lundi, novembre 28, 2022
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Accord nucléaire iranien : perspectives, défis

Une session de questions / réponses en ligne a permis de débattre sur la question de l’accord nucléaire. Le panel, supervisé par R. Bruce McColm, Président de l’Institut pour les Stratégies Démocratiques, comprenait l’ambassadeur Robert G. Joseph, ancien sous-secrétaire d’État au contrôle des armes et à la sécurité internationale, le professeur Raymond Tanter, ancien membre supérieur du personnel employé au Conseil de Sécurité de la Maison Blanche, et Alireza Jafarzadeh, Directeur adjoint du Conseil National de la Résistance Iranienne aux Etats-Unis.

 

L’ambassadeur Joseph a ouvert la session en déclarant vouloir que la fin des discussions nucléaires aboutisse à un résultat négocié et à un « bon accord ». Néanmoins, il a affirmé que trop de concessions avaient été faites, l’une d’elle étant que les discussions n’empêchent pas l’Iran d’avoir une capacité nucléaire militaire – un objectif qui a été abandonné, ce qui signifie que l’Iran aura une capacité d’enrichissement à grande échelle.

Il a été longuement question des regrettables antécédents de l’Iran, avec l’ambassadeur Joseph qui a rappelé combien ils se sont montrés peu dignes de confiance lorsqu’interrogés sur leur capacité nucléaire. Cela signifie qu’aucune connaissance de base ne permet de comprendre si la date limite de 12 mois a une signification quelconque – l’Amérique n’a aucune idée de l’état des avancées de l’Iran. L’AIEA a lutté pendant des années pour faire progresser ses investigations après que le régime ait exercé une obstruction constante.

L’ambassadeur Joseph a aussi souligné le mystère entourant l’excès d’uranium enrichi que l’Iran possède. Sera-t-il envoyé hors du pays ? Que fera l’Iran pour le sécuriser ? Ce sont des questions auxquelles nous n’avons pas de réponses.

Selon l’ambassadeur Joseph, il est crucial que soit autorisé l’accès à tout moment à tout site, à toute personne affiliée au site visité. Toutefois, il a affirmé que l’Iran veut contrôler l’accès, en d’autres termes, qu’il veut avoir le droit de refuser l’accès. C’est à son avis l’une des nombreuses erreurs que le gouvernement Obama et les pays 5 + 1 ont faites lors des discussions nucléaires. Ils ont fait trop de concessions à l’Iran.

En fait, l’ambassadeur Joseph a poursuivi en accusant le gouvernement Obama d’avoir fait une série d’erreurs sérieuses dans les négociations. Il a :

– soulagé l’Iran des sanctions pour « le garder à la table des négociations »

– démontré qu’il a désespérément besoin d’un accord – ce que l’Iran a exploité au maximum.

– fait concession sur concession (c-à-d dates limites)

Il conclut en soulignant le caractère « presque humiliant » de ces erreurs, affirmant que la conduite des Etats-Unis explique les violations de l’Iran.

L’ambassadeur Joseph a terminé ses remarques introductives en avertissant que l’Iran va devenir le pays le plus puissant de la région – sa présence au Moyen Orient devient de plus en plus influente. Il a signalé que l’Iran se sentira de plus en plus à l’abri de la pression internationale lorsqu’il possèdera une capacité nucléaire et continuera de ce fait à exercer la répression sur son peuple.

Le professeur Raymond Tanter a ouvert la discussion sur la Corée du Nord – un pays très avancé en terme de connaissances en missiles balistiques. M. Tanter pense que ce savoir sera finalement passé à l’Iran, lui permettant ainsi de militariser ses armes nucléaires.

Le manque de connexion entre les discussions nucléaires d’un côté et le fait que l’Iran soutienne le terrorisme, les recherches qu’il effectue en vecteurs de missile, la répression de son peuple, etc…, inquiète Raymond Tanter. Il a signalé que tous ces éléments doivent être pris en compte dans l’accord nucléaire.

Il croit de plus en plus probable que l’Amérique accepte n’importe quel accord de façon à éviter d’utiliser la force. Par conséquent, le régime accroît ses demandes de concessions et l’Amérique continue à les lui accorder.

M. Tanter a prédit que l’Iran soutiendrait le terrorisme de plus en plus activement, ainsi que les activités au Yémen et la rébellion Chiite. Il croit que l’Iran s’abritera confortablement sous son « parapluie nucléaire » de façon à pouvoir étendre son influence bien au-delà de ses limites actuelles.

Alireza Jafarzadeh est intervenu sur les inspections de sites nucléaires. Le problème majeur du plan d’action conjoint est qu’il continue d’autoriser l’Iran à refouler les inspecteurs des sites nucléaires. Un autre problème est la « triche » continue de l’Iran. Il a expliqué que le régime possède beaucoup de méthodes de tromperie différentes. Il suscite des délais, altère la vérité, ment jusqu’à ce qu’il soit découvert, détourne l’attention des autorités et promet une coopération qu’il ne respecte pas ensuite.

Un exemple majeur de ce type de tromperie est la duperie de l’affaire « Kala Electric » – un site qui a été dévoilé par le CNRI en février 2003. L’AIEA l’a visité juste après qu’il ait été découvert mais n’a remarqué des différences qu’un mois plus tard. Ils ont pris des échantillons et noté que des modifications considérables avaient été apportées aux locaux. Le régime a affirmé que c’était parce que le lieu avait auparavant été utilisé comme espace de stockage, avant de devenir un laboratoire, d’où les changements majeurs. Mais c’était un mensonge – c’était juste une tentative de cacher l’évidence et de dissimuler la vérité. Le régime a également menti sur les différences de quantité d’uranium enrichi et a dissimulé des preuves ainsi que des centrifugeuses dans d’autres sites.

Jafarzadeh a déclaré que la leçon que nous pouvons tirer de Kala Electric est qu’il est primordial que les négociations permettent d’avoir accès à n’importe quel site suspect à n’importe quel moment. La stratégie de l’Iran, autorisant un accès contrôlé à des sites déjà connus, est de ne pas se laisser interroger. C’est pourquoi nous ne pouvons continuer comme cela. Jafarzadeh a affirmé qu’il est inacceptable que l’Iran puisse s’opposer à des requêtes de l’AIEA. Obama devrait s’assurer que cela cesse. Il a signalé qu’il existe au moins une douzaine de sites suspects et demandé pourquoi ils ne sont pas examinés. Comment de futurs problèmes pourront-ils être résolus s’ils ne peuvent même pas résoudre les problèmes actuels ? Les négociations ne se sont pas penchées sur le problème de l’activité nucléaire suspecte et Jafarzadeh a affirmé que cela doit être résolu avant de pouvoir parvenir à un accord.

 

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