
L’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson s’exprime lors du Sommet mondial « Iran libre » 2026, le 20 juin 2026.
PARIS — L’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson a vivement critiqué la décision du gouvernement français d’interdire un grand rassemblement prévu en soutien à l’opposition iranienne. S’exprimant lors du Sommet mondial « Iran libre » 2026 à Paris, le 20 juin 2026, Johnson a qualifié les justifications officielles des autorités — allant de préoccupations météorologiques à des menaces pour la sécurité — d’« absurdités totales » et de « pathétiques ».
Johnson a affirmé que cette annulation constituait une capitulation « lâche » face aux pressions de Téhéran, citant notamment des échanges de haut niveau entre des responsables français et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Il a soutenu que l’interdiction d’une manifestation pacifique à un moment aussi critique était une « erreur tragique » qui affaiblit la voix de ceux qui luttent pour la liberté.
« Le changement doit venir de l’intérieur », a déclaré Johnson, établissant un parallèle historique avec la chute de l’apartheid en Afrique du Sud. Il a présenté le CNRI (Conseil national de la résistance iranienne) comme la voie démocratique évidente pour le pays, saluant le plan en dix points de Maryam Radjavi comme le cadre essentiel pour un futur Iran libre.
Qualifiant le régime iranien d’entité « odieuse et lâche » qui gouverne par la terreur et la torture, Johnson a exhorté l’Occident à amplifier, et non à étouffer, les aspirations démocratiques du peuple iranien. « Si l’on veut que les voix de la liberté soient entendues en Iran, alors nous, en Occident, devons permettre à ces voix de la liberté de se faire entendre dans nos capitales », a-t-il déclaré, affirmant qu’un Iran libre est inéluctable.
Voici des extraits du discours de Boris Johnson :
Merci beaucoup. Bonjour à toutes et à tous.
C’est un immense honneur de prendre la parole ici aujourd’hui aux côtés d’anciens collègues aussi éminents : Charles [Michel], Dmytro et mon brillant ancien collègue parlementaire David Jones. Et l’ancien président de la Chambre des communes, Mesdames et Messieurs, John Bercow, est parmi nous.
Monsieur le Président, nous avons déjà entendu de magnifiques discours, et j’espère que vous m’accorderez quelques minutes ; je promets d’être très bref.
“When it (regime change) happens, it will be a glorious event for the world.
Because it means Iran will finally be reintegrated into the fellowship of nations.” @BorisJohnson
Full speech ⬇️#ParisFreelranRally #100kFreeIranRally @SecRubio @POTUS pic.twitter.com/My5IeEYb39
— OIAC: Organization of Iranian American Communities (@OrgIAC) June 20, 2026
Je suis, avant tout, honoré de m’exprimer en présence d’autant de personnes formidables venues d’Iran, et de soutenir la liberté de l’Iran ainsi que votre combat pour la démocratie, les droits de l’homme et la liberté d’expression.
Nous sommes réunis pour défendre tout ce que Charles [Michel] a évoqué concernant le brillant plan en dix points de Madame [Maryam] Radjavi : l’égalité des sexes, l’indépendance de la justice, le droit de ne pas subir de détention arbitraire ni de torture… toutes ces libertés et valeurs essentielles auxquelles nous croyons et que le régime de Téhéran bafoue quotidiennement.
J’ai écouté l’analyse brillante de la députée [française Christine Arrighi]. J’ai été choqué et déçu par la décision des autorités françaises d’annuler ce rassemblement. Elles ne peuvent pas l’annuler puisque nous sommes tous là, mais elles ont tenté de nous empêcher de tenir ce rassemblement.
Nous avons entendu toutes sortes d’absurdités, n’est-ce pas ? Hier soir, on m’a dit que le problème était qu’il allait faire trop chaud, et que la police avait jugé dangereux pour nous de nous rassembler sous cette chaleur.
Quelle dérision ! Allions-nous nous laisser décourager par un peu de chaleur ? Bien sûr que non ! Pas peur de la chaleur ! Aucun problème.
Ensuite, ce matin, les autorités nous ont servi une histoire à dormir debout, une absurdité totale, prétendant qu’il y avait une menace de contre-manifestation, de violences ou d’affrontements. Quelle absurdité ! Je pense que cela a été brillamment analysé et réfuté par notre collègue française [Christine Arrighi].
Nous connaissons la vérité. Nous savons pourquoi on nous a empêchés de tenir un véritable rassemblement, du type de celui que Madame [Maryam] Radjavi et d’autres préparaient depuis deux mois.
C’est parce que le ministère français des Affaires étrangères a passé un coup de fil — comme on dit — à M. Araghchi à Téhéran, et qu’ils ont décidé qu’il serait, somme toute, plus opportun de ne pas autoriser l’opposition iranienne à se rassembler de la sorte. Ce faisant, ne vous y trompez pas, le gouvernement français — et pardonnez-moi, j’aime Paris et je souscris à chaque mot prononcé par Charles à ce sujet — a fait preuve de lâcheté et a capitulé devant un régime à Téhéran qui torture et assassine ses opposants à une échelle industrielle.
Il s’agit d’un régime qui autorise le meurtre de jeunes femmes pour le simple fait de porter un couvre-chef qu’il désapprouve, et qui a massacré 40 000 innocents en janvier dernier.
Depuis un demi-siècle, ce régime promeut la terreur et le chaos dans tout le Moyen-Orient, et les exporte même à travers le monde au nom d’une idéologie théocratique délirante — idéologie que, je l’espère, vous parviendrez à chasser. C’est inacceptable.
En écoutant les discours, et notamment celui de Madame Maryam Radjavi, je suis convaincu que vous réussirez. J’en ai la certitude.
Il serait toujours injuste d’étouffer une manifestation légitime et fondée sur des principes d’opposition politique au régime de Téhéran. Chacun doit avoir le droit d’exprimer ce qu’il pense du CGRI et de tout l’appareil de répression sinistre qui est en place.
Mais il est doublement injuste d’agir ainsi aujourd’hui, à un moment absolument critique, car nous avons besoin d’entendre les voix iraniennes qui s’opposent à ce régime de Téhéran. Et les Iraniens ont besoin d’entendre vos voix. La population iranienne doit savoir qu’elle bénéficie de votre soutien.
L’Iran se trouve à la croisée des chemins. Comme l’a dit à juste titre Charles [Michel], après trois mois de bombardements et trois mois de guerre, nous avons prouvé que les missiles Tomahawk ne suffisent pas à garantir la liberté du peuple iranien. Nous avons démontré que cette liberté ne peut être apportée par le Pentagone. Le changement doit venir de l’intérieur, et il viendra de l’intérieur.
Il adviendra parce que le peuple iranien — un peuple brillant, jeune et hautement éduqué — souhaite choisir un avenir différent pour lui-même et pour ses familles. Ce processus sera absolument irrésistible.
Ce sera comparable au moment où d’autres idéologies terribles se sont effondrées au cours de ma vie. Je me souviens de certains des événements politiques les plus marquants de mon existence, comme la chute du régime d’apartheid en Afrique du Sud, provoquée par la volonté populaire.
Je me souviens de la chute des régimes communistes en Union soviétique et en Europe de l’Est ; ils n’ont pas été renversés par une intervention extérieure, mais par le soulèvement de peuples qui ne pouvaient plus supporter la situation et aspiraient à un avenir meilleur pour leurs familles et leurs enfants.
Lorsque cela se produira — et cela se produira —, ce sera un événement glorieux pour le monde entier, car ce sera le moment où l’Iran, ce pays magnifique, merveilleux et chargé d’histoire, sera enfin réintégré dans le concert des nations. Ce sera une chose extraordinaire, non seulement pour l’Iran, mais pour le monde entier.
Le peuple iranien, ce peuple brillant, doit enfin avoir la possibilité de s’exprimer librement, de participer à l’économie mondiale et de se débarrasser de ce régime odieux et lâche.
Il est crucial que les Iraniens entendent les voix de la liberté s’élever en leur faveur aux quatre coins du monde. Il est crucial qu’ils constatent l’existence réelle d’une alternative démocratique et qu’ils voient qu’elle bénéficie de soutiens.
C’est pourquoi j’estime que l’annulation du rassemblement d’aujourd’hui, ainsi que les tentatives visant à nous empêcher de nous réunir de la sorte, ont constitué une erreur tragique.
C’est pourquoi je suis si fier de prendre la parole aujourd’hui pour soutenir le peuple iranien et la liberté en Iran. C’est une évidence : pour que les voix de la liberté se fassent entendre en Iran, nous devons, en Occident, permettre à ces mêmes voix de résonner dans nos capitales et à travers le monde.
Merci infiniment pour votre courage. Il sera récompensé. Votre pays sera libre. L’Iran sera libre.
L’année prochaine, si ce n’est à Villepinte, alors retrouvons-nous à Téhéran.
Merci.

