elles puissent juste prouver qu’elles avaient raison », a martelé le gouverneur Howard Dean à Genève le 10 aout.

L’ancien président du parti démocrate américain s’exprimait dans une conférence internationale où de très nombreuses personnalités et parlementaires suisses et internationaux se sont retrouvés autour de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, pour examiner la responsabilité de l’ONU et du HCR vis-à-vis de la situation du camp d’Achraf en Irak. Achraf abrite 3400 réfugiés membres des Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale opposition démocratique à la dictature des mollahs.

Voici les temps forts de l’intervention de Howard Dean 

Nous avons un problème dans le camp d’Achraf en Irak où vivent 3400 membres de l’opposition iranienne, sans armes, en grand danger, et il y a beaucoup de désinformations qui circulent dans les États-Unis par le biais des lobbies pro-Téhéran et qui apparaissent dans les journaux. Il nous faut donc tout d’abord regarder les faits.

1. Le groupe d’opposition iranien OMPI a été classé comme organisation terroriste par le Département d’État américain en 1997. Récemment en juillet, l’un des experts du Moyen Orient les plus respectés aux États-Unis a témoigné devant le Congrès que la motivation de cette classification avait été d’aider à ouvrir un dialogue avec le parti au pouvoir en Iran.

2. La seule base légale pour classer un groupe comme terroriste consiste en sa participation dans des actes terroristes. L’OMPI a renoncé à la violence en 2001. La cour d’appel américaine de Washington D.C a statué l’année dernière que le groupe n’avait pas bénéficié d’une procédure appropriée et a ordonné que la Département d’État réévalue cette désignation terroriste. Des conclusions similaires se sont également produites en France, en Grande-Bretagne et dans l’Union européenne et ont eu pour résultat le retrait de l’OMPI des listes de l’Union européenne et de la Grande-Bretagne.

3. En 2003, l’armée américaine a désarmé les résidents du camp d’Achraf et a fait à chacun des résidents une promesse, par écrit, qu’ils protégeraient les résidents d’Achraf contre les menaces extérieures. A ce moment, des agents du FBI et des groupes terroristes se sont rendus à Achraf pour passer en revue chacun des 3400 résidents, et ils n’en ont pas trouvé un seul qui soit lié à des terroristes ou au terrorisme.

4. Beaucoup parmi les résidents ont vécu dans les pays occidentaux et ont reçu une éducation occidentale. La déclaration ainsi que les déclarations des négociations menées entre le Département d’État et les résidents ont été faites en anglais. Au moins un des résidents a travaillé par le passé pour le Département de la Défense américain. Beaucoup parmi les personnes à Achraf y sont allées pour pouvoir se battre contre la théocratie totalitaire qui est au pouvoir depuis plus de 30 ans, et beaucoup ont eu des membres de leur famille emprisonnés, torturés et exécutés par les mollahs qui sont au pouvoir en Iran avec le gouvernement illégitime iranien.

5. En 2009 et encore en 2011, le gouvernement irakien du premier ministre, M. Maliki, a envoyé des troupes à Achraf qui ont tué en tout 47 civils sans armes, dont 8 femmes, et qui ont également refusé les soins médicaux à la plupart des centaines de blessés. Les troupes américaines sont restées là à ne rien faire, à quelques kilomètres, après avoir reçu l’ordre par les Irakiens de quitter les environs d’Achraf, en vertu de l’accord de souveraineté.

6. Des cours internationales, comme u en Espagne, ont commencé des investigations sur la manière dont Maliki est impliqué dans ces crimes de guerre. Une autre cour a récemment délivré un arrêt, la cour internationale ; le gouvernement néerlandais a été tenu de payer des dommages financiers aux victimes de Srebrenica en Bosnie après que les troupes néerlandaises s’étaient retirées durant le massacre d’un millier d’hommes et de garçons pendant la guerre balkanique.

7. Le plan américain exposé par un employé du Département d’État est de déplacer les résidents d’Achraf ailleurs en Irak, avec uniquement la promesse des États-Unis et celle du gouvernement irakien qu’ils seront en sécurité. Aucun de ces gouvernements n’a respecté sa parole jusqu’à maintenant. Les résidents souhaitent être déplacés dans un autre pays.

Je félicite Madame la Présidente et j’approuve le plan européen. J’approuve le plan européen, car l’affaire sous la main est de sauver les vies de civils sans armes auxquels nous avons promis la sécurité. L’Amérique doit respecter sa parole, tout comme les pouvoirs européens.

Enfin, ceux qui n’aiment pas l’OMPI pour diverses raisons, disent d’elle que c’est une secte, que des personnes telles que le général Clark, le général Shelton, le général Pace, le général Jones, le Secrétaire Ridge, le ministre de la justice Mukasey, moi-même et d’autres, prenons tous de l’argent de la communauté irano-américaine, insinuant que notre soutien aux résidents d’Achraf a été acheté. Même si c’était vrai, et tous ces généraux qui se sont battus et ont servi leur pays courageusement, et même très courageusement, je pourrais ajouter à ces journalistes qui l’écrivent, que même si c’était vrai, cela n’a aucun effet légal, pas le moindre, sur la capacité des Achrafiens à être déclarés réfugiés et à recevoir le soutien des États-Unis et la promesse des États-Unis de nous assurer qu’ils soient en sécurité. Et même si c’était vrai, que nous tous avons reçu de l’argent de la part de la communauté irano-américaine, le fait est qu’il n’y a pas de base légale pour classer les Achrafiens comme terroristes et qu’elles doivent être retirées de la liste, afin que ce soit une porte de sortie pour que nous puissions adopter le plan européen.

Il y a un débat qui se déroule aux États-Unis. Parlons clairement de ce que ce débat implique. Il y a beaucoup de personnes au Département d’État qui ont fait le calcul il y a 14 ans qu’il y avait un groupe modéré dans le gouvernement iranien avec lequel nous pouvions en quelque sorte traiter. 14 ans plus tard, elles n’admettent toujours pas qu’elles ont eu tort, et je ne vais pas sacrifier 3400 vies innocentes pour qu’elles puissent juste prouver qu’elles avaient raison.

Laissez-moi conclure en répétant quelque chose que j’ai déjà dit auparavant. Finalement, pour moi, il ne s’agit pas des personnes à Achraf, et il ne s’agit pas des mollahs iraniens. Le débat est de savoir quel genre de pays est mon pays. Si nous sommes un pays qui croit en l’état de droit et que nous cherchons à prendre la défense contre le massacre de civils sans armes, nous respecterons notre parole envers les personnes à Achraf.

Si nous sommes un pays qui croit profondément en la liberté, nous soutiendrons ceux qui se battent pour elle, en particulier par des moyens démocratiques et non-violents. Si nous échouons à défendre ce en quoi nous croyons, et que les 3400 résidents sans armes d’Achraf sont assassinés après que nous ayons retiré nos troupes, fin décembre, par le gouvernement iranien ou assassinés par ses agents irakiens, nous nous dénigrons nous-mêmes en tant que grande nation. Ce n’est pas seulement une perte pour le peuple iranien, c’est une perte pour le peuple américain.

Si nous voulons être la plus grande nation sur la surface de la terre, nous devons respecter nos accords et nous devons défendre nos principes.

Liberté et justice pour tous !