mercredi, décembre 7, 2022
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« Le droit peut aussi être appliqué aux Nations Unies » – Pr. Eric David

CNRI – « Le droit existe et il peut même parfois être appliqué. Et pas seulement d’ailleurs aux responsables directs, mais aussi à ceux qui sont coupables d’abstention, ceux qui pratiquent le « laisser faire, laisser tuer », c’est-à-dire, il faut bien l’avouer, les Nations Unies », a expliqué le Pr. Eric David à Genève le 10 août.

Le professeur de droit international et de droit humanitaire à l’université libre de Bruxelles s’exprimait dans une conférence internationale où de très nombreuses personnalités et parlementaires suisses et internationaux se sont retrouvés autour de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, pour examiner la responsabilité de l’ONU et du HCR vis-à-vis de la situation du camp d’Achraf en Irak. Achraf abrite 3400 réfugiés membres des Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale opposition démocratique à la dictature des mollahs.

Voici les temps forts de l’intervention du Pr. Eric David :

Je voudrais vous dire, en tant que professeur de droit, tout le plaisir que l’on peut avoir de constater cette mobilisation en faveur de l’application du droit. La chose est trop rare pour ne pas être citée.

Alors, mes observations seront brèves. Ce qui s’est passé à Achraf en 2009 et au mois d’avril de cette année, ce n’est pas très compliqué : ce sont des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Là aussi, je vais vous épargner les analyses techniques qui justifient ces qualifications.

Vous me direz peut-être : oui, crime de guerre, crime contre l’humanité certainement. Mais c’est quoi ? Ce sont des mots. « Words, words, words », comme le disait Hamlet. Mais ces mots ont parfois des conséquences pratiques et ce n’est pas mon voisin de droite, ici, qui me démentira, Me Garcès qui a obtenu cette magnifique décision des juridictions espagnoles d’envoyer des citations à comparaître aux responsables des crimes qui ont été commis à Achraf, c’est une victoire qui vous montre que le droit existe et qu’il peut même parfois être appliqué. Et pas seulement d’ailleurs aux responsables directs, mais aussi à ceux qui sont coupables d’abstention, ceux qui pratiquent le « laisser faire, laisser tuer », c’est-à-dire, il faut bien l’avouer, les Nations Unies, les États eux-mêmes qui conservent ce silence que l’on peut qualifier certainement d’assourdissant devant ce qui se passe à Ashraf.

Mais malgré tout, il ne faut pas nier le pouvoir des mots. Je voudrais rappeler ici cette formule d’un juriste que les juristes francophones connaissent bien : Antoine Loisel qui, en 1607, disait : « On lie les bœufs avec des cordes et les hommes avec des paroles. »
Alors, je crois qu’il ne faut pas exclure et rejeter la puissance de feu des mots à la différence près que les mots ne font généralement pas des victimes collatérales, mais que les victimes des mots, ceux qui sont touchés par les mots sont les vrais coupables. Je vous remercie de votre attention.

 

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